Innovation produits

Affichage urbain : un nouveau média au coeur de la ville

De l’écran géant à Led au totem tactile, les écrans graphiques et vidéo se diversifient. Ils deviennent holographiques, communicants et même intelligents.

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Le Moniteur.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés des Cahiers Techniques du Bâtiment. Il est extrait du supplément Solutions Techniques de la Ville du n° des CTB de juin 2013. Profitez de tous les articles réservés, en cliquant ici .

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Les grands écrans vidéo sont encore peu présents dans la rue, mais la révolution est en marche. Les panneaux, en particulier publicitaires qui sont installés dans les espaces publics extérieurs de nos villes, demeurent majoritairement de classiques toiles imprimées, tendues et déroulantes qui peuvent être rétro-éclairées. Il existe une première catégorie de panneaux d’informations municipales bi ou tricolores, d’assez simple facture. Le must est l’écran en vraies couleurs, avec plusieurs trillions de couleurs et une valeur de rafraîchissement de l’affichage qui soit suffisamment élevée pour la vidéo. Il existe essentiellement deux technologies d’écrans numériques.

Du côté des écrans géants, les diodes se sont imposées avec une nouvelle génération dite « SMD » (Single Mounted Device) où les composants sont montés en surface. Trois diodes rouge, vert et bleu forment un pixel. Pour les écrans de dimensions plus restreintes, qui sont encastrés dans des mobiliers urbains de type totems, abribus, ou parcmètres, c’est la technologie à cristaux liquides (LCD) qui s’impose, plus robuste que le plasma. Là aussi le futur se prépare, avec des mobiliers communicants, voire intelligents à l’image des MUI (Mobilier Urbain Intelligent), dont l’appel à projets de la ville de Paris en est l’illustration la plus riche en promesses. Pour des questions de réglementation plus ou moins stricte suivant les communes, les écrans à Led qui peuvent atteindre des dimensions imposantes, pullulent moins dans les rues françaises que dans certaines autres villes du monde.

 

Les écrans à diodes

 

De manière générale, la publicité lumineuse doit satisfaire à des critères d’économies d’énergie et de prévention des nuisances lumineuses. La surface unitaire et la hauteur au-dessus du niveau du sol des publicités extérieures, enseignes et préenseignes sont définies par le Décret n° 2012-118 du 30 janvier 2012. Ces écrans sont appréciés à des fins publicitaires ou pour des retransmissions en direct dans des centres sportifs, ou en dimensions plus modestes, comme panneaux d’informations pour les municipalités. Ils sont conçus avec une grille de Led, résistent aux conditions climatiques extérieures, offrent une luminosité suffisante pour le plein jour et consomment peu. Leur durée de vie atteint souvent 100 000 heures. Une petite dizaine de fabricants ou d’assembliers se disputent le marché, dont des leaders comme le belges Barco, Q-Lite ou l’américain Daktronics partenaire de JCDecaux sur de nombreuses opérations. Quelques français se positionnent, dont des petits nouveaux comme Prismaflex, Tjled ou FMS (France Media System).

Les constructeurs assemblent et encadrent des modules de base, des dalles Led qu’ils fabriquent eux-même ou qu’ils achètent. Ils peuvent ainsi proposer des écrans de différentes dimensions, de quelques m2 à plusieurs dizaines de m2 et de différentes formes, sur différents supports, muraux, sur pied ou suspendu. Pour les dimensions les plus importantes, avec des surfaces pouvant dépasser 100 m2, les Led sont placées sur des grilles souples, aptes à suivre les courbes des façades d’immeubles. Un des critères caractéristiques d’un écran est le pitch physique. Cette valeur du pas du pixel se situe typiquement entre 10 et 20 mm, mais peut aller de 6 à plus de 30 mm. Cette résolution physique est visuellement améliorée en exploitant les différentes positions des trois diodes qui composent chaque pixel. Des informations de couleurs issues de trois pixels différents de l’image d’origine sont combinées pour chaque pixel, avec une optimisation algorithmique qui diffère suivant les fabricants.

 

Tables ou totems

 

L’intérêt du digital est de pouvoir alimenter en contenu et en direct l’afficheur avec un flot d’images, par une liaison qui peut être filaire ou sans fil avec le 3G par exemple. En mobilier urbain extérieur, les écrans sont généralement à cristaux liquides (LCD). Ils permettent d’afficher du contenu statique ou dynamique, des diaporamas d’images ou des vidéos. Pour l’extérieur, ils doivent être suffisamment robustes, protégés par du verre blindé et afficher avec une haute luminosité et un contraste suffisant des informations visibles et lisibles y compris sous une lumière estivale directe. Ces écrans sont intégrés dans une large variété de mobilier, parcmètre, totem, abribus, table d’orientation, etc. Ils sont alimentés électriquement et communiquent avec un ordinateur généralement distant, qui va diffuser du contenu ou piloter une application. Leur confort climatique doit être assuré, en particulier avec de la ventilation l’été. Certains écrans sont tactilisés par exemple pour consulter un plan ou chercher des informations. Le leader en mobilier urbain est bien entendu JCDecaux, mais il existe différents fabricants de totems ou de colonnes, comme Disco (MDO), iMotion (Infinitus), Merim ou Pixity qui loue des totems et des écrans de 8 m2.

