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Batilux 2012 : Monaco, mornes normes…

Jacques-Franck Degioanni, envoyé spécial en Principauté de Monaco | 23/01/2012 | 11:03 | Profession

Agrandir la photo © Jacques-Franck Degioanni / Le Moniteur
Le débat sur les normes et les réglementations s’engage entre les architectes, à l’occasion du salon Batilux à Monaco, le 20 janvier 2012.

Les architectes réunis le 20 janvier en Principauté pour débattre des normes et réglementations ont quelque peu peiné à aller au-delà d’un simple « état des lieux »…

Normes et réglementations, carcan insupportable ou bien nécessaires règles du jeu architectural et urbain? Vaste sujet pour une table-ronde (rectangulaire, comme il se doit), qui rassemblait à Batilux ce 20 janvier à Monaco les briscards présents l’an passé (Jacques Ferrier, Bruno Rollet, Cyril Tretout, Francis Soler, Jean-Paul Viguier, Cesare Maria Casati, etc.) et quelques bizuts (Anne Démians, Jean-Philippe Pargade, Franck Hammoutène, Manuel Gausa). Sans oublier les grands absents, annoncés puis désannoncés : Rudy Ricciotti, Manuelle Gautrand, Dominique Perrault, Edouard François, Denis Valode, Nicolas Michelin, Marc Barani, Finn Geipel, etc.

 

« La bataille est-elle déjà perdue, s’interroge Manuel Gausa? La norme est morne, qui formalise et fige les choses. Elle n’est pas un objectif en soi. Elle doit être une règle du jeu et j’aime jouer! ». Constat analogue pour Anne Démians qui appelle de ses vœux, « contre l’assèchement créatif et l’absence de volonté politique », l’avènement d’une génération de « maires durables » qui sachent « résister à la pression électorale et au seul opportunisme ». Convoquant les mânes d’Haussmann, elle a rappelé la modernité de ce dernier pour qui « la règle servait l’idée ». La financiarisation rampante de l’architecture en proie au capitalisme prédateur a permis à Cesare Maria Casati de dénoncer « le poison pernicieux de l’idéologie financière » et « la primauté absolue du comment sur le combien » en rappelant que seuls les architectes détiennent, selon lui, les précieux « codes-sources de la créativité ».

 

Jacques Ferrier, de son côté, a plaidé pour un « art de la règle » figure duale des « règles de l’art ». « Les règles urbaines sont aujourd’hui figées. Il faut les envisager dans une approche organique où chaque objet urbain interagit avec les autres. Des règles précises mais vivantes ». Ce que Jean-Paul Viguier, résume, en un quasi aphorisme d’aïkidokarchitecte : « l’architecture doit être un art du mouvement et du déplacement ». Inspiré à son tour par l’Asie, Franck Hammoutène a rappelé qu’à Tôkyô « les normes en matière d’urbanisme sont encore plus touffues et complexes - car c’est possible - qu’en France, mais que la ville est vivante, riche et diverse… ». L’Orient compliqué n’a visiblement pas livré tous ses secrets… Quant à Cyril Tretout, il a porté la voix de Nicolas Michelin en décrivant « un urbanisme négocié, où les règles s’adaptent aux projets, et pas l’inverse ».

 

Mais le mot de la fin revient à Francis Soler qui, au-delà du constat dressé par les uns et les autres, s’est exclamé : « Putain, mais maintenant, qu’est-ce qu’on fait!? Qu’est-ce qu’on fait!? ». Evoquant son ami Christian Hauvette, présent l’an passé à cette même tribune - et décédé le 25 avril dernier - Francis Soler a relu la conclusion de leur intervention commune « Politiques! Vous qui avez fait pousser cette jungle inextricable, écoutez les architectes, ils sauront vous orienter! ». Le message n'a visiblement rien perdu de sa pertinence ni de son actualité.

Jacques-Franck Degioanni, envoyé spécial en Principauté de Monaco | Source LE MONITEUR HEBDO

 

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