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Rénovation lourde pour l’ancienne Maison de Cuba

Stéphane Miget | 04/01/2012 | 11:36 | Innovation chantiers

La façade nord, en majeure partie aveugle et à l'avant-corps frappé d'écussons, comporte une grande porte encadrée par des colonnes et volutes supérieures moulurées.  

Photo n° 1/7
Ciup

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La façade nord, en majeure partie aveugle et à l'avant-corps frappé d'écussons, comporte une grande porte encadrée par des colonnes et volutes supérieures moulurées.
Elle est couronnée par un fronton curviligne. Les façades est et ouest, presque identiques, sont marquées par deux effets de pavillons, des balcons et retraits et deux cours anglaises.

La façade nord, en majeure partie aveugle et à l'avant-corps frappé d'écussons, comporte une grande porte encadrée par des colonnes et volutes supérieures moulurées.

Photo n° 1/7 - Ciup / LE MONITEUR.FR

La façade nord, en majeure partie aveugle et à l'avant-corps frappé d'écussons, comporte une grande porte encadrée par des colonnes et volutes supérieures moulurées.
Elle est couronnée par un fronton curviligne. Les façades est et ouest, presque identiques, sont marquées par deux effets de pavillons, des balcons et retraits et deux cours anglaises.

Photos 7/7

Rénovation lourde pour l’ancienne Maison de Cuba

Aujourd’hui bâtiment de la fondation Rosa Abreu de Grancher, l’ancienne Maison de Cuba à la Cité internationale universitaire de Paris retrouve sa splendeur d’antan après une rénovation qui marie préservation du patrimoine et mise aux normes selon les critères et réglementations actuelles. Après un désamiantage en règle, tout a été modernisé : accessibilité, sécurité incendie et économie d’énergie.

Inauguré en décembre dernier après deux années de réhabilitation, le bâtiment de la Fondation Rosa Abreu de Grancher, anciennement Maison de Cuba, a été profondément modernisé avec une contrainte : « Conserver son cachet initial et emblématique dans les paysages de la Cité internationale universitaire de Paris », explique Jean-François Duval, chef de projet à la Cité internationale universitaire de Paris. Œuvre de l'architecte Albert Laprade, la Maison de Cuba fut en effet considérée, dès son ouverture en 1932, comme « l'une des plus belles des maisons françaises et étrangères » et la plus confortable de la Cité internationale. Le projet de réhabilitation a donc cherché à préserver au maximum la qualité historique et l'identité architecturale du lieu, même si cet ouvrage n'est pas inscrit à l'inventaire des bâtiments historiques. Sa façade en pierres composées, qui constitue notamment un élément architectural fort, a été restaurée à l'identique, conservant ainsi son style hispanique. « Cette dernière a été entièrement nettoyée à l'aide d'un procédé non agressif et doux », explique Jean-François Duval. Soit un nettoyage basse pression après application d'un produit de nettoyage pâteux non agressif.

Désamiantage

A l'intérieur, tout le mobilier d'origine de la Fondation, en acajou, a été restauré par l'Atelier Chollet Frères: celui des chambres, dessiné par l'architecte lui-même, et celui du grand salon, importé de la Havane dans les années 30. La porte du Grand Salon, œuvre de l'ébéniste Eugène Printz, et les boiseries, le tout en acajou, ont été rénovées par l'ébéniste Luc Tricart. « Lequel, détaille Jean-François Duval, s'est trouvé confronté à une problématique de taille puisque des panneaux en amiante friable ont été découverts derrière l'habillage bois lors de la phase de démontage. Ce qui ne l'a pas empêché de relever le défi ». Résultat : l'ébéniste a dû se former pour intervenir et retirer les panneaux d'amiante avant de procéder à la réhabilitation proprement dite. Celle-ci a consisté à nettoyage à la main puis « à uniformiser des teintes, tout en gardant les différences de tonalité d'origine ou celles dues au vieillissement par allégement de la couche de vernis apparente. La finition a été réalisée par application d'une fine couche de cire naturelle pour mettre en valeur les reliefs et moulurations des boiseries », explique l'ébéniste. Inattendu au niveau des boiseries, l'amiante était, en revanche, très présente, particulièrement au niveau des sols en terrazolithe mis en place dans les années 30. L'opération de réhabilitation n'a donc pu débuter qu'après un désamiantage complet du bâtiment. Au total, 3000 m2 auront été traités.

