Point de vue

« Pour faire face à la demande de logement étudiant, il faut être réaliste »

Patrick Rubin, architecte | 10/10/2011 | 14:45 | Profession

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Patrick Rubin, architecte

Patrick Rubin, architecte et cofondateur de l’atelier d’architecture Canal, exprime son point de vue sur le logement étudiant dans un dossier spécial publié ce mois-ci dans la nouvelle formule d’AMC.

Il n’y a pas de logement étudiant, il y a du logement tout court. Mais avec l’application des normes handicapé à l’ensemble des programmes, le micro-logement jeune est devenu moins attractif. Sa superficie maximum restant bloquée à 18 m2 pour assurer un loyer raisonnable, il perd une partie de son espace de vie au profit de la salle d’eau. Avec ce déficit d’habitabilité, répond-il toujours à la même demande de la part des étudiants ? Pas sûr. Le succès de la studette simplifie la vie des gestionnaires de résidence. Il est plus contraignant pour eux de mutualiser la cuisine ou la salle d’eau entre deux ou trois étudiants, ce qui permettrait pourtant de regagner un peu de confort en réduisant les coûts. Dans les résidences universitaires du nord et de l’est de l’Europe, cette pratique est bien acceptée, mais en France il y a une réticence à partager les services chez nombre d’étudiants. Mais ce qui bloque avant tout, c’est le financement. Dans le privé, avec le principe de la loi Scellier, on ne peut pas acheter un bien avec une salle de bains utilisable par le voisin par exemple ; c’est fiscalement inconcevable. Pour faire face à la demande de logement étudiant, il faut être réaliste. Ce programme réclame déjà un mode constructif qui en optimise la flexibilité dans le temps. Or la meilleure façon pour l’architecte d’y répondre, c’est de pouvoir travailler le projet très en amont avec les entreprises qui le réaliseront. D’autre part, le tout PMR (personne à mobilité réduite) n’a pas de raison d’être dans le micro-logement jeune. Certes, le fait de mettre uniquement au rez-de-chaussée d’un immeuble les handicapés allait souvent de pair avec une économie d’ascenseur, ce qui leur interdisait d’aller voir des amis dans les étages. Mais il est envisageable de faire par niveau une seule chambre pour PMR, totalement adaptée, avec un lit supplémentaire, voire une baignoire en plus de la douche. C’est-à-dire mieux que la norme !

 

Autres points de vue et dossier complet à retrouver dans « AMC », n°209, octobre 2011, pp. 87-99.

 

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Patrick Rubin, architecte | Source AMC

 

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