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La construction devrait perdre près de 50.000 emplois en 2009
J-Ph D | 17/06/2009 | 21:45 | Conjoncture
Malgré les mesures du Grenelle de l’Environnement et du plan de relance, le secteur du bâtiment devrait voir son activité baisser cette année, selon des prévisions présentées par le ministère de l’Ecologie. Pour la première fois depuis 1997, le secteur devrait perdre 47.000 emplois cette année.
Ces dernières années, le bâtiment a toujours été un moteur puissant de l'économie française. Un chiffre parle de lui-même : 350.000 emplois créés en 11 ans. Mais, à l'image du reste de l'économie, le secteur s'enfonce dans la crise. Après un fléchissement de l'activité de 2,3% en 2008, le ministère prévoit une baisse d'activité de -4,6%, dans l'hypothèse d'une contraction de 3% du produit intérieur brut. Le ministère estime que dans l'hypothèse la plus optimiste la baisse d'activité pourrait n'être que de 3,5%. Dans l'hypothèse la plus pessimiste, elle serait de 5,7%.
Cette baisse brutale de l'activité va se ressentir nettement sur l'emploi. Si, en 2008, le bâtiment avait encore créé 13.000 postes permanents en 2008, il devrait en détruire 29.500 cette année. L'intérim, déjà en baisse de 7.000 postes l'an dernier, reculerait encore de 17.500. Au total, la construction perdrait ainsi 47.000 postes, soit 3%, après onze années consécutives de croissance de l'emploi.
En volume, la baisse d'activité serait de l'ordre de 4,5% cette année, après -2% en 2008, et de 4,7% dans les travaux publics après -3,4%. Les secteurs les plus touchés sont la construction de bâtiments neufs (-9% en volume d'activité pour 2009) et, dans une moindre mesure, les travaux publics (-4,7%). Les activités d'entretien et d'amélioration des bâtiments résistent mieux (-0,8% en 2009), mais ne suffisent plus à compenser pleinement la baisse d'activité des autres marchés.
Ces prévisions intègrent les mesures de relance et du Grenelle de l'Environnement mais le ministère s'est dit dans l'impossibilité de chiffrer, pour le moment, leurs effets aussi bien pour 2009 que pour 2010.
Selon le ministère, la mise en oeuvre du Grenelle de l'Environnement représente un investissement total de 440 milliards d'euros sur la période 2009-2020, dont plus de 300 milliards pour le secteur de la construction répartis entre le bâtiment (205 milliards) et les infrastructures de transport (97 milliards), souligne le ministère.
Les mesures du plan de relance viennent s'ajouter à ce chantier de long terme. Elles comportent un important volet de travaux publics, avec le développement d'infrastructures ferroviaires, fluviales ou portuaires, mais concernent aussi le bâtiment qui devrait également être soutenu par des mesures fiscales pour l'accession sociale à la propriété ou l'aide à l'investissement (dispositif Scellier).