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Les architectes métamorphosent Mulhouse

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Architecture

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Du jamais vu à Mulhouse : le 25 septembre à l’occasion du lancement des 13èmes Journées de l’architecture (JA) du Rhin supérieur, 1200 personnes ont assisté à la conférence de l’architecte Wang Shu, lauréat du prix Pritzker 2012.

Thème de l’édition 2013 du festival transfrontalier d’architecture, la métamorphose s’est accomplie dès son ouverture, le 25 septembre à Mulhouse : « Il y a un mois, les gravats couvraient l’essentiel de l’espace », s’émerveille Christiane Eckert, adjointe chargée de l’urbanisme, en parcourant le rez-de-chaussée du bâtiment 63 de l’ancien complexe industriel DMC, construit en 1913 et reconfiguré pour accueillir les conférences et expositions inaugurales.

Venus d’Allemagne, de Suisse et de France, y compris pour certains de Bordeaux ou Paris, les participants se sont imprégnés non seulement de pensées et d’images architecturales et urbaines, mais aussi de la joie contagieuse qui accompagne les mobilisations bénévoles. Composé de sept jeunes diplômés de l’Insa de Strasbourg établis à Paris, l’ Atelier artisanal » a consacré trois mois à la conception et à la réalisation de la scénographie des 3000 m2 ouverts pour la première fois au public à l’occasion des journées. « Nous avons utilisé les matériaux de récup trouvés dans les étages », témoigne l’un deux.

 

240 évènements

 

30 entreprises de la région mulhousienne – et principalement du secteur du bâtiment – ont répondu aux demandes de la maison européenne de l’architecture du Rhin supérieur (MEA), organisatrice du festival qui se décline dans 240 événements, jusqu’au 7 novembre entre Mulhouse et Karlsruhe. « Une soixantaine de bénévoles se sont mobilisées pour les journées inaugurales », se félicite Nathalie Haas, architecte colmarienne de 29 ans et présidente, depuis l’été dernier, de l’association pilotée par les instances ordinales des architectes alsaciens et badois, auxquels se joindront prochainement leur homologue du nord-ouest de la Suisse.

A l’échelle du territoire franco-germano-suisse centré sur Bâle, la principale métamorphose urbaine programmée dans les 20 prochaines années portera l’empreinte de l’architecte néerlandais Winny Maas : le 27 septembre, le fondateur de l’agence MVRVD est venu partager son optimisme, nourri par des productions semées dans le monde entier, depuis son village natal de Hollande jusqu’à Djakarta, en passant par Paris et Bordeaux. Déterminé à mettre cette expérience mondiale au service du projet urbain 3Land, centré sur le Rhin et développé dans les communes suisse, allemande et française de Bâle, Weil-am-Rhein et Huningue, Winny Maas se dit frappé par la mécanique psychologique de l’urbanisme trinational : « La richesse bâloise intimide les autres »…

 

Métamorphose mentale

 

Ni Suisse, ni Allemand, ni Français, l’auteur du schéma directeur profite d’une présomption de neutralité pour balayer les obstacles et prendre son projet avec légèreté, comme un jeu consistant à « construire quatre ponts pour changer trois pays ». Plus sérieux, il interroge les Alsaciens : « L’axe Amsterdam Francfort Bâle structure un développement majeur pour l’Europe. Cela concernera aussi Mulhouse, après Huningue. En avez-vous assez conscience ?» Le doute n’interdit pas l’espoir : les trois communes ont désigné les urbanistes qui interpréteront le schéma de MVRDV sur leur territoire – dont Odile Decq pour Huningue – et les trois pays ont engagé les négociations sur la construction du premier des quatre ponts sur le Rhin. L’intégration de 3Land dans la programmation trinationale d’IBA Basel 2020 contribue à stimuler les maîtres d’ouvrage locaux.

Egalement inclus dans la démonstration architecturale trinationale coordonnée à Bâle jusqu’en 2020, le site DMC offre un autre signe réconfortant : sans attendre les opérations que prépare la Société d’équipement de la région mulhousienne (Serm), sous la maitrise d’œuvre de l’agence Reichen & Robert, l’art investit les lieux, pas seulement à travers l’architecture. En même temps que les JA, la mise en location du bâtiment 75, au profit d’artistes emmenés par le designer suisse Mischa Schaub, contribue à « une appropriation immédiate de 5000 m2 de bâtiment industriels bruts, métamorphosés en espace festif », se réjouit Stephan Muzika, directeur de la Serm. Sans doute la plus belle réussite de l’ouverture des JA 2013 réside-t-elle dans sa contribution à une métamorphose mentale résumée en ces termes par l’architecte mulhousien Jean-Marc Lesage, vice-président de la MEA chargé des événements inauguraux : « Nous avons réussi à sensibiliser l’homme de la rue à l’architecture ».

 

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