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Les heureux hasards de Jérôme Berranger et Stéphanie Vincent

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Logement

Ils aiment tous les deux les histoires de Kieslowski. Feu le réalisateur polonais aurait sans doute aimé celle qui les a conduits de l’école d’archi de Rennes jusqu’à Varsovie. D’un concours de circonstances, les lauréats du prix de la Première œuvre 2004, installés à Nantes, ont tiré un parcours prometteur.

Dans les premières minutes de « La double vie de Véronique », Véronique la Française passe tout près de Weronika la Polonaise, sur une place de Cracovie, sans s’en rendre compte. Se croiser sans se voir, c’est un peu ce qu’ont fait Jérôme Berranger et Stéphanie Vincent pendant des mois à l’école d’architecture de Rennes. Cela aurait peut-être beaucoup amusé le réalisateur Krzysztof Kieslowski, dont ils aiment tous les deux l’œuvre. La suite encore plus, on l’imagine.
En cinquième année, Jérôme Berranger a demandé à bénéficier d’un échange avec la Pologne. Stéphanie Vincent voulait partir aussi. L’école lui a proposé la même destination, Varsovie, tout en lui demandant : « Vous connaissez Jérôme Berranger ? ». Pas du tout mais qu’importe. De cette année en Pologne, tous deux gardent le souvenir d’avoir « mangé du chou », évidemment, et surtout d’avoir passé « deux mois de travail acharné et dix mois de voyage ». Ils y ont découvert une autre façon d’habiter : « Nous avons été marqués par la pièce vide, dans les maisons, qui est réservée à la grand-mère quand elle vient passer l’hiver avec sa famille. Depuis, nous avons tendance à proposer des espaces ‘en plus’, que l’on peut s’approprier en fonction des événements ».

 

Première œuvre

 

L’aventure ne s’est en effet pas arrêtée là. Pour dire les choses simplement, Jérôme Berranger et Stéphanie Vincent, partis séparément, sont rentrés ensemble. Leur fils Hippolyte, qui a maintenant six ans, a comme deuxième prénom Natolin, « du nom du quartier où nous habitions ». Quant à l’agence qu’ils ont créée à Nantes après un crochet par le Maroc, elle s’appelle tout bonnement Berranger & Vincent Architectes. Ils ont commencé par plancher sur une grande maison pour la famille de Fanny, une des sœurs de Jérôme Berranger, à Montbert. C’était leur premier projet, leur « première œuvre ». Et cette longue bâtisse bardée de tôle, généreuse en espace autant qu’en lumière, leur a valu de décrocher le prix du même nom.
Encore un hasard ? « On s’est demandé si on cochait ou pas la case ‘Première œuvre’ dans notre dossier envoyé pour parution dans l’annuel AMC. On l’a fait en rigolant », racontent-ils. Ils se souviennent aussi de ce que leur a dit l’architecte Jean-Philippe Pargade quand ils sont venus chercher leur prix : « Vous allez voir, le premier bâtiment, c’est toujours le meilleur ». Eux se rappellent du luxe de temps qu’ils avaient eu pour le penser. Fanny leur reconnaît « d’être de très bons conseils. Ils savent cerner ce dont on a besoin en fonction de son mode de vie. Ensuite, ils font à leur idée ». Elle sourit encore à l’idée que sa maison, au départ, elle la voulait en bois. La construction en métal a apparemment, elle aussi, porté chance au duo d’architectes. Elle a été une formidable carte de visite. « Au début, les clients nous demandaient la même », remarquent Jérôme Berranger et Stéphanie Vincent.

 

Logements

 

Ils en ont refait des maisons en métal, comme la petite blanche qu’ils ont réalisée à Nantes. Puis d’autres maisons, suivies par des opérations de logements de plus grande envergure. La suite ne doit sans doute plus rien au hasard. Berranger et Vincent, en se faisant connaître, ont mis un pied sur le territoire débordant d’énergie de l’île de Nantes. Dans ce nouveau centre qui se développe selon les plans d’Alexandre Chemetoff, ils collaborent avec les Nantais Barré-Lambot, avec Périphériques et avec Brenac & Gonzalez. Les jeunes architectes – ils sont nés, lui en 1973, elle en 1974 – ont aussi remporté leur premier chantier en solo sur l’île. Ils vont construire 45 logements et un foyer d’accueil pour jeunes autistes. Fanny, elle, a bien envie qu’ils construisent sa nouvelle maison. Celle de Montbert a été vendue. A un architecte. Comme par hasard…

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