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Des LGV pour réduire les émissions de CO2 à grande vitesse
AP | 25/09/2009 | 17:47 | Transport et infrastructures
L’empreinte carbone d’une ligne TGV devient nulle à partir de sa 12e année d’exploitation et « rentable » au-delà, selon une étude réalisée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), la SNCF et RFF, et rendue publique vendredi 25 septembre.
La France compte aujourd'hui 1.850 km de lignes à grande vitesse (LGV). La loi Grenelle de l'environnement prévoit 2.000 km supplémentaires à l'horizon 2020, répartis en une dizaine de projets. Un projet titanesque. Mais un projet rentable en termes de réduction des émissions de CO2 à en croire une récente étude de l'Ademe, de la SNCF et de RFF, publiée vendredi 25 septembre.
La ligne qui reliera Dijon à Mulhouse à partir de décembre 2011, a servi de base à cette étude étude inédite. D'après les calculs effectués, cette ligne devrait permettre d'éviter l'émission de près de 4 millions de tonnes équivalent CO2 (teCO2) sur 30 ans, soit les émissions d'une ville comme Dijon pendant deux ans. Dès lors, une ligne TGV, de sa construction à son exploitation, représente un investissement "rentable" en termes de réduction d'émissions de CO2. Grâce au report qu'elle permet de la voiture et de l'avion vers le train, l'empreinte carbone d'une ligne TGV devient nulle à partir de sa 12e année d'exploitation et "rentable" au-delà.
Attention toutefois à différencier "l'amont" (conception et construction) et l'exploitation proprement dite. "Il faut qu'on regarde de plus près la partie amont , qui représente, sur 30 ans, 43% des émissions totales, contre 57% pour l'exploitation et la maintenance" explique Virginie Schwarz, directrice Energie, air et bruit, au sein de l'Ademe.
Prospection archéologique, déboisement (sur une largeur moyenne de 100 mètres autour de la voie), déplacements de la terre (déblais ou remblais), mais aussi matériaux et matériel utilisés, allant de la chaux pour les traitement de sol aux ordinateurs (500 sur ce projet): tous les postes ont été passés au filtre du carbone. En s'en tenant aux seules émissions liées à l'énergie consommée lors du transport, nombre de calculs mis en avant jusqu'à ce jour offraient des comparaisons très flatteuses pour le train, mais laissaient de nombreuses émissions de gaz à effet de serre s'"échapper" dans l'atmosphère.
S'appuyant sur ce premier "Bilan carbone ferroviaire global", la SNCF dresse un inventaire des points d'amélioration possibles: diminuer l'utilisation du ciment dans la construction des gares, équiper l'ensemble des bâtiments ferroviaires de panneaux photovoltaïques, ou encore former le personnel à l'éco-conduite des trains.
Pour France Nature Environnement (FNE), qui rassemble 3.000 associations, la réalisation d'un bilan carbone complet des LGV est une réelle "avancée", mais elle ne doit pas faire oublier d'autres enjeux environnementaux, liés à la protection de la biodiversité, "tissu vivant" de la planète. "Quand une ligne à grande vitesse coupe une vallée en deux, il est très difficile d'évaluer ou de quantifier les atteintes à l'habitat d'une espèce végétale ou animale", souligne Michel Dubromel, responsable transport au sein de la Fédération.
"Quand on examine ces projets, la 'lunette climat' est importante, mais elle ne doit pas faire oublier les équilibres des milieux naturels",