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Artisanat du bâtiment : coup de froid sur la reprise de l’activité au 3e trimestre

AP | 18/10/2011 | 14:55 | Conjoncture

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Patrick Liébus, Président de la Capeb

Seulement +1,5 %pour le volume d’activité au 3e trimestre 2011 : la Capeb a décidé de revoir ses prévisions pour 2011 à la baisse et ramène son taux de croissance à +2,2 % contre +2,9 % initialement envisagé.

La reprise de l’activité des artisans du bâtiment, pourtant bien amorcée au second trismestre avec une hausse de +2,5 %, s’est grippée durant la période estivale. L’activité a en effet progressé de seulement +1,5 %. Cet enlisement de la croissance "contraint la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment  à revoir sa prévision de croissance annuelle à la baisse : +2,2 % contre +2,9 % annoncé le trimestre précédent", a annoncé mardi 18 octobre la Capeb dans un communiqué.

Les perspectives pour 2012 s’en retrouvent  donc fortement impactées. La Capeb envisage "au mieux une croissance de +1 % avec des évolutions erratiques d’un trimestre à l’autre". Elle avertit enfin qu’un nouveau repli de l’activité n’est pas à écarter mais estime qu’un pronostic plus précis est difficile à ce jour, en raison d’un voile d’incertitudes qui masque l’horizon.

Patrick Liébus, président de la Capeb : « Je ne suis pas météorologue mais je peux dire que l’été fût maussade et que les gelées hivernales seront précoces. La croissance a déjà pris un coup de froid et les commandes de travaux d’entretien-amélioration des logements sont en train de ralentir. Nos 380 000 entreprises artisanales qui sortent d’une période de crise craignent désormais une rechute et des saignées à répétition. Les annonces homéopathiques du gouvernement pour rassurer le secteur ne suffisent plus. J’ose espérer que l’adoption de la loi de finances sera aussi un soutien à la croissance. »

 

L'entretien-amélioration souffre

La légère croissance de ce semestre est soutenue par le segment de la construction neuve avec une activité qui reste stable pour le 3e trimestre consécutif à +3 %. Néanmoins, les données sur les mois de juin, juillet, août font ressortir une baisse de 7,5 % des permis de construire de logements individuels purs.

Le segment de l’entretien-amélioration, qui avait déjà connu une croissance moindre depuis le début de l’année, a été divisé par deux (+1%). La Capeb explique ce ralentissement de l’activité "pour partie par la frilosité des ménages à engager des travaux de rénovation de leur logement face, notamment, à une fiscalité « verte » versatile et peu attractive".

Pour Patrick Liébus, « un tel contexte de crise financière conjugué à une crise économique incite les particuliers à la plus grande prudence. Ce comportement des ménages s’est traduit par une croissance en rénovation de 1 % au 3e trimestre contre 2 % au second. Si le cumul de l’Eco-PTZ et du crédit d’impôt est plutôt une bonne nouvelle, il est impératif d’augmenter à au moins 40 000 euros le plafond de ressources proposé aujourd’hui à 30 000, sauf à casser totalement la dynamique actuelle. D’autant que nous notons ce trimestre un ralentissement du marché de la rénovation énergétique. »

 

Un assèchement des crédits et une trésorerie qui se dégrade à nouveau

22 % des entreprises ont déclaré connaître une dégradation de la situation de leur trésorerie tandis que seulement 16 % ont fait état d’une amélioration. Alors qu’au 2e trimestre le solde d’opinion redevenait positif pour la première fois depuis 2008, il rebascule dans le rouge ce trimestre. A cela s’ajoute des carnets de commande qui se remplissent plus difficilement qu’au trimestre précédent.

Patrick Liébus n'en démord pas : « Le financement de l’économie française passe par le soutien aux TPE et aux PME du bâtiment qui maintiennent en France des emplois non délocalisables. J’aimerais que le gouvernement accorde autant d’importance aux inquiétudes de Dupond & Co qu’à la parole de Standard and Poor’s. »

FOCUS

Desc orps de métiers impactés différemment

Des écarts d’évolution entre les différents corps de métiers sont à noter au 3e trimestre. D’un côté les couvreurs-plombiers-chauffagistes et menuisiers-serruriers voient leur rythme d’activité s’accélérer légèrement (respectivement +2,5 % et + 2 %). De l’autre, la croissance est toujours au rendez-vous pour les électriciens (+1,5 %) et les maçons (+1 %) mais elle est plus contenue qu’au trimestre précédent. Enfin, les spécialistes de l’aménagement-décoration-plâtrerie déplorent quant à eux une augmentation d’activité très limitée (+1 %).

AP | Source LE MONITEUR.FR