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Inauguration du premier immeuble collectif parisien de dix-sept logements sociaux aux exigences PassivHaus

Margot Guislain | 24/11/2010 | 18:01 | Réalisations

L'immeuble PassivHaus de Pascal Gontier dans l’écoquartier Fréquel-Fontarabie (Paris XXe)  

Photo n° 1/5
© Stephan Lucas

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L'immeuble PassivHaus de Pascal Gontier dans l’écoquartier Fréquel-Fontarabie (Paris XXe)
Les deux volumes compacts revêtus de bois de mélèze prennent place dans le chantier du futur écoquartier. Passage & zac Frequel 75020 / architecte : Pascal Gontier / 3 aožt 2010

L'immeuble PassivHaus de Pascal Gontier dans l’écoquartier Fréquel-Fontarabie (Paris XXe)

Photo n° 1/5 - © Stephan Lucas / LE MONITEUR.FR

L'immeuble PassivHaus de Pascal Gontier dans l’écoquartier Fréquel-Fontarabie (Paris XXe)
Les deux volumes compacts revêtus de bois de mélèze prennent place dans le chantier du futur écoquartier. Passage & zac Frequel 75020 / architecte : Pascal Gontier / 3 aožt 2010

Photos 5/5

Un immeuble collectif PassivHaus de 17 logements sociaux à Paris XXe

4 commentaires

A Paris 20e, dans l’écoquartier Fréquel-Fontarabie (en cours d’aménagement sous la direction d’Eva Samuel, architecte-coordinatrice, et de la SIEMP, aménageur, l’architecte Pascal Gontier livre le premier immeuble collectif parisien de dix-sept logements sociaux conforme aux exigences PassivHaus : deux édifices aux façades revêtues de mélèze et d’acier autopatinable. Le bâtiment est inauguré ce jeudi 25 novembre.

Au détour du passage Fréquel, dans le maillage de venelles du XXe arrondissement de Paris, deux gros volumes rectangulaires aux façades revêtues de mélèze abritent, sous une apparente simplicité, la première opération d’immeuble collectif de logements sociaux à énergie passive à voir le jour à Paris. En effet, pour concevoir ces habitations situées dans l’écoquartier Fréquel-Fontarabie - aménagé sous la houlette d’Eva Samuel, architecte-coordinatrice -, son confrère Pascal Gontier semble avoir puisé son inspiration dans l’architecture utilitaire agricole. Plus particulièrement celle des granges dont l’aspect rudimentaire sied à cet ancien faubourg constellé de jardins secrets et d’entrepôts en bois.

Maîtrise d’ouvrage éclairée

Ici, l’enjeu environnemental du bâtiment se devait d’être à la hauteur de la mention spéciale accordée par le ministère de l’Ecologie (dans le cadre du Grand prix national écoquartiers) à l’ensemble du secteur Fréquel-Fontarabie, au vu de la qualité de ses réponses sur le volet énergétique. Pourtant, la partie était loin d’être jouée d’avance sur une parcelle qui oblige à tourner vers le nord les façades principales des deux bâtiments, réduisant ainsi les apports solaires… Aussi, face à l’attitude convenue qui aurait consisté à se protéger du froid - et donc du nord - en réduisant les fenêtres à des meurtrières, la prouesse technico-architecturale réside, ici, à atteindre un très bas niveau de consommation énergétique tout en créant de larges ouvertures, gages de lumière abondante et de confort intérieur des logements. Une tâche délicate, pour laquelle l’architecte reconnaît l’apport d’une maîtrise d’ouvrage particulièrement avisée, la Siemp en l’occurrence.

Les détails dès les esquisses

En 2006, au moment du concours, un plafond de 50 kWh/m2.an d’énergie primaire pour les besoins en chauffage est fixé par le cahier des charges. Mais Pascal Gontier, franco-helvétique formé à l’architecture environnementale à l’école de Lausanne, vise un objectif plus ambitieux : atteindre les valeurs de l’habitat passif (15 kWh/ ep/m2.an pour le chauffage). Et à l’arrivée, c’est le chiffre record de 13 kWh/ep/m2.an qui est atteint ! L’étude anticipée des détails, dès le stade de l’avant-projet, a permis d’obtenir ce résultat grâce à une traque impitoyable aux ponts thermiques : isolation par l’extérieur (structure béton avec laines de verre et de roche superposées bardage en mélèze), enrobage des acrotères et des niveaux de sous-sol à l’aide de polystyrène extrudé. Sans oublier la compacité des volumes qui minimise les « ponts thermiques angulaires » propres à chaque angle du bâtiment. Des menuiseries à triples vitrages à l’argon, prises dans l’isolant, ne laissent apparaître en façade que les ouvrants ; même la structure des passerelles se trouve désolidarisée des bâtiments pour éviter les déperditions créées par des planchers filants de l’extérieur vers l’intérieur. L’étanchéité à l’air a été mesurée in situ, par infiltrométrie, grâce au test « Blowerdoor » (mise en dépression de 50 Pa d’un appartement par un ventilateur-extracteur adapté à une ouverture). Résultat concluant : 0,50 m3/h.m2 de façade, valeur inférieure au seuil de l’habitat passif (0,60 m3/h.m2). Enfin, un puits « francilien » (sol-eau) adapté en milieu urbain, une ventilation double flux, des capteurs solaires pour l’eau chaude sanitaire, une toiture végétalisée et la récupération des eaux de pluie complètent le dispositif environnemental.

