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Dominique Perben : « L’Afitf doit montrer ce qu’elle est capable de faire pour devenir un interlocuteur valable »
Propos recueillis par Laurence Francqueville | 28/06/2011 | 11:43 | Transport et infrastructures
Dominique Perben, nouveau président de l'Agence de financement des infrastructures de transport (Afitf)
L’Agence de financement des infrastructures de transport (Afitf) a tenu le 23 juin son premier conseil d’administration sous présidence de Dominique Perben, nommé le 17 mai dernier. L’occasion pour ce dernier de préciser au Moniteur sa manière de voir les choses.
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Dans quel état d'esprit prenez-vous la tête de l'agence?
La situation des finances publiques est difficile et je sais que l'agence a été critiquée par la Cour des comptes. L'Afitf est certes une agence de financement mais elle n'est qu'une agence de financement. Et je la vois comme telle. Mais il y a des axes d’amélioration possibles. Je pense à quelques-unes des pistes évoquées dans le rapport de Claude Gressier en mai 2009 et qui n'ont été que partiellement reprises.
Quelles pistes d'évolution allez-vous explorer?
Je vois essentiellement trois axes de travail, comme je l'ai expliqué lors de mes auditions devant le Parlement. Premièrement, sans dépasser le cadre d'intervention qui est le sien, je souhaite qu’elle ait un rôle plus important dans le dialogue entre l'Etat et les collectivités locales qui participent au financement des grandes infrastructures. L’idée d'élargir la gouvernance de l'agence aux présidents de régions et aux usagers n’a finalement pas été retenue. C’est dommage. Cela étant dit, cela ne nous empêche pas de discuter avec eux de manière informelle. Deuxièmement, je pense que l'agence peut faciliter les échanges sur l'évaluation des projets et la définition des priorités. Je suis en effet frappé par le contenu du Snit (Schéma national des infrastructures de transport), en particulier de l'absence de priorisation entre les projets et de la répartition des efforts entre le fer et la route.
Concrètement, que peut faire l'Afitf dans ce domaine?
Elle ne peut pas devenir un nouveau service d'évaluation et n'en a de toute façon pas les moyens. En revanche, elle peut relire les évaluations existantes, en demander d'autres si nécessaire. C'est peut-être plus facile à faire en un lieu de dialogue neutre et collégial.
Vous souhaitez également approfondir la question des modes de financement des projets?
Oui et c'est le troisième axe d'action que je me suis fixé. D’importants progrès ont été faits en matière de partenariats public-privé (PPP). Mais aller voir ce qu'ont fait d'autres pays comme la Grande-Bretagne fait partie des investigations que je compte mener pour approfondir notre réflexion. Là aussi, j'ai senti un vrai intérêt des parlementaires sur ce point.
Cela peut-il modifier les prérogatives de l'agence?
Non je ne crois pas. Du moins pour l'instant. Il nous faut avancer et montrer ce que nous sommes capables de faire avant de devenir un interlocuteur valable. Il ne s'agit pas de mélanger les responsabilités. Notre travail ne peut qu'aider l'exécutif, qui doit parfois concilier des points de vue difficilement conciliables.