Performance énergétique

Outre la conservation et la réhabilitation du patrimoine existant, cette réhabilitation avait d'autres visées en phase avec les préoccupations du moment : « Les objectifs principaux étaient aussi d'améliorer la sécurité et l'accessibilité de la maison, de rénover les réseaux de fluide, d'améliorer les performances énergétiques, de mettre à niveau l'équipement de toutes les chambres aux standards actuels, de réorganiser et d'améliorer les espaces collectifs et locaux du personnel ». Ainsi sur le plan des économies d'énergie, les concepteurs se sont fixés un objectif de réduction de 36% des consommations. Impossible de dire aujourd'hui s'il sera tenu, mais un ensemble d'appareils de mesure a été installé afin de vérifier les performances après réhabilitation. Performances énergétiques globales qui ont été améliorées via des équipements spécifiques, comme l'installation de 40m2 de panneaux solaires thermiques en toiture pour assurer 50 % de la production d'eau chaude sanitaire, d'une ventilation mécanique contrôlée et par la mise en place d'un éclairage performant : lampes fluocompactes et détection de présence. Un travail important a également été consenti sur l'enveloppe du bâtiment : rénovation et isolation des toitures-terrasses, isolation par l'intérieur des parois (plaque de plâtre PSE) et remplacement de toutes les menuiseries par des fenêtres doubles vitrages de dernière génération.

Accessibilité

Autre aspect important de cette réhabilitation : la révision complète de la sécurité incendie. Le bâtiment, qui abrite quatre-vingts chambres pour les étudiants étrangers, est aussi amené à recevoir du public dans un vaste salon de réception de plus de 130 m2. Ce qui impose des dispositions particulières en la matière. Ainsi une nouvelle issue de secours a été créée avec un escalier métallique dédié à l'évacuation des personnes à l'arrière du bâtiment. Des portes coupe-feu ont également été installées dans les circulations et toutes les portes des chambres ont été remplacées par des portes coupe-feu. L'aspect accessibilité n'a pas non plus été oublié. Néanmoins toutes les chambres n'ont pas été rendues accessible : « Dans le cadre de cette réhabilitation, nous avons une dérogation ». Résultat : quatre chambres, soit 5%, ont été aménagées en rez-de-jardin. Ces dernières bénéficient notamment d'une salle de bains plus grande et accessible à tous. La circulation dans le bâtiment a également été repensée : « Nous avons changé l'ascenseur trop petit, ce qui a impliqué de refaire une trémie plus grande. Nous avons adapté la porte d'entrée en changeant son sens d'ouverture et en la motorisant et avons installé de petites plates-formes élévatrices pour le franchissement des demi-paliers », conclut Jean-François Duval.

FOCUS

Fiche technique

Maître d'ouvrage : La Cité internationale universitaire de Paris (75)

Maître d'œuvre : Eddy Vahanian (75)

Bureau d'études TCE : Scoping

Entreprise générale : Bateg (78)

Entreprises intervenant en sous-traitance de l'entreprise générale

Désamiantage : Minore et Cape SocapEtanchéité : FGE idfMenuiseries extérieures : FaureElectricité : MaintelecPlomberie : LenaudMenuiseries intérieures : Treuil Menuiserie BâtimentPlâtrerie : Isolon  Carrelage : Carrelage TorresPeinture : Jpg Deco,Ravalement : Pierreux FranciliensRevêtement de sols : Decovogue et BoulengerSerrurerie : LTDM et Métallerie Sarthoise.

Restauration du mobilier historique : Atelier Chollet Frères (49)

Ebeniste : Luc Tricart (95)

Mobilier neuf : Atelier Jean Bernard (68)

Cette opération de 5 807 072 euros a été financée conjointement par l'Assistance publique Hôpitaux de Paris (AP-HP) – La Cité internationale universitaire de Paris et l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont signé en 2005, une convention de partenariat mettant à disposition de l'AP-HP 150 unités d'hébergement pour les praticiens étrangers en formation –, la région Ile-de-France, le Plan de relance de l'Etat français, et la Cité internationale universitaire de Paris.

Stéphane Miget | Source LE MONITEUR.FR