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Travail clandestin : plus de 11% des entreprises de BTP contrôlées fraudent

J-Ph. Defawe | 24/08/2009 | 18:16 | Social

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Un gendarme lors d'une opération de contrôle (source : Ministère de la Défense).

4 commentaires

Le travail au noir progresse-t-il sensiblement en France ou les contrôles sont-ils plus efficaces ?

En tout cas, selon un bilan du ministère du Travail à paraître en novembre et dévoilé par le quotidien "La Croix", quelque 13% des entreprises contrôlées en 2008 étaient en infraction avec la législation du travail (11 à 12% dans le BTP). Le pourcentage d'entreprises en infraction a augmenté d'un point et demi entre 2007 et 2008.

Selon Claire Seillier, responsable des études sur le travail illégal à la Direction générale du travail (DGT), cette hausse de 2008 tient à l'optimisation des contrôles, désormais concentrés sur sept secteurs à risque : le gardiennage, le spectacle, où "plus de 20 % des entreprises contrôlées étaient en fraude en 2008", la confection ("autour de 20 %"), l'hôtellerie-restauration ("autour de 16 %"), le bâtiment, l'agriculture et le déménagement ("entre 11 et 12 %").
Au premier rang des infractions constatées figure le travail dissimulé consistant à ne pas déclarer ou sous-déclarer une activité ou un salarié, ce qui représente 74% des fraudes relevées (+8 points par rapport à 2007). Vient ensuite l'emploi d'étrangers sans titre de séjour (12 %, contre 14 % en 2007).
"La grande tendance des dernières années, c'est la complexification des fraudes, la dissimulation totale d'activité étant remplacée par de la dissimulation partielle", explique Claire Seillier au quotidien chrétien.

"On est incapable de dire combien précisément d'entreprises fraudent en France", a souligné à l'AFP Jean Bessière, directeur adjoint de la DGT. "On peut seulement dire quelle est la proportion de fraudeurs parmi les entreprises contrôlées", a-t-il ajouté.
Tous les observateurs s'accordent pour dire que le travail clandestin est très répandu. "Dans un rapport de 2007 (ndlr : auprès de la Cour des Comptes), le Conseil des prélèvements obligatoires estime même qu'il représente un manque à gagner pour les cotisations sociales de l'ordre de 6,2 à 12,4 milliards d'euros chaque année" rappelle "La Croix" en évaluant les fraudeurs à près d'une entreprise sur dix.

Face à l'ampleur du phénomène, les pouvoirs publics semblent bien impuissants. Karim Abed, inspecteur du travail et syndicaliste CFDT cité par le journal, affirme qu'ils ne disposent que de 480 inspecteurs du travail et 900 contrôleurs pour 16 millions de salariés. Autre problème : la faiblesse des condamnations. "Alors que la peine maximale pour ce genre d'infraction est assez lourde - trois ans d'emprisonnement et 45 000 d'euros d'amende -, il est rare que la sanction dépasse les 5 000 d'euros d'amende" explique-t-il.

J-Ph. Defawe | Source LE MONITEUR.FR

 
  • Yvan ZAOUCHE |

    chef d"entreprise

    Il existe aussi bien pour les donneurs d’ordres que pour les fournisseurs un moyen simple, efficace et économique pour être en conformité avec la règlementation contre le travail dissimulé : actradis.fr. j’en suis personnellement ravi, et désormais je ne redoute plus les contrôles tout en éprouvant une réelle satisfaction en combattant ce fléau qu’est le travail au noir ! http://www.actradis.fr/
  • André Laffont |

    chef d"entreprise

    Commentaire J’ai signalé à l’Inspection du Travail, le fait que l’un de mes confrères embauchaient deux de mes salariés les samedis et les dimanches pour travailler comme l’on dit au noir. Les services de l’Inspection du Travail m’ont fait savoir qu’ils ne pouvaient pas faire de contrôle les Dimanches ou Jours Fériés. Je leur ais averti que j’allais débaucher ces deux employés, ils m’ont dissuadés de le faire, car le Conseil de Prud’hommes risquait de me condamner pour motif non réel ou sérieux. L’inspecteur du Travail s’est refusé de me donner ces explications par écrit.
  • Sonia VERBIST |

    Responsable marchés de travaux

    Je confirme la vision de M. LATRECHE : les documents devant être communiqués en vertu du code du travail représentent de la simple "paperasse" administrative, et au mieux, ceux-ci prouvent seulement qu’une entreprise n’a pas (encore) été condamnée pour fraude.
  • Secrétariat PIFCPP |

    Arnaud LATRECHE, responsable du service marchés du Conseil Général de la Côte-d'Or

    Ce constat illustre, me semble-t-il, l’inefficacité de la procédure de réclamation semestrielle, auprès des titulaires de marchés publics et privés, des documents visés à l’article D 8222-5 du code du travail (article 46 du code des marchés publics, article D. 8222-4 du code du travail). Jusqu’à preuve du contraire, la lutte contre la fraude ne relève manifestement pas de la réglementation des marchés publics.

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