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Isoler d’un coup de peinture?

Jacques-Franck Degioanni | 23/04/2010 | 16:14 | Innovation produits

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Illustration du principe isolant de la peinture thermo-céramique réfléchissante SuperTherm

14 commentaires

Les épais matelas de laine minérale qui enveloppent les immeubles isolés par l’extérieur ont-ils vécu? Les peintures thermo-céramiques pourraient constituer un précieux complément d’isolation. A condition de bien évaluer leurs performances…

Réaliser l'isolation thermique d'un appartement ou d'un immeuble... grâce à une peinture? Vous en rêviez? Denis Godinot, "ingénieur civil des Mines à la retraite", le croit possible. Celui-ci concourt en effet auprès de la société Isotechnologies à distribuer en France la SuperTherm, une peinture thermo-céramique réfléchissante "composée d'uréthanes aliphatiques, d'acrylates élastomères, d'acrylates standards et d'additifs résine, chargée de quatre types de céramiques, chacune d'elles ayant des propriétés optiques différentes".
Celle-ci a été élaborée par Superior Products International (SPI), une société américaine créée et dirigée par un ancien ingénieur de la Nasa qui a mis à profit les recherches de cette institution sur la navette spatiale (bouclier thermique, revêtement extérieur), pour concevoir des produits destinés au bâtiment.

Simulation numérique

"Ces peintures sont déjà utilisées avec succès aux Etats-Unis, en Australie, au Japon et en Allemagne", croit savoir Denis Godinot pour qui, une application en intérieur, permet d'éviter l'effet de "paroi froide" en hiver, d'améliorer la sensation de confort thermique global et de gagner 5 m2 (pour un appartement-témoin de 150 m2) en se dispensant de 10 cm de laine minérale à l'intérieur. "Mais attention, prévient-il, ces peintures n'isolent pas au sens propre du terme, elles réfléchissent le rayonnement infrarouge et empêchent la majeure partie de la chaleur de passer". Pour cette raison, les essais normalisés destinés aux isolants "classiques" donnent, pour ce produit, des résultats inexploitables. En revanche, leur effet - évalué par simulation numérique - serait "équivalent à 10 à 18 cm de laine minérale".

Essais en "vraie grandeur"

De telles capacités, si elles étaient avérées, pourrait-elles se cumuler à celles d'une isolation thermique par l'extérieur (ITE) qui, par là-même, perdrait d'autant en épaisseur? Patrick Taghetti, sous-directeur Construction de la Siemp (maître d'ouvrage pour le logement social à Paris, et soucieux d'innovation en matière de performance énergétique) demande à être convaincu... Des essais en "vraie grandeur" pourraient se dérouler prochainement en ce sens sous son impulsion.

 

FOCUS

Pour en savoir plus…

- Le site Internet de la société SPI (en anglais) : www.spicoatings.com
- Contact de l'ingénieur Denis Godinot : amstersol@free.fr
- Contact du distributeur Isotechnologies : geocharp@aol.com
- Contact du distributeur Siat (Société internationale d'applications technologiques) : amphoux@siateuro.com

Jacques-Franck Degioanni | Source LE MONITEUR.FR

 
  • Jean-Yves Mesnil |

    un produit très intéressant pour le confort d'été et

    les pays chauds…nous sommes tellement obnubilés par l’isolation que nous oublions que le problème majeur pour la plupart des humains c’est surtout le chaud. Donc la réflectance est surement une bonne piste à tester objectivement.
  • Denis GODINOT |

    A Jacques-Franck DEGIOANNI

    Un grand coup de chapeau pour votre courage et votre honnêteté. C’est extrêmement encourageant. Merci pour cet article assez exceptionnel et engagé suscité par Patrick TAGHETTI que je remercie également au passage! J’espère qu’il permettra de faire avancer la connaissance de ces produits et de la nature des pertes thermiques des bâtiments, et incitera d’autres intervenants à effectuer des essais suivis de près et bien instrumentés. Avis aux amateurs d’économies d’énergie.
  • Denis GODINOT |

