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Le bâtiment biosourcé à l’aube d’un développement industriel

J-J Talpin (à Blois) et J-P Defawe (à Nantes) | 07/10/2013 | 9:31 | Innovation produits

Agrandir la photo © Jean-Jacques Talpin
Chantier de la future agence Pôle Emploi de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) construite en béton de chanvre.

L’utilisation de matériaux d’origine végétale pour la construction et la rénovation est appelée à un développement considérable dans les prochaines années. C’est la conclusion à laquelle les experts réunis à Blois dans le cadre du colloque « bâtiments biosourcés » organisé par le Cluster Valbiom Centre sont parvenus.

Aujourd’hui ces matériaux représentent entre 6 et 8% du marché de l’isolation, « mais ils gagnent des parts de marchés tous les jours » explique Guillaume Derombise, chef de projet « matériaux et technologies à faible impact environnemental dans la construction au ministère de l’Ecologie. Cette montée en puissance s’explique notamment par la professionnalisation de la filière et l’industrialisation des procédés de construction. C’est vrai en grande partie pour le bois mais aussi de plus en plus pour le lin, le chanvre ou la paille. Au-delà  de leur impact environnemental ou économique et de la création  d’emploi local qu’ils pourraient générer, ces nouveaux matériaux doivent aussi selon Laurent Arnaud de l’ENSAM Paris Tech « offrir de bonnes performances mécaniques, thermiques et acoustiques, ce qui est largement le cas ». La filière connaît aujourd’hui  un véritable réveil avec la mobilisation de tous ses acteurs.

 

Des produits certifiés

 

Régionalement, les services de l’Etat ont été missionnés pour accompagner ce mouvement. La Dreal des Pays de la Loire, qui organise un colloque sur le sujet le 8 octobre (voir encadré), a ainsi commandé à la CERBTP une étude sur la filière régionale des Pays de la Loire. « Dynamisme agricole et associatif, fibre entrepreneuriale, potentiel d'innovation et de recherche, parc important de bâtiments à rénover... Tous les éléments sont réunis pour faire de cette filière une filière d'avenir » conclut l’étude. Les auteurs distinguent deux approches, l’une en circuit court portée par l’autoconstruction et le mouvement associatif, l’autre plus industrielle avec des acteurs qui ont vocation à alimenter un marché national (Cavac Biomatériaux, Effireal, Isopaille, Igloo Cellulose…).

Très bien représentée sur le territoire, la filière industrielle commence à proposer des produits certifiés ACERMI ou sous avis techniques. Car la clé du développement de ce marché passe par la réglementation, la certification… et l’assurabilité.

Les opérateurs et entreprises peuvent donc se lancer dans des opérations de grande envergure.  C’est vrai notamment pour le béton de chanvre qui se développe rapidement. Un premier ERP (établissement recevant du public) va ainsi être réalisé entièrement en béton de chanvre pour Pôle Emploi à Romorantin. Reste aussi à gagner la « bataille de la hauteur » même si on n'en est pas encore à construire avec ces nouveaux matériaux des bâtiments de 7 étages comme en Grande-Bretagne.

FOCUS

Un colloque sur les matériaux biosourcés à Nantes

L'ambition de ce colloque organisé par la Dreal des Pays de la Loire mardi 8 octobre est de soutenir les professionnels et d'encourager les maîtres d'ouvrage à choisir l'éco-construction.

Tout au long de cette journée animée par « Le Moniteur », des interventions et retours d'expériences feront le point sur les atouts et avancées que présente l'utilisation de ces matériaux, tout en permettant de mieux comprendre les logiques des différents partenaires.

L'ensemble des échanges et présentations serviront à dégager des pistes de travail pour les mois à venir en vue de propositions destinées à améliorer l'organisation de la filière régionale.

Espace Port Beaulieu, ADELIS, 9 bd Vincent Gâche à Nantes
Pour en savoir plus, cliquez ici

J-J Talpin (à Blois) et J-P Defawe (à Nantes) | Source LE MONITEUR.FR

 

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