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L’éco-prêt à taux zéro limite l’accès des isolants minces au marché de la rénovation
Isabelle Duffaure-Gallais | 30/06/2009 | 16:04 | Innovation produits
Sur un marché de la rénovation boosté par l’éco-prêt à taux zéro, le conflit opposant le CSTB et les fabricants d’isolants réflecteurs mince connaît un nouveau rebondissement avec l’enquête ouverte par l’Autorité de la Concurrence dans le secteur de l’isolation.
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Plusieurs perquisitions ont été menées au CSTB, à l'Afnor, au syndicat des fabricants d'isolants en laines minérales (Filmm) et dans plusieurs sites du producteur de laine minérale Isover. Ces acteurs sont soupçonnés de s'être entendus pour empêcher l'arrivée de nouveaux entrants sur ce marché. On pense évidemment aux isolants minces réfléchissants qui mènent depuis des années un combat sans merci contre les organismes de normalisation et de certification pour faire admettre que leurs produits dérogent à la norme selon laquelle le pouvoir isolant des produits de construction est caractérisé par la résistance thermique R, mesurée en laboratoire et exprimée en mètres carrés.degrés Kelvin par Watt (m².K/W).
Les fabricants de ces produits minces, notamment Actis, ont beau défendre la thèse de phénomènes physiques différents dans leurs produits et dans les isolants traditionnels, qui nécessiteraient des méthodes de caractérisation différentes, la résistance thermique R reste l'unique critère d'évaluation de la performance d'un produit isolant. C'est donc le seul qui soit pris en compte par la réglementation technique.
Or les produits minces présentent une piètre résistance thermique, comparés aux isolants "traditionnels" : R atteint tout au plus 2 m².K/W dans les meilleures conditions pour un produit de 2 cm d'épaisseur avec deux lames d'air adjacentes, à comparer à 5 m².K/W pour 20 cm de laine de verre.
Les exigences de la réglementation thermique RT 2005 ne permettent pas aux produits réfléchissants d'accéder au marché de la construction neuve. Ils trouvaient donc jusqu'alors des débouchés dans la rénovation, non réglementée, où les maîtres d'ouvrage particuliers étaient séduits par ces produits gain de place, même à prix élevé et sans garantie formelle de résultat. Mais, avec l'arrivée de l'éco-prêt à taux zéro, ce débouché pourrait lui aussi se voir considérablement réduit. Les "bouquets de travaux" intégrant l'isolation thermique de la toiture ou des murs extérieurs ne donnent droit à l'éco-PTZ que si la résistance thermique apportée atteint 2,8 m².K/W pour les murs et respectivement 3 m².K/W, 4 m².K/W et 5 m².K/W si l'isolant est posé en toiture terrasse, en rampant de combles aménagés et en plancher de combles perdus. Dans tous les cas les produits minces réfléchissants ne peuvent apporter à eux seuls la résistance thermique exigée.
Ils ne leur reste plus qu'à prétendre au statut de "complément d'isolation thermique à base de produit mince réfléchissant". Neuf produits de ce type font l'objet d'avis techniques et certains d'agréments techniques européens. A moins que le syndicat des fabricants d'isolants réflecteurs minces multicouches (Sfirmm), réunissant cinq fabricants dont Actis, réussisse à convaincre le Comité européen de normalisation (Cen) de créer une norme d'essai spécifique, sur la base de tests in situ. Un groupe de travail y réfléchit depuis mai dernier.
chercheur conseil
Ingénieur Environnement
Ingénieur spécialiste enveloppe du bâtiment