    Aux lecteurs de mes réponses

    Je vous demande de bien vouloir excuser la longueur de mes réponses, mais il serait temps que l’on essaie de devenir un peu constructifs dans notre douce France au lieu d’alimenter des polémiques stériles et sans le moindre fondement. Nous perdons notre temps qui est assez précieux à répondre à des pétitions de principe! C’est assez désolant. Naturellement, si vous avez certaines réponses à mes questions, cela me permettra d’avancer dans mon étude.
  • Denis GODINOT |

    Ma réponse à Cyril

    Cette peinture PV est en cours de développement à Montpellier depuis plusieurs années, mais lorsque je leur ai demandé un échantillon pour faire un essai sur 300 m2 de toiture, il m’a été répondu qu’ils en étaient encore aux tests sur 1 cm2 en laboratoire. Nous devrons donc attendre encore un peu hélas. En attendant, des panneaux solaires micromorphes Sont déjà commercialisés en bardage et en toitures orientées plein nord. Cela vient vite et bouge beaucoup !
  • Denis GODINOT |

    Ma réponse à Yves 2/2

    Tous les documents de l’ADEME que j’ai pu lire indiquent les pourcentages de déperditions thermiques mais pas leur décomposition entre les 3 modes aimablement rappelés dans votre réaction. Comment expliquer s’il en était ainsi que l’économie de chauffage de bâtiments simplement ravalés en Super Therm atteigne 17% des frais annuels ? J’aurais aimé avoir le soutien de l’ADEME et du CSTB dans ma recherche sur ce produit. Il ne devrait pas être très compliqué de concevoir un essai parfaitement instrumenté sur de l’habitat collectif HLM qui permettrait de faire avancer l’étude des effets de ces produits plutôt que d’entretenir une polémique parfaitement stérile. Dommage !
  • Denis GODINOT |

    Ma réponse à Yves 1/2

    Vous m’intéressez énormément ! En effet, vous annoncez que le mode conduction est le mode majoritaire dans les transferts thermiques sur terre. Je n’ai pour ma part rien trouvé comme mesure un peu sérieuse sur la question dans la littérature. Pourriez-vous m’indiquer où je peux éclairer ma lanterne ? J’ai rencontré sur Interclima un ingénieur allemand qui m’a affirmé que les déperditions thermiques en toiture et en bardage des bâtiments était à 80-95% radiative. Pourriez-vous m’indiquer une mesure irréfutable montrant qu’il se trompe grossièrement ?
  • Denis GODINOT |

    Ingénieur civil des Mines

    Ma réponse à Jacques 2/2:Effectivement l’équivalence de 10cm de laine de verre semble un peu grosse, je tiens donc à votre disposition les résultats d’un procès en Allemagne où l’expert commis a trouvé une équivalence de 18cm de laine minérale. Vous ne demandez qu’à y croire, moi j’ai commencé à me renseigner mais j’avance lentement car tout le système actuel est basé sur les isolants et non les bloquants. Vous pouvez donc chercher longtemps un lambda puisque cette notion n’a pas de sens pour caractériser un indice de réflexion des IR…Vous avez donc parfaitement raison, sa mesure n’est pas disponible. Elle pourrait l’être facilement mais ne confirmerait donc que le fait que cette peinture n’est pas un isolant, ce dont elle ne se cache pas du tout.
  • Denis GODINOT |

    Ingénieur civil des Mines

    Ma réponse à Jacques 1/2: Un journal tel que Le Moniteur se doit de rester prudent lorsqu’il relate des faits qu’il serait très long de vérifier, surtout lorsque nos chères (oh oui !) instances du CSTB mettent un point d’honneur à ne pas faire (autrement que contre espèces sonnantes et trébuchantes) les essais (assez simples au demeurant) qui permettraient de vérifier les allégations de SPI. Il se doit donc de laisser au conditionnel tout ce qu’il n’a pas pu vérifier ou faire vérifier scientifiquement. Cela me semble une attitude parfaitement saine. Il serait plus équitable d’attaquer le CSTB pour non-réalisation de son Contrat d’Objectif 2006-2009 (à télécharger sur leur site et à méditer, c’est édifiant ! J’ai quelques indices passionnants à votre disposition…).
  • Denis GODINOT |

