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Shard londonien : pas encore inaugurée, la plus haute tour d’Europe est déjà contestée
Chloé Goudenhooft avec AFP | 03/07/2012 | 17:00 | Réalisations
Londres s’apprête à inaugurer jeudi 5 juillet la tour Shard, plus haut gratte-ciel d’Europe. Prêt à temps pour l’ouverture des Jeux Olympiques à la fin du mois, le bâtiment de verre ne fait pas l’unanimité.
Une pointe de verre qui chatouille le ciel à 310 mètres de hauteur. Le Shard, construit au sud de la Tamise, trône désormais comme plus haute tour d’Europe. «Il comporte 72 étages, un hôtel cinq étoiles, des restaurants de luxe, 55 000 mètres carrés de bureaux et de commerces» détaille Baron Phillips, responsable de communication du projet. L’inauguration, prévue le jeudi 5 juillet, promet d’être à la hauteur de la construction : ballet nocturne de lasers, projecteurs sur les grands monuments de la capitale, illuminations… Le tout sur la musique du London Symphonic Orchestra.
Symbole d'un Londres inégalitaire
Lancé il y a 12 ans, le projet s’achève à temps pour l’inauguration des Jeux Olympiques à la fin du mois et recevoir les deux millions de visiteurs attendus. Les Britanniques accueillent cependant le building de manière mitigée. Parmi les critiques avancées, le haut standing de la tour. Selon les médias britanniques, la dizaine d’appartements situés entre le 53e et le 65 e étage se vendraient entre 30 et 50 millions de livres (37 et 62 millions d’euros), les plus hauts du marché britannique. Le Gardian décrit le Shard comme « métaphore parfaite du Londres d’aujourd’hui […] inégalitaire et dangereusement dépendant d’investisseurs visant un profit rapide ». Et, qui plus est, détenu en majorité par des capitaux étrangers. Malmené par la crise économique, le projet de 450 millions de livres (560 millions d’euros) a été sauvé en 2009 par le Qatar (déjà propriétaire de nombreux bâtiments londoniens) qui en est devenu actionnaire majoritaire (95 %).
Atteinte au patrimoine de l'Unesco
La silhouette effilée de la tour, conçue par l’auteur du Centre Pompidou, l’architecte italien Renzo Piano, est censée réduire l’ombre portée sur les bâtiments voisins. Certains dénoncent cependant son impact visuel au sein de l’architecture historique de Londres. L’association English Heritage lui reproche de porter atteinte aux « vues protégées » sur la cathédrale Saint-Paul ou le Parlement. L’Unesco juge qu’elle nuit à « l’intégrité visuelle » de la Tour de Londres inscrite à son patrimoine.