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Pollutec : L’assainissement autonome par microstations et filtres plantés
Jean-Louis Toumit | 02/12/2009 | 17:04 | Innovation produits
L’assouplissement de la réglementation sur l’assainissement non collectif favorise le développement de nouvelles techniques utilisant notamment les végétaux.
Le rythme de réhabilitation des installations d'assainissement non collectif (ANC) ne répond pas aux objectifs de la loi sur l'eau : 50 000 sont réalisées par an, contre 200 000 prévues. Mais la signature, le 7 septembre dernier, de trois arrêtés sur l'ANC, dont l'un sur les prescriptions techniques, et la mise en place par les ministères de l'Ecologie et de la Santé d'un plan d'action national doivent permettre d'ouvrir le marché à de nouveaux dispositifs de traitement et de rattraper une partie du retard.
Désormais, les nouvelles techniques bénéficient d'un « assouplissement » de la procédure d'agrément. Jusqu'à présent, les microstations (moins de 20 équivalents-habitants) portant un marquage CE n'étaient autorisées qu'en tant que dispositifs de prétraitement. Elles vont être agréées comme systèmes de traitement à partir d'un protocole simplifié. Les autres techniques - dont les filtres plantés - ne sont plus soumises à dérogation préfectorale mais doivent suivre une procédure d'évaluation de l'efficacité et des risques pour la santé et l'environnement, réalisée par un organisme notifié (CSTB ou Cerib).
Si la démarche reste lourde, la réglementation prévoit désormais la possibilité de mise à l'air libre des effluents prétraités (à condition qu'ils ne puissent entrer en contact accidentel avec les usagers), et autorise les toilettes sèches (à condition qu'elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage, ni rejet liquide hors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles et souterraines).
Deux filières pour toilettes sèches et toilettes classiques
Ces dispositions vont dans le sens du développement de l'assainissement autonome par les filtres plantés. En effet, l'épuration des eaux usées grâce aux végétaux peut s'effectuer selon deux filières déjà bien établies utilisant des plantes des marais (roseaux, salicaires, iris...). La première associe des toilettes sèches à des eaux grises traitées par un filtre horizontal planté. Compacte (2 m²/pièce principale de l'habitation), pérenne et d'un entretien facile, la solution ne produit pas de matières de vidange mais génère du compost. Dans le cas de toilettes classiques à eau, les eaux-vannes sont prétraitées dans un filtre vertical puis « affinées » dans un filtre horizontal. Cette solution ne produit pas de boues comme une fosse septique traditionnelle mais génère un compost en surface du filtre vertical.
Le réseau de bureaux d'études Aquatiris a fait réaliser par le laboratoire Eiba des mesures de performances des deux filières. Les résultats relevés dans trente stations montrent que, dans tous les cas, la concentration est inférieure aux seuils réglementaires, pour les matières en suspension (MES), la DBO5 (demande biologique en oxygène sur 5 jours) et la DCO (demande chimique en oxygène).