    Ingénieur civil des Mines

    Ma réponse à Christian 2/2: Naturellement, je n’ai pas étudié personnellement à fond ce problème, mais SPI a probablement commencé. Je ne connais pas SPI depuis suffisamment longtemps pour avoir eu le temps de vérifier leurs ISO 9001 et 9014. Quant à supposer que leurs performances doivent être insignifiantes, voilà un bel effet de manche ! Les allemands possédant l’immeuble du Rimmerstrasse à Munich n’ont obtenu qu’une réduction de la facture de chauffage de leur immeuble de 17% suite à un ravalement avec Super Therm. J’espère que vous avez beaucoup mieux à proposer. Je suis très intéressé par un produit beaucoup plus performant bien sûr !
  • Denis GODINOT |

    Ingénieur civil des Mines

    Ma réponse à Christian 1/2: Je suis d’accord pour penser d’abord à l’élimination. Naturellement, cela a été fait puisqu’il s’agit d’une peinture acrylique et légèrement polyuréthane, par les fabricants de ces peintures déjà largement utilisées dans le bâtiment pour la partie acrylique (ou alors où vivons-nous ?). Quant aux céramiques, la croûte terrestre est si j’ai bonne mémoire constituée principalement de Si et Al, 2 des grands constituants de certaines céramiques, qui lui retourneront donc probablement sans grand dommage.
  • CYRIL LEPRETRE |

    Pansement?

    Une peinture pour être mieux isolé! pourquoi pas. Cela permettra de compenser la perte de conductivité des isolants habituellement utilisés. Et pourquoi pas une peinture qui soit EN PLUS "capteur solaire" en façade?
  • Yves DUDOGNON |

    Encore un (pseudo) isolant de l'espace ??

    Toute personne ayant un minimum de connaissances en thermique (pour les autres, je leur conseille la lecture de l’article sur le "transfert termique" sur Wikipedia) savent que l’échange de chaleur se décompose en 3 types de modes : par conduction (nécessite un contact entre matières), par convection (phénomène un peu plus complexe, mais qui nécessite un fluide en mouvement) et par rayonnement (phénomène qui dépend essentiellement de la température du corps chaud). Le principe d’un (bon) isolant est de limiter ces modes d’échange de chaleur, en étant adapté au mode le plus important. Cette "peinture magique" ne prétend limiter que le rayonnement (le fameux "rayonnement infra-rouge"). Si c’est en effet le mode majoritaire dans le vide spatial (et en partie dans la bouteille thermos), sur terre, et à des températures moyennes de 0 à 20°C, c’est la conduction qui est le mode majoritaire. Et en l’absence d’une bonne étanchéité à l’air, la convection est loin d’être négligeable.
  • Jacques Latracol |

    PUB? Gratuite

    Je m’étonne que Le Moniteur se face l’éco d’annonces aussi garnies d’hypothèses et de conditionnel. Nous attendons d’un journal professionnel un certain degré de vérification avant publication. Sans vouloir écarter toute nouveauté technologique, il faut rappeler, à mon avis que les bulles spéculatives sont à l’affut de la moindre naïveté et qu’une certaine prudence s’impose avant de se lancer dans ce qui pourrait bien être la promotion d’une technique non vérifiée. Nous avons déjà vu le CSTB avoir un avis mitigé sur les matériaux réfléchissants, nous sommes à mon sens dans les même circonstances. Dire qu’une peinture peut remplacer 10 cm de laine de verre, à priori c’est un peu gros mais on ne demande qu’à y croire. Je doute toutefois que la mesure du "lamda" soit disponible?
  • Christian Laroche |

    Première évaluation

    Avant de penser aux caractéristiques thermiques, qui doivent être insignifiantes, il serait bon savoir ce que devient ce produit lorsqu’il part dans le caniveau ou dans le sol (en cours de chantier et en déconstruction, sans parler des déchets de fabrication)

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