 

Ces supports de communication vidéo, en association ou non avec un écran publicitaire, offrent de nouveaux espaces de diffusion de l’information institutionnelle de la municipalité, pour les concerts, les rencontres sportives, les événements culturels ou pour diffuser des actualités transports comme les lignes de bus ou de métro en travaux. Ces mobiliers rencontrent deux freins à leur diffusion. Le premier est psychologique, ils sont parfois combattus par certaines associations pour leur aspect intrusif, en particulier dans les zones historiques des cités. Le deuxième est financier. Déplacer une borne intérieure d’informations, située par exemple dans un hall d’accueil ou une allée couverte, à l’extérieur a un coût, du fait des problématiques d’agressions climatiques et de risques accrus de vandalisme à prendre en compte. Résultat, les écrans à stéréoscopie sans lunettes (Dimenco, Tridelity, Alioscopy…) sont déployés dans le monde entier, pour des applications très larges de PLV dynamiques (musées, universités, services publics, etc) mais toutes sont situées en intérieur.

 

 

L’affichage fait son spectacle

 

Néanmoins, le secteur frémit et les innovations commencent timidement à mettre le nez dans la rue. En avril dernier, la nouvelle chaussure Nike Free a créé le buzz, en s’affichant en pseudo-holographie sur une poignée de panneaux publicitaires des rues d’Amsterdam. Une initiative de l’agence média Mindshare/Kinetic, JCDecaux Innovate et des belges d’Holocube. L’afficheur est une boîte astucieusement conçue avec un projecteur vidéo et un miroir, qui donne aux spectateurs l’impression de voir flotter dans l’espace un hologramme de la chaussure se tordant dans tous les sens. Autre exemple de buzz, le « Live Human Outdoor », créé par Fullsix Portugal à l’occasion du lancement du nouveau Samsung Galaxy Note, sur un MUPI (Mobilier Urbain pour l’Information) de JCDecaux. Ce panneau d’affichage hébergeait un illustrateur virtuel, le temps d’une journée. Il pouvait interagir en temps réel avec les passants grâce à une caméra et une liaison temps réel et leur proposait de réaliser leur caricature qui était publiée dans la foulée sur la Toile.

La technologie en matière de mobilier urbain ayant besoin d’un sérieux coup de pouce en matière d’innovations, la Ville de Paris et l’association Paris Region Lab ont lancé il y a deux ans un concours « Mobilier Urbain Intelligent ». Cette initiative a débouché en juin 2011 sur la sélection d’une quarantaine de projets, couvrant une grande variété d’approches, depuis la borne multi-fonctions de rechargement de véhicules électriques « ModuloWatt » jusqu’au potelet de sécurité lumineux à mémoire de forme « Lumart », en passant par différents mobiliers interactifs.

 

 

Projets pilotes

 

La ville de Paris a mis son espace public à disposition et 24 projets expérimentaux ont déjà été déployés en conditions réelles, pour des durées allant de 6 à 18 mois. Parmi ces projets, figurent plusieurs écrans ou mobiliers interactifs, dont une borne d’orientation ViaDirect City conçue par L’île des Médias, une nouvelle colonne Morris revisitée par Oxialive et un mobilier baptisé nAutreville. Créée par Maria Laura Méndez Martén, cette installation intègre un écran interactif translucide rotatif affichant des informations géo-localisées des alentours, en réalité augmentée.

JCDecaux s’est taillé la part du lion avec six projets sélectionnés : le Décodeur Urbain (un écran tactile de 42″ donnant accès à des informations de mobilité), le Totem Digital (un grand écran de 72″ qui diffuse en temps réel des informations de la ville), le Concept Abribus, le e-Village (une borne avec trois écrans tactiles de 22″), l’Escale Numérique et Play (une aire de jeu digitale, avec deux petites tables tactiles de 22″ à destination des enfants). L’abribus (design Patrick Jouin) et l’escale (design Mathieu Lehanneur) regroupent différents services, tels qu’ils peuvent être susceptibles d’être proposés dans le futur. Outre son design et son toit vitré successivement éclairant et filtrant les rayons du soleil, l’abribus intègre deux décodeurs urbains dont un accessible aux handicapés en fauteuil roulant, un écran tactile de consultation des petites annonces locales, un défibrillateur connecté, supervisé à distance par GPRS, un grand écran d’informations de 72″ et une connexion WiFi gratuite. L’Escale Numérique a davantage été conçue pour le repos avec des fauteuils et un toit végétalisé, ainsi qu’une indispensable connexion WiFi et un Décodeur urbain.

 

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  • lolo54 - Le

    consommation faible ???

    Bonjour, petite remarque sur les panneaux led qui « consomment peu » ces panneaux publicitaires à LED consomment beaucoup plus que les panneaux classiques défilant : un panneau défilant consomme en 24h environ 7kwh (c’est déjà beaucoup car c’est la consommation électrique par jour d’une famille de 4 personnes hors chauffage) un panneau LED consomme lui en 24h environ 40 kwh: soit la consommation électrique de 5 ou 6 familles de 4 personnes ! Lolo54
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