Point de vue
« Au sujet des Nouveaux Albums des Paysagistes » par Marc Claramunt, vice-président de la Fédération Française du Paysage
Defawe Philippe | 21/03/2008 | 10:48 | Réalisations
Saluons l’action généreuse et utile [...]
Saluons l’action généreuse et utile d’un ministère qui décide de promouvoir de jeunes professionnels au moyen d’un palmarès, d’une exposition et de publications.
Imaginons ce même ministère, archaïque et autiste, incapable de comprendre que le métier qu’il souhaite mettre en exergue est dénommé en Europe et dans le Monde par le nom d’architecte-paysagiste (landscape architect en anglais, landschaftsarchitekt en allemand, architecte-paysagiste en Suisse, architecte-paysagiste en belge francophone, architecte paysagiste en canadien francophone). Constatons que cette dénomination du métier est inscrite au registre du Bureau International du Travail de Genève, qu’elle est admise par les organismes professionnels comme l’EFLA (European Foundation of Landscape Architecture) et par l’IFLA (International Federation of Landscape Architects) partenaire de l’IUA (International Union of Architects).
Mais voilà, ce ministère français défend aussi les intérêts des architectes français qui ont le droit de se dire architectes-paysagistes (comme beaucoup le font…), même s’ils n’ont jamais suivi l’enseignement d’écoles nationales supérieures du paysage, sans qu’aucune réciprocité ne soit possible pour ceux et celles qui ont suivi des études supérieures dans ces mêmes écoles sanctionnées par un diplôme à BAC+5 ou +6.
Peut-on interdire à un architecte-paysagiste belge ou suisse de porter le titre de son diplôme s’il souhaite travailler en France? Est-ce cela l’esprit de l’Europe que notre pays va bientôt présider?
Est-ce normal que les nouveaux albums de paysagistes (NAP) refusent la présence dans son jury de la Fédération Française du Paysage (pourtant partie prenante dès l’origine de cette initiative il y a deux ans), seul organisme représentatif de cette profession et que seul le Conseil National de l’Ordre des architectes y siège? Pourquoi ce mépris?
Etrange logique de ce ministère qui supprime le titre de DPLG pour ses architectes et s’accroche au DPLG pour les paysagistes que deux de ses écoles d’architecture (Lille et Bordeaux) continuent de délivrer. Etrange logique de ce ministère plus prompt à faire en sorte que deux professions s’opposent, au lieu de défendre l’ensemble des métiers de l’espace et de la conception déjà si fragilisés. Le paysage comme l’architecture est également une expression de la culture...
Marc Claramunt, landscape architect*, vice-président de la Fédération Française du Paysage
Landscape architect*
*architecte-paysagiste, en application de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française
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