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Marseille et la Provence en chantier pour devenir capitale culturelle en 2013

Aline Gillette, envoyée spéciale à Marseille | 25/01/2012 | 16:18 | Réalisations

MuCEM et CeReM en construction sur le môle J4  

Photo n° 1/13
© Aline Gillette / Le Moniteur

Galerie Zoom

MuCEM et CeReM en construction sur le môle J4
Deux équipements phare sont attendus fin 2012 sur le môle J4 du port: le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM, à droite) de l'architecte Rudy Ricciotti, qui interrogera les héritages croisés de l'Europe et de la Méditerranée, et le Centre régional de la Méditerranée (CeReM, à gauche) de l'architecte milanais Stefano Boeri, qui accueillera congrès, expositions et séminaires. Ces deux réalisations compteront parmi les principaux legs de Marseille Provence 2013.

MuCEM et CeReM en construction sur le môle J4

Photo n° 1/13 - © Aline Gillette / Le Moniteur / LE MONITEUR.FR

MuCEM et CeReM en construction sur le môle J4
Deux équipements phare sont attendus fin 2012 sur le môle J4 du port: le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM, à droite) de l'architecte Rudy Ricciotti, qui interrogera les héritages croisés de l'Europe et de la Méditerranée, et le Centre régional de la Méditerranée (CeReM, à gauche) de l'architecte milanais Stefano Boeri, qui accueillera congrès, expositions et séminaires. Ces deux réalisations compteront parmi les principaux legs de Marseille Provence 2013.

Photos 13/13

Panorama des chantiers en cours pour Marseille-Provence 2013

Un an avant le lancement de «Marseille-Provence, capitale européenne de la culture», les élus et l’association porteuse de la manifestation ont présenté le 19 janvier l’avant-programme et fait le point sur les chantiers en cours.

Après Lille en 2004, c’est au tour de Marseille de montrer aux Français et aux Méditerranéens qu’elle mérite bien le titre de capitale de la culture. Le maire de la ville, Jean-Claude Gaudin, avait paré la candidature d’originalité en étendant le périmètre des projets à toute la Provence, transformant le lifting de quelques lieux culturels en ville en un «vaste projet de territoire». «Notre proposition, martèle-t-il, joue le jeu de l’équité et de la loyauté».  Marseille et ses partenaires sont représentés à parts égales dans le conseil d’administration de l’association organisatrice. Reste à pouvoir ficeler l’ensemble des 500 projets prévus et assurer la livraison des bâtiments à temps…

Car si Marseille se gargarise de la présence de cinquante théâtres sur son territoire,  la candidature s’est accompagnée d’une politique de grands travaux, afin de se doter d’infrastructures à la hauteur des 10 millions de visiteurs attendus.  Le budget de l’évènement, 91 millions d’euros, sera complété de 600 millions d’euros d’investissement pour de grands équipements, dont 40% portés par la Ville.

 

La Provence est présente, mais le pouls bat au port

En dépit de l’ouverture géographique de sa candidature, la cité phocéenne a tout de même choisi comme lieu central d’effervescence son port: des espaces normalement réservés aux activités maritimes seront ouverts au public et investis d’expositions, d’installations artistiques et de concerts (voir portfolio). Plusieurs équipements d’envergure sortiront de terre fin 2012, dont le MuCEM de l’architecte Rudy Ricciotti et le CeReM de l’architecte Stefano Boeri, mettant tous deux à l’honneur l’identité méditerranéenne. A deux pas, la fondation «regards de Provence» renaîtra d’une ancienne station sanitaire construite en 1948.

Dans les quartiers nord, la manifestation a un effet catalyseur pour l’extension longtemps attendue de la friche de la Belle de Mai et pour la construction d’une Cité des arts de la rue. On attend également le FRAC de l’architecte japonais Kengo Kuma (quartier de la Joliette) et le Centre international de la photographie et de l’image (Parc des Ateliers SNCF) en Arles, signé Frank Gehry et Edwin Chan.

 

Remettre en scène des lieux oubliés

Même si cela ne s’est pas fait sans remous (retrait de certaines villes comme Toulon, revirements quant à la gouvernance du projet), un des points forts est bien de faire pénétrer la culture sur tout le territoire, d’Arles à la Ciotat et de proposer, en marge de grandes manifestations classiques, des initiatives originales. Ramenant des lieux parfois oubliés sur le devant de la scène. C’est le cas de la commune de Vitrolles, qui tente de se défaire de son image négative, suite à un mandat FN, à une politique culturelle faiblarde (qui avait conduit à la désertion du Stadium de Rudy Ricciotti) ou aux effets de l’autoroute A7 qui la scinde en deux. En 2013, elle sera au centre d’un sentier de randonnée périurbain, le GR2013, qui forme un grand huit autour de l’étang de Berre et de la montagne de l’Etoile, et vise à faire redécouvrir « ces lieux en bordure de ville que l’on veut cacher» (déchetteries, camps de gens du voyage, délaissés ferroviaires). « 250 km de trajet pour soulever les jupes des villes», plaisante son initiateur, Baptiste Lanaspeze, membre du collectif des «artistes-marcheurs». Dans le même esprit, les «transhumances» proposent à bêtes et hommes de rejoindre Marseille depuis la Camargue, l’Espagne ou l’Italie, en un flot massif qui réunirait paysages de ville et de campagne… et créant dans leur sillage des «animaglyphes», œuvres d’art formées par les troupeaux vus du ciel !

L’art en ville n’est pas non plus en reste, comme en témoigne la programmation autour des «cultures urbaines» : le projet «quartiers créatifs» installera des architectures éphémères, œuvres d’art et espaces de jeux dans une quinzaine de quartiers en renouvellement urbain, tandis que Felice Varini et Daniel Buren installeront leurs œuvres à Salon-de-Provence et Istres. La culture s’illustre aussi dans la diversité et le débat : l’Europride (manifestation européenne similaire à la Gay Pride) sera accueillie à Marseille au terme de dix journées festives, et le MuCEM inauguré par une exposition explorant la question du genre en Méditerranée.

«Par la diversité de son programme, Marseille Provence 2013 célèbre un territoire foisonnant, ancré dans l’histoire et ouvert sur l’avenir», résume Hugues Parant, préfet des Bouches-du-Rhône, qui assure que «contenants et contenus seront prêts à temps». Une synthèse difficile à réaliser sur un territoire aussi vaste et disparate, et dont la réussite dépendra de l’énergie consacrée à la dernière ligne droite et à l’implication des populations.

 

Retrouvez l’avant-programme détaillé sur www.mp2013.fr

FOCUS

La capitale européenne de la culture : qu’est-ce que c’est ?

Ce titre, lancé en 1985 par le Conseil des ministres de l’Union européenne, vise à soutenir l’art contemporain, créer des liens entre citoyens de différents Etats, et redynamiser les villes européennes par la culture. Les villes choisies illustrent la richesse et la diversité des cultures européennes. Lorsqu’une ville est nommée, elle est responsable pour un an de la mise en œuvre du programme pour lequel elle a été sélectionnée. Après Athènes, première lauréate en 1985, une quarantaine de villes ont été désignées, de Porto à Cracovie, en passant par Glasgow et Florence, l’évènement devenant un moment culturel majeur en Europe.  Depuis 2011, le titre est limité à deux villes par an. A la suite de Guimaraes (Portugal) et Maribor (Slovénie) en 2012, les capitales pour 2013 seront Marseille et Kosice (Slovaquie).

Aline Gillette, envoyée spéciale à Marseille | Source LE MONITEUR HEBDO