Actualité

L’architecture durable vue d’Europe, d’Asie et des Amériques

Milena Chessa | 07/05/2013 | 16:09 | Profession

Agrandir la photo © Milena Chessa / Le Moniteur.fr
Global Award for Sustainable Architecture 2013

Les équipes lauréates du Global Award for Sustainable Architecture 2013 réunies autour d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, Jana Revedin, présidente de Locus Foundation et de Guy Amsellem, président de la Cité de l’architecture et du patrimoine, le 6 mai 2013 à Paris, palais de Chaillot.

Cinq agences d’architecture venues de près – Belgique, Portugal – et de loin – Etats-Unis, Equateur, Malaisie – ont reçu le 6 mai à Paris le Global Award for Sustainable Architecture 2013. L’occasion de donner leurs visions d’un monde où homme et nature cohabitent.

Remis chaque année depuis 2007 par The Locus Fund, le Global Award for Sustainable Architecture récompense des architectes de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud qui « défendent le vivre ensemble » selon la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, venue remettre le prix aux lauréats 2013, à l’issue d’un symposium organisé le 6 mai à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris (*). Un comité scientifique international a sélectionné cinq équipes originaires de Belgique, du Portugal, des Etats-Unis, d’Equateur et de Malaisie (portraits et portfolios à consulter ici).

 

Solutions ancestrales

 

Premier à intervenir, le Portugais José Paulo dos Santos, donnait sa définition de l’architecture durable comme étant du « bon sens ». Dans ses bâtiments soumis au climat méditerranéen, l’architecte privilégie le confort thermique passif grâce à la création de patios ombragés ou à l’insertion de volumes à flanc de colline.

Démarche similaire dans l’Etat du Texas pour les Américains David Lake et Ted Flato qui implantent leurs édifices en fonction de l’orientation du soleil et du sens des vents pour tantôt s’en protéger, tantôt en profiter selon les saisons. Les architectes s’inspirent de « solutions ancestrales », « vernaculaires », pour s’inscrire dans des paysages humides ou arides, plats ou montagneux, désertiques ou habités. Pour minimiser leur empreinte écologique, ils n’hésitent pas à réutiliser des bâtiments abandonnés (ancienne brasserie) et recycler des matériaux encore bons pour le service (anciens oléoducs).

 

Equilibre entre nature et habitat

 

Le Malais Kevin Low va encore plus loin en créant « une architecture où la nature peut reprendre ses droits ». Arbres et mousses poussent alors sur des terrains favorables tels que treilles métalliques ou revêtements extérieurs en brique. Il faut dire qu’en Malaisie, la végétation locale profite d’une humidité présente toute l’année.

Sous d’autres latitudes, les Belges de l’agence bruxelloise MDW Architecture essayent aussi de « trouver un juste équilibre entre nature et habitat », dans un pays recouvert par les « villes diffuses ». Pour ces « architectes ascendants urbanistes », il faut « rendre la ville à nouveau désirable », notamment par sa « densité de vides ». Côté bâtiment, l’équipe revendique des « choix écologiques de matériaux et non des choix de matériaux écologiques », clamant qu’il y a plus « besoin de réponses intelligentes que de normes ».

 

Ressources naturelles et humaines

 

La plus jeune équipe primée par le Global Award 2013, l’agence Al Borde Arquitectos, a prouvé dans son discours et ses actes que la sagesse n’attend pas le nombre des années. Flirtant avec la trentaine, les Equatoriens David Barragán, Pascual Gangotena, Marialuisa Borja et Esteban Benavides disent qu’ils « sont nés, ont grandi et vivent en temps de crise ». Plutôt que de « se plaindre », ils tentent de « trouver des solutions certifiés "bon sens" », espérant que cette reconnaissance internationale ne les « détournera pas de leurs futures erreurs ».

Les architectes racontent qu’en 2009 un professeur souhaitait construire une école pour un village situé en bord de mer avec un budget de 200 dollars. « Ce prix était celui d’un seul nœud d’assemblage métallique, expliquent-ils. Mais nous avons découvert que ce qui comptait n’était pas l’argent, mais les ressources (naturelles et humaines). » Au lieu de pièces manufacturées, les concepteurs ont utilisé des lanières en cuir de buffle pour assembler les troncs en bois de la charpente. Et pour la main d’œuvre ? Des « volontaires ». Ce chantier, déconnecté de leur apprentissage en école d’architecture où les professeurs parlaient de « forme » et d’« esthétique », leur a appris cette leçon : « L’architecture, ce ne sont pas des images virtuelles mais des gens réels. »

Agrandir la photo © Milena Chessa / Le Moniteur.fr
Exposition des lauréats 2012 du Global Award for Sustainable Architecture, dont le Français Philippe Madec, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, du 6 mai au 1er juillet 2013.

Milena Chessa | Source LE MONITEUR.FR

(*) A noter également l’exposition des lauréats 2012 du Global Award for Sustainable Architecture, dont le Français Philippe Madec (lire notre article), à la Cité de l’architecture et du patrimoine, du 6 mai au 1er juillet 2013.

 

VOUS SOUHAITEZ REAGIR