Actualité

La communauté urbaine de Bordeaux vote le lancement des travaux du pont levant sur la Garonne

Bertrand Escolin, bureau de Bordeaux | 04/09/2009 | 16:19 | Transport et infrastructures

Agrandir la photo
Projet GTM – GCS de pont levant.

La délibération autorisant la signature immédiate de « l’ordre de service de lancement des travaux du pont » a été approuvée par 108 des 120 conseillers communautaires, avec 11 abstentions et 1 voix contre. Les travaux de cet ouvrage imposant (426 m de long, 43 m de large), qui accueillera les automobilistes sur 2×2 voies, les cyclistes, les piétons ainsi qu’un tramway devraient durer « à peu près 27 mois », a précisé le président (PS) de la CUB, Vincent Feltesse.

Les travaux du pont entre les quartiers bordelais de Bacalan et Bastide vont pouvoir démarrer. La communauté urbaine de Bordeaux vient de voter, le 4 septembre, le lancement des travaux. "L'ordre de service de travaux à GTM sera signé avant la fin du mois, le temps d'envoyer un rapport d'étape complémentaire à l'Unesco" explique le président de la CUB, Vincent Feltesse.
Cette décision est l'aboutissement d'un dossier qui a connu, en dix ans, plusieurs rebondissements. Un nouveau franchissement de la Garonne s'était rapidement imposé avec la croissance liée au projet urbain de Bordeaux, dès les années 1996. Après avoir écarté l'hypothèse d'un tunnel au centre ville, puis d'un pont fixe, condamnant la vocation portuaire de la ville, les élus bordelais et communautaires -Alain Juppé étant alors président de la CUB- ont finalement opté pour un pont levant.
En janvier 2006, le marché de conception-réalisation était attribué au groupement mené par GTM GCS (Vinci), mandataire associé à Vinci Grands Projets et Cimolai, Charles Lavigne, Michel Virlogeux, Jean Muller International et Hardesty & Hanover. Fin juin 2009, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco réuni à Séville levait l'hypothèque qui pesait sur le label « Patrimoine mondial » de la Ville de Bordeaux, placé en « suivi renforcé » depuis l'an dernier, notamment à cause du projet de pont levant. Mais, l'Unesco demandait encore à la CUB d'étudier des options «qui n'incluraient pas le transit des grands bateaux de croisière ». D'une même voix, Alain Juppé, maire de Bordeaux et Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine ont rappelé cet été leur attachement au maintien du caractère maritime du port. La CUB avait voté le 10 juillet dernier, les dernières modifications du pont pour se conformer aux demandes de l'Unesco (notamment le raccourcissement des piles à 77 mètres). De son côté, la mairie votait un avis favorable au lancement des travaux le 20 juillet dernier.
Le vote communautaire du 4 septembre fera donc date : il clôt dix ans d'incertitudes sur le nouveau franchissement de la Garonne. L'ouvrage de 433 mètres de long et de 77 mètres de haut permettra donc le passage des grands navires. Pèsera-t-il sur le label Unesco, qui sera réexaminé l'été prochain ? Vincent Feltesse, qui a récemment rencontré Francesco Bandarin, directeur du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, ne le pense pas. Les croisiéristes bouderont-ils la destination comme ils le font pour Rouen ? «Non, car à Rouen, contrairement à Bordeaux, les navires doivent sortir en machine arrière, ce n'est pas le cas à Bordeaux qui dispose de zones de retournement.»
Un retour en arrière était malgré les pressions associative (favorable au tunnel) et de l'Unesco peu envisageable du point de vue financier: «toute modification du projet nous ramènerait au stade de l'ouverture de la concertation, explique Vincent Feltesse, soit un décalage d'au moins 6 ans pour le démarrage des travaux, la perte définitive de 15 millions d'euros déjà réglés, le remboursement des premières subventions pour 7 millions d'euros. Cette hypothèse n'est pas envisageable». L'assemblée communautaire a tranché: 108 votes pour, 11 abstentions (Verts et 3 élus du PS bordelais) et 1 vote contre.

 

Bertrand Escolin, bureau de Bordeaux | Source LE MONITEUR HEBDO