Point de vue
« N’oublions pas Davioud et le mobilier urbain ! » par Rodolphe Dugon
| 27/03/2009 | 12:02 | Culture
Suite au point de vue de Luc Dupont sur le « retour du baron Haussmann » à l’occasion des deux sujets majeurs qui concernent le Grand Paris et ses tours, n’oublions pas le mobilier urbain et son précurseur, l’architecte Davioud !
Haussmann confie à l'architecte Davioud, Prix de Rome, le soin de dessiner et réaliser en série le mobilier urbain de la Ville de Paris.
Ces kiosques, colonnes Morris, panneaux, bancs, corbeilles à ordures, lampadaires, mais aussi clôtures, grilles d'arbres sont enfin pratiques et contribuent à l'urbanité et à l'esthétique de la ville. De plus, le mobilier confère une unité à la ville grâce à son homogénéité (de style et de matériaux -métal et bois-) et à la rationalité de son implantation.
"Ils contre-pointent, de façon ludique, la masse minérale des immeubles, grâce à la légèreté de formes étrangères au vocabulaire classique" écrivait Davioud.
Avec l’apparition de nouvelles matières, de nouveaux moyens de transport et de communication, le mobilier urbain est ensuite entré dans une nouvelle ère avec le concept développé par l’entreprise française JC Decaux dans les années 1970.
Le rôle convivial du mobilier urbain tend alors à s'effacer, il subit une perte de son unité de style et une banalisation des objets que l'on retrouve partout au profit d’une nouvelle fonction publicitaire. La multinationale met en place et entretien son mobilier urbain principalement sur la voirie (panneaux de signalisation) et sur les trottoirs (les "sanisettes", les "sucettes« et les "MUPI").
Heureusement, pour les projets urbains et paysagers qui n’acceptent pas de publicité, quelques PME innovent et créent chaque année des mobiliers plus adaptés aux parcs, jardins et espaces verts. Certaines font également appel à des designers mais nous assistons surtout au retour des concepteurs d’espaces à vivre qui, en dessinant ou en piochant dans les catalogues créatifs de mobiliers urbains, redonnent à leur projet la dimension humaine qui était celle recherchée par leurs précurseurs du "Service des Promenades".
"La forme d’une ville change plus vite que le cœur d’un mortel" écrivait Julien Gracq, l’immortalité de la ville ne dépasserait-elle pas simplement "l’effet mérité" de certains de ses concepteurs ?
Rodolphe Dugon est éditeur du site www.mobilier-urbain.org, annuaire des professionnels du mobilier urbain.
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jacques-franck | 25/03/2009 - 17:06
gracq vs. baudelaire
Erreur! "La forme d'une ville change plus vite, hélas! que le coeur d'un mortel" est un vers de Charles Baudelaire que Julien Gracq a repris a son compte...