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Rénovation énergétique : une nouvelle « culture » pour les Architecteurs

Frédérique Vergne | 08/06/2010 | 18:30 | Innovation chantiers

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Rénovation énergétique réalisée par les Architecteurs dans le cadre du programme Adélie.

Les conclusions du programme de recherche Adélie proposé par les Architecteurs à la Fondation Bâtiment Energie appellent le réseau à s’engager dans la formation avec la création, cette année, d’une école Santé Bas Carbone et dans la performance vis-à-vis de leurs clients.

Lauréat de l'appel à projet lancé en 2005 par la Fondation Bâtiment Energie concernant la réhabilitation de facteur 4 des maisons individuelles existantes, le réseau des Architecteurs entouré d'Edf Recherche & Développement, la FFB, Maisons de qualité, Pouget Consultants, Dussan Novakov, consultant (partenaire Minergie) et les sociologues d'Eteicos et de Mana a proposé le projet Adélie (Améliorateurs pour le Diminution des Emissions de GES dans les Logements Individuels Existants). Un programme dont l'objectif était à travers des études de cas réels, répartis parmi la variété d'habitats individuels en France, de dégager une méthode d'approche, un ensemble cohérent de solutions techniques, une base de données sur les retours d'expériences des réalisations conduites sur les maisons traités dans le cadre du projet...Dans cette optique, de 2006 à 2009, les Architecteurs ont étudié 70 projets de rénovation (dont 15 réalisés) et rencontré de nombreux professionnels venus d'horizons différents (conducteurs de travaux, ingénieurs, artisans, sociologues).

Rupture des manières de penser la rénovation

De leur expérience, ils tirent quelques grands enseignements. Dont le principal se traduit par une nouvelle approche « rénovation », en rupture avec ce qui ce faisait auparavant. «Tout d'abord, le marché de la rénovation thermique n'existe pas aujourd'hui. Mais il peut émerger si un contexte contraignant apparaît, comme une hausse des prix de l'énergie, une réglementation forte pour les particuliers ou encore la dévalorisation prouvée des maisons passoires, explique Jean-Pierre Bosquet, Président. Il existerait réellement si le confort de l'habitat et la santé étaient mis en avant ; deux notions capables de doper le marché de la rénovation ». Le logement étant avant tout un espace de vie, valoriser la performance énergétique tout en recherchant le confort, la lumière, le soleil va devenir un principe.
Face aux différents profils des maîtres d'ouvrages, véritables passoires thermiques également (entendons par là qu'ils consomment de l'énergie affective importante pour leur projet), l' « améliorateur » va devoir décoder les attentes et cristalliser le projet, en sachant qu'il se trouve souvent en face de deux maitres d'ouvrage (le couple) au profil opposé. Et Jean-Pierre Bosquet d'insister sur le rôle de l' «améliorateur », « véritable ensemblier, capable d'écouter, de conseiller, de concevoir, de s'engager, de réaliser et de garantir. Il faut replacer l'habitant au cœur de nos préoccupations et l'accompagner dans sa démarche. Quand on parle de rénovation, on avance toujours la technique, qui n'est en fait qu'un moyen pour y parvenir ».
Cependant, fort de leur expertise d'architecte et de constructeur, les Architecteurs ont formalisé 5 principes pour rendre une maison économe en énergie : isoler le bâti avec des résistances thermiques importantes des parois (R≥4 et 8 m2.K/W), ventiler, s'intéresser à l'eau chaude sanitaire, puis au chauffage qui ne vient qu'en 4ème position (une maison performante énergétiquement a des besoins de chauffage réduits), enfin la production d'électricité sur site à travers des capteurs photovoltaïques. L'écart de coût entre une performance RT 2005 et celle d'Adélie étant estimée entre 40 et 400 € du m2 habitable selon les projets.

Ouverture de l'Ecole Santé Bas Carbone fin 2010

Conscients que la réussite durable de tels projets ne se fera, d'une part qu'avec des échanges permanents avec les entrepreneurs, voire l'ensemble des acteurs et des formations, d'autre part en accompagnant les habitants dans leur démarche de performance énergétique de leur logement, les Architecteurs ont décidé d'un plan d'actions mis en place cette année.
La première d'entre elles consiste à créer l'école Santé Bas carbone pour les membres du réseau, élargie à l'ensemble des architectes ; au-delà des formations théoriques, elle s'appuiera sur des démonstrateurs et des démonstrations et développera de nouvelles compétences dans tous les champs de l'éco-efficacité énergétique. Parallèlement, un objectif de recherche systématique pour associer des composants de construction sera recherché ; au programme : veille technologique, sélection de solutions innovantes et tests, partenariat et retours terrain (entreprises)... Enfin, le réseau s'engage dans la performance. Il s'agit d'aider les consommateurs habitants à franchir un palier important, de leur permettre d'accéder à des réalisations, rénovations extensions transformations ou construction neuves durables et saines, au-delà des nombreuses opérations « limites BBC » et de leur fournir l'information indispensable à l'utilisation de l'ouvrage.
En quelque sorte, une mini révolution pour les Architecteurs qui vont devoir se forger une nouvelle culture face à un enjeu de taille.

 

Frédérique Vergne | Source LE MONITEUR.FR