Portrait
Portraits d’architectes d’aujourd’hui (7/7) : Georges Dikansky, à Nice et Jean-Pascal Clément, à Saint-Raphaël
Rémy Mario, bureau Méditerranée | 20/10/2011 | 11:00 | Profession
Entamé le 15 octobre à Lille, notre tour de France des « architectes du quotidien » s’achève aujourd’hui sur les bords de la Méditerranée. Nous y avons rencontré Georges Dikansky, à Nice et Jean-Pascal Clément, à Saint-Raphaël. Tous deux incarnent une architecture jouant avec la lumière du Sud et recherchant sans cesse de nouveaux champs à explorer.
Georges Dikansky, l’anti-spécialiste
Fils et petit-fils d’architectes qui ont construit de nombreux immeubles d’habitation à Nice à partir des années 20, Georges Dikansky perpétue aujourd’hui cette présence et cette signature dans la capitale azuréenne, au travers d’une petite structure de 4 personnes, créée en 1985. Il se définit avant tout comme un architecte généraliste, rejetant l’enfermement dans une spécialisation. Une posture qui l’éloigne des concours publics où précisément la sélection des candidats s’opère sur références dans un domaine précis. « Cette pratique de la part des maîtres d’ouvrage est absurde car elle favorise une architecture répétitive et bride l’apport d’idées nouvelles. Et ce qui est passionnant pour l’architecte, est précisément de faire à chaque fois quelque chose de nouveau » explique-t-il.
Du coup, ses références sont multiples et variées et vont des équipements publics (centre de secours, clinique, gymnase, réhabilitation de collège, etc.) à la commande privée (des villas, une concession automobile, des bureaux) en passant par du logement pour promoteur avec qui il a choisi de travailler (Promogim). Il vient notamment de réaliser en PPP avec Vinci et l’architecte monégasque Frédéric Genin le tout nouveau centre des loueurs de l’aéroport de Nice, une immense structure de 60 000 m² capable de recevoir et d’entretenir 2500 véhicules de location. « L’architecture à sa toute place dans les PPP car elle doit apporter des réponses à des projets complexes. Pour ce centre des loueurs, il y a avait des enjeux techniques, d’accès, de flux d’usagers et de véhicules à maîtriser, bien au-delà du fonctionnement d’un simple parking. » Il vient également de démarrer, en association avec Nicolas Michelin, la réalisation d’Ecopolis, un projet mixte logements étudiants-bureaux de 20 000 m² à Sophia Antipolis pour le compte de Bouygues Immobilier. « L’association avec de grands cabinets est un passage obligé localement car elle nous apporte une forme de reconnaissance » poursuit-il. Fidèle à cette recherche de diversité, son prochain projet sera la réalisation d’une Ehpad (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes) privée à Lantosque, dans l’arrière-pays niçois avec le cabinet montpelliérain A+ Architecture.
Jean-Pascal Clément, militant de la modernité
« Les défenseurs du classicisme régional sont encore là, tapis dans des villages gaulois mais nous avons réussi avec d’autres à faire souffler le vent de la modernité dans l’architecture locale. En ce sens, l’époque que nous vivons, où l’architecture contemporaine est de mieux en mieux acceptée, est exceptionnelle et nous avons la chance d’y participer et de nous pouvoir nous exprimer », résume l’architecte Jean-Pascal Clément, à la tête d’une structure de 10 personnes (dont 5 architectes) basée à Saint-Raphaël dans le Var. Intervenant tant dans le public que le privé, Jean-Pascal Clément et son équipe possèdent de nombreuses références dans le domaine culturel. Son cabinet a signé notamment les centres culturels de Saint-Raphaël, Lorgues, Sainte-Baume, l’Espace Robert Manuel à Roquebrune-sur-Argens, le multiplexe de Saint-Raphaël installé sur une gare routière et qui a aussi été le 1er PPP lancé par une collectivité locale, le pôle culturel Chabran à Draguignan (en cours de construction), etc. « Le Carré Léon Gaumont à Sainte-Maxime, un équipement culturel polyvalent livré il y a trois ans, illustre bien notre démarche. Un monolithe très simple en béton, métal et verre implanté dans une ancienne carrière à l’entrée de ville, paré d’une bande entoilée qui sert à la fois de pare soleil et de support signalétique. Réalisé avec un coût maîtrisé, moins de 10 millions d’euros, il a été aujourd’hui complètement adopté par la population et les usagers qui le fréquentent ».
Malgré la crise, ce cabinet a actuellement une cinquantaine d’opérations en cours, dans le Var (extension du port de Saint-Raphaël en groupement, multiplexe à Draguignan, programmes immobiliers pour Kaufmann & Broad et Bouygues, création d’un casino à Carry-le-Rouet, etc.) mais aussi en région parisienne où il a ouvert des bureaux. Son credo : les missions complètes, avec des études de projets toujours réalisées en interne. « Il est de la responsabilité de l’architecte d’être partie prenante de la réalisation de son projet sur le terrain, parce que beaucoup d’éléments, parfois même des détails, relèvent de sa compétence pendant la phase de chantier. Il m’arrive sur ce plan de refuser des opérations qui sont sans mission complète. »