Réalisations

Le Mucem sort sa réserve

Partie intégrante du Musée des civilisations Europe-Méditerranée (Mucem) de Marseille, son Centre de conservation et de ressources (CCR) est en voie d’achèvement. Il sera livré à l’automne.

A un jet de pierre de la gare Saint-Charles de Marseille, sur une ancienne emprise militaire du quartier de « La Belle de mai », l’architecte Corinne Vezzoni met la dernière main au bâtiment des réserves du Musée des civilisations Europe-Méditerranée (Mucem). En plus des classiques locaux de traitement et de conservation des objets qui y seront entreposés (environ 9000 m2), la construction abritera sur trois niveaux une petite galerie d’exposition (100 m2), un centre de ressources pour les professionnels du patrimoine, les chercheurs et les étudiants (235 m2) et des espaces de consultation des œuvres (120 m2).

Ce monolithe de béton de 72 mètres sur 72 m – la même emprise au sol que le bâtiment « J4 » de Rudy Ricciotti sur l’ancien môle portuaire de la ville  - s’inspire autant du travail du sculpteur espagnol Eduardo Chillida (1924-2002), référence revendiquée par Corinne Vezzoni, que des réalisations élégantes et rigoureuses de l’architecte portugais Álvaro Siza Vieira. L’enjeu est double : accueillir et protéger les œuvres tout en filtrant/conduisant la lumière jusqu’au cœur de l’édifice, pour les personnels et les utilisateurs.

 

Cabochons terre cuite


Pour exprimer cette approche duale, l’architecte a choisi d’affirmer la massivité de l’édifice par un béton-planche « rustique », brut de décoffrage, à l’aspect texturé, teinté dans la masse à l’aide de pigments ocre saupoudré à la main au coulage (de manière à éviter un rendu trop uniforme). Par contraste, les parties « évidées » du monolithe (accès, terrasses, puits de lumière, patios, etc.), dessinées par les vues et la lumière, sont réalisées en béton lisse immaculé. En façade, les trous d’étrésillons s’habillent de cabochons en terre cuite « home made » par l’agence de Corinne Vezzoni, (estampés « CCR Mucem 2013 ») ainsi que, très ponctuellement, par des LED blanche ou ambre alimentées par le soleil.

A l’intérieur, les vastes cathédrales de stockage en béton brut voisinent en bonne intelligence avec les laboratoires de décontamination/restauration des œuvres et les locaux dévolus au public. Le tout irrigué par d’impressionnantes installations techniques de traitement d’air destinées à offrir les meilleures conditions de conservation ambiantes (hygrométrie, température, etc.).

Construit en PPP sur 25 ans, le CCR qui sera livré à l’automne accueillera dans la foulée les premières caisses d’objets en provenance des collections du défunt musée des Arts et traditions populaires de Paris (fermé en 2005) : pas moins d’un million « d’items » à traiter, inventorier, classer et conserver…

Focus

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ministère de la Culture et de la Communication/Icade
Maîtrise d’œuvre : Corinne Vezzoni et associés/Aura, architectes
Entreprise : Eiffage
Coût des travaux : 15 millions d’euros HT (1 150 euros HT/m2)
Surface : 13 033 m2

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
Les nouveautés produits
Retrouver tous les produits
Newsletters
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X