Point de vue
Regards croisés sur la presse d’architecture
Frédéric Lenne, directeur de la rédaction d’AMC et Gilles Davoine, rédacteur-en-chef d’AMC | 10/10/2011 | 13:48 | Profession
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Regards croisés sur la presse d’architecture
Au moment où AMC change, six architectes s’expriment sur les liens avec la presse d’architecture et ses évolutions numériques. En parallèle, Frédéric Lenne et Gilles Davoine, respectivement directeur de la rédaction et rédacteur-en-chef d’AMC, expliquent la nouvelle formule de la revue mensuelle d’architecture éditée par le groupe Moniteur.
Le dernier changement de formule d’AMC remonte à plus de 15 ans. Il nous a semblé que ce laps de temps était suffisant pour envisager de revisiter ses contenus éditoriaux et sa forme graphique. D’autant que des horizons nouveaux se dégagent.
En premier lieu, nous devons prendre en compte les nouveaux équilibres qui s’instaurent entre l’information consommée de plus en plus rapidement - voire en temps réel - et l’indispensable réflexion et mise en perspective dont il est impossible de faire l’économie dans l’univers professionnel. Le papier est pris de vitesse par des médias nouveaux qui offrent une réactivité quasi-instantanée mais qui n’apportent pas la profondeur d’un travail mené sur le temps long. En matière d’architecture, d’urbanisme, de paysage, de design, où l’apport de l’image est essentiel, il ne saurait être question d’abandonner le papier. Cependant, les atouts réciproques des vecteurs numériques et ceux de la galaxie Gutenberg justifient une cohabitation harmonieuse. C’est un des objectifs que nous assignons à cette nouvelle formule.
La deuxième direction correspond au statut de revue d’architecture leader en termes de diffusion qui est celui d’AMC en France depuis une bonne décennie. Le risque d’une telle position est un manque possible de remise en question que nous avons voulu combattre. Avec les lecteurs qui nous ont accompagnés dans l’élaboration de cette nouvelle formule, nous avons passé au crible chacune des rubriques. Les principales (Réalisations, Références, Détails, Matériauthèque), parce qu’elles correspondent à des attentes fortes et à notre identité, sont sorties préservées, voire renforcées dans la manière dont nous les traitons.
Enfin, la troisième motivation est celle des risques de dévoiements qui menacent aujourd’hui l’architecture, entre autres sous l’influence de la globalisation et des modes génériques de production qu’elle induit. L’architecture est « en danger », diront même certains. Nous avons donc fait le choix de livrer chaque mois un dossier qui fera le point sur une grande question d’actualité, ainsi que d’ouvrir plus largement AMC aux grands débats qui agitent la profession et la société. Ainsi, cette nouvelle formule d’AMC – initiales, ne l’oublions pas, des mots Architecture, Mouvement et Continuité – entend-elle rester fidèle à son appellation d’origine tout en s’inscrivant pleinement dans les préoccupations du temps présent. A vous, lecteurs, de juger et de nous faire part de vos critiques.
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