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FFB, mises en chantier, éco-PTZ….Zoom sur les indicateurs de la construction
| 02/04/2010 | 15:34 | Conjoncture
La FFB préoccupée par les dernières tendances de la construction, une légère remontée des prix des travaux d’entretien des logements, 100.000 éco-prêts à taux zéro distribués, l’intérim …. La semaine qui s’ouvre permettra de connaître l’analyse de la Capeb sur la conjoncture.
La FFB préoccupée par la conjoncture
Si elle maintient officiellement à - 3% sa prévision d'activité pour 2010, la Fédération française du bâtiment (FFB) s'est montrée préoccupée par la conjoncture. Les chiffres de la construction de ces trois derniers mois ont fait l'effet d'une douche froide : dans le non-résidentiel, les mises en chantier correspondent à un rythme annuel de 18,5 millions de m2, le plus bas depuis l'origine de la série (1986) et avec 278.500 logements toujours en rythme annuel, « nous nous approchons dangereusement du point bas historique de 1993 », analyse son président, Didier Ridoret. Autre facteur d'inquiétude, la baisse concomitante des permis accordés : - 16% pour le non-résidentiel et - 1% dans le logement.
La fédération s'interroge donc sur la réalité de ces chiffres : sont-ils impactés par les aléas statistiques de ces derniers mois ou par les intempéries ? Elle attend les prochaines données pour se faire une religion.
Sa préoccupation est nourrie par les résultats moins bons que prévu du marché de l'entretien-rénovation, qui représente la moitié de son chiffre d'affaires. Là aussi, le résultat du dernier trimestre 2009 a été moins bon qu'escompté portant à - 2,5% en volume sur l'année. La FFB l'explique par la chute de la maintenance dans l'industrie, une chute de la mobilité des ménages (tout déménagement induit des travaux) et à une moindre appétence des ménages, inquiets de la crise, pour se lancer dans des travaux. Et ce, malgré la signature du cent millième éco-prêt à taux zéro.
Les entreprises, qui ont supprimé 50.400 emplois entre les 31 décembre 2008 et 2009, devraient en détruire encore 25 à 30.000 cette année. Le plan de relance a permis, selon la FFB, de sauvegarder 30.000 postes en 2009 et 25.000 en 2010 car sans lui, la baisse d'activité aurait été de 10% en 2009 et serait de 5% en 2010.
Commentaire : Inquiète de la dégradation de la trésorerie des entreprises, la FFB fait 7 propositions pour préserver l'emploi : maintenir le doublement du prêts à 0% jusqu'à la fin 2010 « a minima » ; pérenniser au-delà de 2010 un soutien à l'accession sociale du type Pass foncier ; « préserver » le Scellier « tant que le secteur ne connait pas de réelle reprise » ; accélérer le lancement des opérations financées par le Grand emprunt ; garantir le maintien du taux réduit de TVA sur les travaux dans les logements au-delà du 31 décembre prochain ; débloquer une « palulos verte » dans le Grand emprunt pour la rénovation thermique des HLM de la classe D ;'aller plus loin dans la majoration des COS (coefficients d'occupation des sols). Par ailleurs, une concertation va être organisée avec le cabinet d'Hervé Novelli sur l'impact de la réforme des délais de paiement.
Entretien-amélioration : remontée de l'indice des prix au T4 2009
La hausse de l'indice des prix des travaux d'entretien-amélioration des logements (IPEA), qui était de 0,2% pendant trois trimestres consécutifs, s'est accélérée au quatrième trimestre 2009 à + 0,4% par rapport au T3 2009. Dans le même temps, le BT50 - l'index des coûts correspondant - a progressé plus vite : + 0,9% après + 0,2% au trimestre précédent.
En glissement annuel, il progresse de 1% et le BT 50 de 1,1%.
Cinq familles de travaux ont des hausses plus fortes : la plomberie-sanitaire (+ 1,1%), le génie climatique (+ 0,9%), l'électricité (+ 0,9%), la menuiserie métallique-serrurerie (+ 0,8%) et la couverture-zinguerie (+ 0,5%). Les trois premières expliquent à elles seules les ¾ de la progression de l'IPEA. Seule la plâtrerie voit ses prix baisser (- 0,1%) et ce, pour le cinquième trimestre consécutif).