FOCUS

Pascal Gontier, architecte - « Vers une inertie sans masse »

« Incorporés sous forme de billes microscopiques à l’intérieur de carreaux de plâtre ou dans le béton, les matériaux à changement de phase (MCP), telle la paraffine, sont une des pistes possibles pour faire évoluer la construction écologique en terme de performance énergétique. Et notamment sur le poste très énergivore de la climatisation (dans le tertiaire). Tout repose sur l’application d’un principe physique simple : au-delà d’une certaine température, les MCP passent de l’état solide à l’état liquide en absorbant la chaleur excédentaire ambiante. D’où un rafraîchissement de quelques degrés à l’intérieur du bâtiment. Par ailleurs, leur petite taille permet de réaliser des enveloppes légères à forte inertie thermique, de faible épaisseur : ce que je désigne par l’oxymore ‘‘ inertie sans masse ’’. Aujourd’hui, à cause de la présence encore trop importante de matière plastique pour enrober les MCP, ces produits ne sont pas au maximum de leur capacité. Mais ils seront peut-être les matériaux du futur… »

FOCUS

Fiche Technique

Maîtrise d’ouvrage : Société immobilière d’économie mixte de Paris (Siemp). Maîtrise d’œuvre : Pascal Gontier, architecte ; Frédéric Maire, chef de projet ; MTC, BET fluides, structure, économie ; Atelier Pascal Gontier, BET HQE. Entreprise générale : Francilia.
Surface : 1 640 m2  HON. Coût : 3,30 millions d’euros HT.

Margot Guislain | Source LE MONITEUR.FR

 
  •  Daniel  |

    Rectificatif

    Je ne sais pas où Philippe a été cherché ses informations et d´en conclure que nous faisons mieux que nos voisins en BBC et PassivHaus, mais je me permets de le contredire en apportant le rectificatif suivant: Est considérée comme maison passive un bâtiment dont les besoins de chauffage sont inférieurs à 15 kWh/m²/an, et un besoin de moins de 50 kWh/m²/an d’énergie primaire (les 15 kWh/m²/an du chauffage + l’énergie nécessaire au chauffage de l’eau + l’électricité consommée par la ventilation + climatisation). Je conseille à Philippe d´alloir voir ce que font nos voisins en BBC et PassivHaus et d´arrêter de ce regarder le nombril en proclamant que nous sommes dans ce domaine encore une fois les champions de monde!
  •  Philippe  |

    Considérations concernant le label PassivHaus

    PassivHaus est allemand. c’est peut être pour cela qu’il a si bonne presse. En France, nous avons le label BBC Effinergie qui vient d’être, transcrit en réglementation thermique : la fameuse RT2012. Cette réglementation, impose une consommation maximale de 50 kWhep/m².an (fonction de l’endroit et de l’altitude). Ce maximum concerne le chauffage, le refroidissement, la ventilation, la production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage des locaux. Seul l’électroménager n’est pas pris en compte. Ceci se traduit dans la pratique par environ 15 kWhep/m².an pour le chauffage, 15 pour l’eau chaude, 5 pour la ventilation et 15 pour l’éclairage. Pour le label PassivHaus, la consommation maximale tous postes confondus est de 120 kWhep/m².an dont 15 pour le chauffage. On peut donc conclure, en regardant de plus prés, que le label PassivHaus autorise une plus forte consommation d’énergie que la réglementation RT2012. Copions nos voisins pour ce qu’ils font mieux que nous ! (Les voitures, peut être…)
  •  Ulrich  |

    Confusion d'unités - 2-

    L’exigence du Passivhaus au niveau des besoins de chauffage et de 15 kWh(m².an). Il s’agit de besoins (énergie utile) et non de l’énergie primaire. Il ne s’agit donc pas de kWh/ep/m².an. Reste à rajouter que la methode de calcul diffère sensiblement de la RT 2005 (par exemple différentes surfaces de référence) et que les valeus ne sont donc pas comparables avec des valeurs issues d’un calcul réglementaire.
  •  .  |

    Confusion d'unités

    Lors du test d’étanchéité à l’air, les bâtiments passifs ne doivent pas dépasser 0,6 vol/h (n50 allemand) et les bâtiments BBC-Effinergie, 0,6 m3/h.m2 (i4 ou Q4 français). Le résultat est tout à fait différent : n50 = 2 x Q4 dans de l’habitat collectif (et 4 x Q4 dans de l’habitat individuel – travaux du CETE de Lyon). Ainsi, un bâtiment à 0,5 m3/h.m2 (=1 vol/h) est conforme pour du BBC-Effinergie mais pas du tout pour du passif. L’immeuble de Pascal Gontier étant passif, l’étanchéité est plutôt de 0,5 vol/h et non 0,5 m3/h.m2.

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