Actualité

Artisanat, BBC-Effinergie, commerce… zoom sur les indicateurs de la construction

Françoise Vaysse | 16/10/2009 | 10:29 | Conjoncture

Agrandir la photo
© Wordle

On attendait cette semaine l’analyse du président de la Capeb, Jean Lardin : il s’est montré pessimiste sur la situation des artisans du bâtiment. Pourtant Altares note un ralentissement de la hausse des défaillances d’entreprises au troisième trimestre. En amont de la filière, l’acier et les métaux reprennent du poil de la bête sur les marchés internationaux

Bâtiment : les artisans broient du noir

"La situation se tend, d'autant que nous n'avons aucune visibilité sur l'année 2010. On parlait en juin dernier de frémissement, certains même de reprise, aujourd'hui nous en sommes loin. L'épargne de précaution phagocyte la capacité des ménages à investir dans des travaux et la hausse du chômage n'ouvre pas de perspectives d'activité" : Jean Lardin, qui préside pour quelques mois encore la Capeb, ne se montrait guère optimiste cette semaine sur la situation des artisans du bâtiment.
Les mauvais résultats du troisième trimestre 2009 (- 6% en volume par rapport aux trois mêmes mois de 2008) conduisent d'ailleurs la confédération à réviser à la baisse ses prévisions pour l'ensemble de 2009 : le recul serait de - 5,4% en volume se ventilant entre - 8,6% dans le neuf et - 2,8% dans la rénovation. 6 à 10 000 emplois salariés vont être perdus, alors que le secteur a encore un besoin de main d'œuvre estimé à 11.000 personnes.
La déception vient de l'entretien-rénovation qui tarde à sentir les effet de l'éco-PTZ : il accentue sa baisse, à - 3% et est négatif pour le quatrième trimestre consécutif. Toutes les professions sont touchées : les maçons, qui subissent pour la première fois depuis 1999 une baisse du prix de leurs travaux (- 0,1% au T2 en annuel brut), sont ceux qui voient leur chiffre d'affaires baisser le plus (- 8%), suivis par les couvreurs-plombiers-chauffagistes et les menuisiers-serruriers (- 7% après - 5% le trimestre précédent). Seul l'aménagement-décoration-plâtrerie résiste un peu avec un recul d'activité de l'ordre de 2% en volume.

Commentaire : Face à cette situation, Jean Lardin "demande au gouvernement de ne pas oublier la construction dans le grand emprunt". Certes, les grandes entreprises risquent d'en profiter plus que les artisans. Mais, cela leur évitera de venir chasser sur les terres des petites entreprises, comme elles le font actuellement, explique-t-il en substance.

Matériaux : cours en baisse sauf le zinc

Entre août 2008 et août 2009, les cours des principaux métaux utilisés dans la construction ont baissé de 27% pour l'aluminium et de 15% pour le cuivre. Pour le zinc, ils sont en hausse de 11%. (Source : Capeb).

Défaillances : ralentissement de la hausse dans le bâtiment au troisième trimestre

Selon Altares, la hausse des défaillances d'entreprises s'est ralentie au troisième trimestre dans le bâtiment : + 14% sur trois mois après + 20% au T2 et + 24% au premier semestre. Sur 9 mois, la progression ressort à + 19%. Au cours du trimestre écoulé, 3255 entreprises ont encore été défaillantes, soit 1085 par mois en moyenne.

Le ralentissement est sensible aussi dans l'immobilier : + 10% au T3 mais + 50% sur 9 mois. Mais Altarès note que "les tendances sont encore fortes sur la construction de bâtiments autres que des maisons individuelles (+ 32%) ou des travaux d'installations d'équipements thermiques et de climatisation (+ 22%)".
Dans la promotion immobilière de logements, le taux reste à + 68% tandis que les agences immobilières retombent à + 4% après des mois très difficiles (+ 62% sur 9 mois).
Par ailleurs, Altares note que l'explosion des procédures de sauvegarde, qui se confirme dans tous les secteurs, touche aussi le bâtiment : + 157,1% au T3... mais aussi impressionnant soit-il cet accroissement ne concerne qu'un tout petit nombre d'entreprises : 36 au T3.

BBC-Effinergie : premier labels

Un immeuble tertiaire (le siège de l'Ademe à Angers), 4 immeubles de logements collectifs et 103 maisons individuelles ont déjà été labellisés BBC-Effinergie. Et une cinquantaine d'immeubles tertiaires, 612 immeubles collectifs et 2.500 maisons individuelles sont mises en chantier, a indiqué le 14 octobre Jean-Jack Queyranne, président d'Effinergie lors des Rencontres de la Performance Energétique organisées par l'Ademe et le groupe Moniteur.

Notaires : 4000 postes supprimés en 8 mois

Selon les syndicats CFDT, CGT et CGC, 4.161 postes ont été supprimés parmi les employés et les clers de notaires au cours des 8 premiers mois de 2009. Les effectifs ont ainsi été ramenés de 50.721 à 45.157.

Focus : Le commerce en centre ville

Dans une étude, CBRE dénombre 398.036 commerces en France métropolitaine, dont 70.423 en Ile-de-France (dont 29.979 à Paris intra-muros). Ce qui signifie que Paris abrite 43% des commerces d'Ile-de-France et 8% des commerces de métropole.
En métropole, 273.224 commerces sont non alimentaires et 124.812 alimentaires. On dénombre donc 4 commerces non alimentaires pour 1.000 habitants en France et en Ile-de-France, chiffre qui grimpe à 11 à Paris intra-muros. La densité de commerces alimentaires est de 2 en France et en Ile-de-France et de 3 à Paris. Avec ses 2 millions d'habitants, la capitale ne compte que 5 hypermarchés.
25 enseignes se partagent plus de 60% des m2 de grandes et moyennes surfaces de la capitale. Avec près 95.000 m2, Monoprix occupe la plus grande surface de vente, suivi par Franprix (71.000 m2), le Printemps (près de 60.000m2) et les Galeries Lafayette (près de 58.000 m2 auxquels s'ajoutent 17.000 m2 de Lafayette Maison). La Fnac vient ensuite (39.500 m2). Si les grands leaders du commerce parisien sont en majorité français, l'équipement de la personne est dominé par les enseignes étrangères (Zara, C&A, H&M...). Franprix (116), Ed (97) et Monoprix (54) sont les détaillants ayant le plus de points de vente dans la capitale.

L'indicateur international de la semaine qu'il faut connaître

- 8,6%

A 1,104 milliard de tonnes, la consommation mondiale d'acier devrait baisser en 2009 dans des proportions moins importantes que redouté au printemps. En 2010, elle devrait retrouver son niveau d'avant crise grâce à la Chine, selon la World Steel Association.
La France, dont la production chutait de 35% pendant l'été, s'est repliée de 15,3% en septembre.

Parole de décideur

"La crainte d'une chute libre des prix est passée. Clairement, dans l'univers des métaux, l'optimisme revient. Les opérateurs considèrent que les conditions de marché permettent désormais de développer leurs activités (...) la demande est plus que jamais tirée par la Chine. Les achats de ce pays n'ont pas été affectés longtemps par la crise dans les pays développés".
Martin Abbott, directeur exécutif du London Metal Exchange (LME) aux Echos, le 14 octobre 2009

 

Françoise Vaysse | Source LE MONITEUR.FR