Construction : l'intérim mi figue-mi raisin au T4 2009
La hausse du nombre d'intérimaires dans la construction, qui s'était manifestée au troisième trimestre 2009 (+ 2,7%, soit + 2900), s'est ralentie au quatrième (+ 1,2%, soit + 1300 postes), selon la Dares. Elle en dénombre 112.500, soit 7,3% de l'ensemble des salariés du secteur.
Toutefois, en équivalents-emplois à temps plein, la tendance s'est inversée : après un léger rebond au troisième trimestre (+ 3,3%), le volume de travail temporaire s'est replié au cours du quatrième trimestre : - 2,8%.
La construction reste très déprimée dans le non-résidentiel
Les mises en chantier de locaux non résidentiels ont reculé de 34,7% au cours des trois mois terminés en février comparés à la même période de 2009 où elles étaient déjà très déprimées. Les autorisations de construire - qui peuvent être considérées comme un indicateur avancé - sont, elles, en retrait de 27,6% sur le trimestre.
Les bureaux, les commerces et l'industrie sont particulièrement touchés avec des chutes de 42,4%, 25,8% et 63,3% respectivement pour les mises en chantier et de 39,9%, 33,6% et 34,2% pour les autorisations de construire.
Commentaire : Avec 22,3 millions de m2 mis en chantier en 2009, le non-résidentiel « s'approche de son plancher de 1997 », analyse la FFB dans sa note de conjoncture avant d'ajouter qu' « en données mensuelles, ce plancher est même enfoncé ». « On observe un réel décrochage depuis fin 2009 », ajoutent les économistes de la fédération. « Compte tenu du faible volume des autorisations et de la poursuite de leur dégradation, il n'y a guère d'espoir que la situation se redresse d'ici la fin de l'année ».
Logement : mauvais chiffres
La remontée des ventes des promoteurs tarde à se concrétiser par des ouvertures de travaux : au cours des trois mois terminés en février, les mises en chantier de logements ont reculé de 12,8% (dont - 8,5% dans le collectif) et les autorisations de construire de 9,3% (dont - 26,9% pour le collectif) par rapport aux trois mois de l'année précédente, eux-mêmes très mauvais.
Sur douze mois, on dénombre 323.528 logements mis en chantier (- 17,3%) et 386.691 logements autorisés (- 18,6%).
Commentaire : « Sur les trois derniers mois, un net recul apparaît », analyse encore la FFB dans sa note de conjoncture. « Sauf aléas statistiques, une nouvelle rupture semble se dessiner fin 2009 sans que l'on puisse à ce stade en caractériser ni la durée ni la profondeur »
Rénovation thermique : 100.000 éco-prêts à taux zéro distribués
Selon le ministère de l'Ecologie, on dénombrait fin mars 100.000 éco-prêts à taux zéro, d'un montant moyen de 16.500 euros : 14.300 euros pour les bouquets de deux actions, 23.200 euros pour trois actions (27% des cas) et 19.000 euros pour la performance énergétique.
La majorité des travaux ont été entrepris par les propriétaires occupants et dans des maisons individuelles. Les bouquets les plus prisés combinent le remplacement des fenêtres avec l'amélioration du système de chauffage ou de production d'eau chaude (27% des bouquets de 2 actions), l'isolation de la toiture (22%) et l'incorporation d'énergies renouvelables pour le chauffage (13%). Plus de 70% des éco-prêts financent le remplacement des fenêtres et l'isolation de la toiture est mise en œuvre dans près de 50% des opérations. L'isolation des murs est principalement mise en œuvre dans les bouquets de 3 actions et plus.
Géographiquement, l'éco-PTZ connait un succès important dans les Pays-de-la-Loire (10,5%), la Bretagne (9,5%) et Rhône-Alpes (9,6%).
Compte tenu des 35.000 éco-prêts « logement social », destinées à la remise à niveau des logements sociaux, le ministère estime au total à 3 milliards d'euros les travaux de rénovation thermique programmés en quelques mois et à 40.000 le nombre d'emplois « mobilisés ».
L'indicateur de la semaine
- 0,6%
La baisse en janvier du chiffre d'affaires de la construction. Il est quasiment stable sur les trois derniers mois (- 0,1% au cours des trois derniers mois rapportés aux trois mois précédents)