Chantiers

Ecoconstruction : murs Trombe dans un centre de formation d’apprentis

Mots clés :

Produits et matériaux

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Apprentissage

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Formation

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Lieux de travail

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Démarche environnementale

La Fondation d’Auteuil vise le label Minergie pour les bureaux et les classes de son centre de formation à l’écoconstruction de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais). Les ateliers, non chauffés, sont équipés de murs Trombe en terre crue qui apporteront du confort en stockant l’énergie solaire puis en la restituant.

Le Centre de formation professionnelle Sainte-Barbe de la Fondation d’Auteuil à Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) accueillera dès septembre des jeunes qui se formeront à l’écoconstruction. Les locaux administratifs (580 m²) et les salles de classe (650 m²) visent le label Minergie standard, avec un objectif de consommation d’énergie primaire de 38,9 kWh/m².an.

« Le bâtiment doit être autodémonstratif, explique l’architecte Bernard Laffaille (Arietur). Nous avons donc mis l’accent sur la bioconception. » L’architecte a conçu un bâtiment tout en longueur, en bordure d’autoroute, avec 85 m de façade orientés plein sud. « Nous n’avons pas voulu faire de l’expérimental », indique Frédéric Pailleux, du bureau d’études Solener, qui a conçu le projet avec Bernard Laffaille. « Nous souhaitions montrer que l’on peut faire du Minergie en travaillant sur la compacité et l’étanchéité à l’air sans avoir recours à de la bioénergie ou à des pompes à chaleur. Notre défi a été de réaliser un bâtiment tertiaire avec un budget de logement social », souligne-t-il.

Il y a donc très peu de panneaux solaires photovoltaïques (20 m²) et une chaudière à gaz à condensation conventionnelle. En revanche, l’emploi d’écomatériaux a été favorisé : à travers l’isolant Métisse, une laine de coton issue du recyclage de vêtements usagés, et le bois utilisé en ossature et dans les planchers en lames de peuplier qui ont mobilisé 175 m3 de bois, soit l’équivalent de la production annuelle du Nord-Pas-de-Calais.

 

Etanchéité à l’air

 

La société Mathis a mis en œuvre l’ossature bois et posé le Métisse. « Il se coupe bien et c’est confortable pour nos compagnons car il dégage peu de poussière et ne gratte pas », précise Frédéric Soulié, son chargé d’affaires. « Pour assurer l’étanchéité à l’air, j’ai emballé les poteaux avec du pare-vapeur, puis les ossatures bois et j’ai tout scotché plutôt qu’agrafé. Notre autocontrôle a été particulièrement exigeant sur ce chantier », explique-t-il. 1 900 m² de Métisse ont été posés sous forme de rouleau au mur et 1 tonne sous forme de flocons (plancher/plafonds).

Dans les bureaux, l’équipe a trouvé une astuce pour assurer la fonction coupe-feu d’un étage à l’autre au niveau des gaines de ventilation verticales traversant les planchers en bois sur une épaisseur de 20 cm. Les gaines s’insèrent dans un cadre en béton de 12 cm de hauteur laissant les 8 cm nécessaires au réarmement du clapet coupe-feu.

Les ateliers couverts (3 500 m²) ne sont pas inclus dans la démarche Minergie car ils ne sont pas chauffés, mais ils vont bénéficier d’un confort thermique important grâce à la création de six grands murs Trombe en terre crue de 3 x 5 m, montés à 16 cm du mur-rideau vitré de la façade (voir encadré ci-contre).

 

 

Focus

18 000 briques de terre crue pour six murs Trombe

Les murs Trombe (murs capteurs conçus par Félix Trombe) de 34 cm d’épaisseur ont nécessité la mise en œuvre de 18 000 briques de terre crue fournies par BDN (Briqueteries du Nord). Ils emmagasineront la chaleur le jour pour la restituer la nuit. Posés sur des murets en béton de 80 cm de hauteur, ils s’arrêtent à 80 cm du plafond, à la hauteur d’une fenêtre en imposte dans le mur- rideau qui s’ouvrira de façon automatisée sur l’extérieur en fonction de la température, pour amener de la fraîcheur la nuit dans les ateliers. La maçonnerie a été réalisée en pose à sec, c’est-à-dire sans joints, une fois le mur-rideau terminé afin de ne pas risquer la moindre goutte de pluie. Un trou vertical a été ménagé tous les 20 cm au milieu de l’appareillage de briques. Un trou sur deux environ est équipé d’armatures métalliques pour assurer la rigidité de l’ensemble. « Dans tous ces trous, avec fers ou non, est coulé un mélange composé de trois pelles de sable, deux pelles d’argile et une pelle de paille de lin, c’est la bourre de nos anciens », explique Jacques Petit de la société JRC, l’entreprise de maçonnerie sous-traitante de Cathelain. L’architecte a prévu d’installer de petits volets latéraux en bois entre le mur Trombe et le mur-rideau pour permettre à la personne chargée du nettoyage de glisser une raclette sur les vitres.

Focus

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Fondation d’Auteuil. Architecte : Bernard Laffaille (Arietur). Bureau d’études : Ingebois (structure bois) ; Solener (HQE). Entreprises : Cathelain (gros œuvre), Mathis (ossature bois), SME (menuiseries intérieures), Synebat (chauffage). Surface totale : 4 500 m² (dont 1 230 m² en Minergie). Coût : 5,6 millions d’euros HT. Calendrier : chantier été 2012-été 2013.

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