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Décès de l’architecte François Deslaugiers

| 21/12/2009 | 12:57 | Profession

Agrandir la photo © Claude Lothier
Façade du centre régional des impôts de Nemours

L’architecte François Deslaugiers s’est éteint le 18 décembre à Marseille à l’âge de 75 ans, des suites d’un cancer. Il était l’auteur du centre régional des impôts de Nemours en 1981, un grand meccano de structures métalliques, de parois de verre et de plastique.

François Deslaugiers est né en 1934, à Alger, d'un père polytechnicien. Après une khâgne à Paris (lycées Janson-de-Sailly, puis Henri IV), il avait rompu avec sa famille et était entré à l'Ecole des beaux-arts en 1952, d'abord dans l'atelier extérieur de Guy Lagneau, puis en 1964 dans celui de Louis Arretche chez qui il travaillera après son diplôme, obtenu en 1966. François Deslaugiers avait développé une architecture d'une grande exigence constructive. Son œuvre la plus accomplie est sans doute le centre des impôts de Nemours (1981), un grand meccano de structures métalliques tramées, systématiques, poutres et poteaux blancs, panneaux et parois de verre et de plastique, qui ambitionnait de dépasser le modèle à l'époque tout récent du centre Georges-Pompidou, en cela que ce n'étaient plus seulement les espaces intérieurs qui étaient flexibles et transformables, mais l'ensemble de l'édifice, symboliquement dominé par un bras de grue. D'où un édifice sans forme a priori, un espace qu'il visait à "libérer". On lui doit aussi les gares du délicat funiculaire vitré de Montmartre (1991), les réserves du Musée des arts et métiers à Saint-Denis (1994), la nouvelle salle du théâtre d'Orléans (1994), et le nouveau Palais de justice de Nanterre (1996). Mais aussi les façades de la Grande Arche de La Défense, dessinées pour Johann Otto von Spreckelsen (1984) puis Paul Andreu (1987), ensuite les ascenseurs et le cratère de ce monument (1989). Et encore des aménagements au musée des Arts asiatiques de Nice, de Kenzo Tange (1998) et dans la chapelle du musée des Arts et métiers, réhabilité par Andrea Bruno (2000), un parcours en passerelle dans le cadre de la rénovation par Rudy Ricciotti de l'abbaye de Montmajour, près d'Arles (2000). Et puis des ouvrages d'art : le viaduc Le Corbusier à Lille, porté par trois arcs très débordants (1994), la passerelle des Bonnets rouges, sur la Villaine, à Rennes (1994) et plus tard celle qui franchit les voies ferrées de la gare de Lille Flandres (2002).

Une cérémonie d'hommage aura lieu mercredi 23 décembre 2009 à 10h30, sous la coupole du crématorium du Père-Lachaise.

Source : François Chaslin

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