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Infrastructures de transport : le gouvernement donne la priorité au rail

Avec AFP | 13/07/2010 | 16:37 | Transport et infrastructures

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Terrassements sur la future LGV de Devecey à Besançon (25)

Selon l’avant-projet du nouveau Schéma national des infrastructures de transport (Snit) commandé par le gouvernement, près de 170 milliards d’euros doivent être investis dans les 20 à 30 ans à venir dans les infrastructures de transport, dont 90% dans des modes alternatifs à la route et l’aérien, avec une priorité au rail.

Le gouvernement estime que près de 170 milliards d'euros doivent être investis dans les 20 à 30 ans à venir dans les infrastructures de transport, dont 90% dans des modes alternatifs à la route et l'aérien, avec une priorité au rail, dans un document obtenu lundi par l'AFP.

Cette estimation figure dans l'avant-projet du nouveau Schéma national des infrastructures de transport (Snit), finalisé vendredi par le ministère de l'Ecologie et que l'AFP s'est procuré. Ce document, qui définit la politique dans le domaine des transports sur les deux à trois prochaines décennies, était attendu depuis la fin 2009.
Il s'agit d'une application de la première loi d'orientation du Grenelle de l'environnement (dite Grenelle 1) votée à l'été 2009, qui fixe les grandes orientations de la France en matière de transport, d'énergie et d'habitat dans le souci de préserver l'environnement et le climat.

Le Snit constitue "un changement drastique de stratégie, une rupture majeure en ce qu'il privilégie résolument le développement des modes de transport alternatifs à la route", a-t-on assuré lundi au ministère de l'Ecologie. Il contribuera "à la création ou au maintien de l'ordre de 65.000 emplois directs et indirects par an sur 20 ans", fait valoir le gouvernement.

Plus de la moitié des investissements dans le rail

Dans ce nouveau cadre, le ferroviaire se taille la part du lion, avec 51,9% des investissements préconisés, suivi des transports collectifs urbains (32,3% des investissements), du fluvial (9,2%), de la route (4,5%), des ports (1,6%) et de l'aérien (0,5%).
Côté autoroutes, le projet d'A31bis (initialement appelée A32), qui vise à doubler partiellement l'A31 (Toul-Nancy-Metz-Thionville-Luxembourg), est préservé sur un tronçon d'environ 60 km. Même chose pour le contournement ouest de Lyon et celui de Tours, au nom de la lutte contre la congestion du trafic.
Au nom de "l'équité territoriale et du désenclavement", l'A51 Grenoble-Sisteron est abandonnée, sauf, et c'est une nouveauté, un tronçon de 20 km à l'est de Gap Troyes-Auxerre.
"On veut une vraie rupture dans la politique des transports avec moins de 5% (des investissements) consacrés au routier et à l'aérien", a-t-on souligné au cabinet du secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau. Mais il n'est pas question pour autant de "ne plus faire de routes non plus".
Ce schéma comporte au total "moins d'une vingtaine de projets relatifs à la route, considérés comme indispensables pour améliorer la sécurité, la desserte ou décongestionner les routes existantes", a-t-on expliqué de même source.
Côté rail, le volet Lignes à grande vitesse (LGV) du Snit ne recèle aucune nouveauté: tout était déjà inscrit dans la loi Grenelle 1.
En ce qui concerne les lignes classiques, l'hypothèse d'une liaison Paris-Rouen-Calais et d'un contournement ferroviaire de Bordeaux après 2020 est en revanche nouvelle.

Cet avant-projet fera l'objet d'arbitrages ministériels "au plus tard fin septembre". Il devrait être soumis à la consultation du public et des élus locaux en octobre-novembre, avant d'être présenté dans la foulée au Parlement pour une adoption espérée avant la fin de l'année.

Le financement en question

Reste la délicate question du financement. De nombreux observateurs redoutent que les collectivités territoriales ne soient obligées de participer au financement du rail au détriment des transports collectifs urbains.
La Fédération nationale des travaux publics (FNTP) estime par exemple qu'aujourd'hui, seuls 7 des 15 milliards d'euros prévus pour les lignes TGV, le canal Seine-Nord et les contrats de projets Etat-régions sont financés. "Pour la LGV Sud Europe Atlantique : la dernière phase de négociation avec le consortium est engagée. Sur ce projet, ce sont plus de 3000 emplois/an qui sont concernés. Le début des travaux est prévu pour la fin 2011. Mais quid des 3 autres projets de LGV (Bretagne Pays de Loire, Contournement Nîmes Montpellier, et la phase 2 de la LGV Est) dont les appels d'offres sont lancés ? A quand le début des travaux pour les entreprises de Travaux Publics ?" s'interrogeait en juin dernier Patrick Bernasconi, président de la FNTP.

 

 

Avec AFP | Source LE MONITEUR.FR