Réalisations

À Suresnes, comment transformer une gare en musée

Mots clés :

Culture

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Transport collectif urbain

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Établissement recevant du public (ERP) ou assimilé

Consacré à l’urbanisme social de l’entre-deux-guerres, le Musée d’histoire urbaine et sociale (MUS) de Suresnes (Hauts-de-Seine) ravive une gare du XIXe siècle à l’abandon. Adossé à la ligne de tramway rejoignant Paris, le bâtiment réhabilité par les agences Encore Heureux et AAVP se tourne vers la ville comme pour mieux illustrer le propos qu’il abrite.

Construite en même temps que la ligne de chemin de fer chargée de relier Suresnes au site de l’exposition universelle de 1889, la gare de «Suresnes-Longchamp» connaît aujourd’hui une seconde vie. Agrandie et transformée par les architectes Nicola Delon, Julien Choppin (agence Encore Heureux) et Vincent Parreira (AAVP architecture), elle abrite le MUS, musée chargé de mettre en lumière la riche histoire urbaine de Suresnes (cité-jardin, école de plein-air par Beaudouin et Lods…) et la personnalité de son maire, Henri Sellier (1883-1943).

Face à la complexité des flux qui traversent le site, les architectes ont choisi de tourner le projet vers la ville, comme pour mieux la raconter. Car, contrairement au bâtiment voyageur, désaffecté depuis les années 1980, le trafic ne s’est jamais interrompu à la station “Suresnes Longchamp”. Depuis 1993, le tramway reliant La Défense à la Porte de Versailles (Paris, 15e) y marque l’arrêt. Chaque jour, des dizaines de voyageurs traversent les quais auxquels s’adosse la gare, puis contournent l’édifice pour rejoindre la ville en contre-bas. Un des enjeux du projet de reconversion fut donc de préserver et valoriser les chemins de traverses existants: un escalier et une rampe naturelle.

 

Belvédère

 

Conservé et restauré, le bâtiment historique se voit doté d’un socle habité cadré par les deux accès piétons existants. Développée en rez-de-chaussée, cette extrusion du soubassement de la gare rattrape le dénivelé entre le niveau de la ville et celui des quais. “Nous ne voulions pas développer le projet en hauteur, pour ne pas obstruer la vue depuis le tram”, explique Vincent Parreira. Il résulte de ce choix une vaste terrasse en toiture de l’extension, belvédère sur Suresnes accessible de plain-pied depuis les quais. “Nous avons également souhaité créer un nouveau raccourci entre le tram et la ville, ce qui nous a conduit a creuser la masse du projet”, expliquent Nicola Delon et Julien Choppin. Ainsi, le nouveau volume est fendu d’un petit escalier perpendiculaire aux quais, formalisant le chemin le plus court pour rejoindre la ville.

 

Soutènement

 

Côté ville, l’extension se développe à la place du parking qui s’étalait au pied de la gare. Elle investit le vide juste assez pour ne pas l’absorber entièrement mais pour le requalifier. Finie la nappe de voitures, c’est aujourd’hui une petite place que les bistros alentours se sont empressés d’investir qui constitue le parvis du MUS. D’autre part, les architectes ont appliqué un léger fruit aux murs de l’extension pour accentuer l’idée d’un nouveau soutènement pour le bâtiment historique. Un détail subtil qui permet d’alléger la masse de l’intervention contemporaine. On entre dans le musée par un des creux de la façade en béton couleur pierre. L’accueil du public et les expositions temporaires sont aménagées dans le nouveau volume, les collections permanentes sont présentées dans les deux niveaux de la gare existante.

Focus

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage: Ville de Suresnes

Maîtrise d’oeuvre: Encore Heureux, Nicola Delon et Julien Choppin, architectes mandataires; Sonia Vu, chef de projet; AAVP architecture, Vincent Parreira, architecte associé; Elise Reiffers, Marie Brodin, chargées de projet; Ducks Sceno, muséographie; Incet, BET TCE; PL architectures, architecte HQE; Directeur Général et MADE, graphisme

Surface: 900 m2 Shon

Coût travaux: 2,8 M€ HT

Calendrier: concours, automne 2008; inauguration, juin 2013

Entreprises: Fayolle, entreprise générale; A5 Elec, électricité; Allard, fluides

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  • Julia Riché - Le

    MERCI MUS !

    Suresnoise et architecte du Patrimoine, je pense (et ne suis pas la seule!) que ce projet est une honte ! Négation de l’architecture du XIXème siècle, ou comment « ne pas comprendre ce vocabulaire ». Nous avons aujourd’hui une « maison en brique » disproportionnée, posée sur un massif socle de parement pierre (je ne pousserai pas le « attendons 5 ou 10 ans qu’il soit recouvert de filets »). A décharge des architectes (je pense pleins de bonne volonté)… peut-être que la mairie a vu « grand »… toujours le même problème du contenu et du contenant en réhab ! Je ne parlerai pas de la voirie, ni de la mise en lumière… je risquerais de m’énerver… Pour votre gouverne LE bar avait déjà une terrasse… et « à l’époque » on pouvais venir faire du skate et voir nos « potes » sur cette placette… mais, Vive les potelets et les lampadaire ! Je dois être une vieille archi aigrie de 30 ans.
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