Transport et infrastructures

A Vancouver, Sanef exploite le plus grand péage sans barrière du monde

Mots clés :

Ouvrage d'art

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Transport maritime

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Établissement recevant du public (ERP) ou assimilé

Sanef ITS, filiale du concessionnaire autoroutier spécialisée dans la technologie des péages, a installé ce péage « free flow» sur douze voies à l’entrée du nouveau pont autoroutier de Port Mann, à Vancouver. Cette technologie récente, qui n’est pas encore déployée commercialement en France, détecte et facture chaque voiture sans qu’elle ralentisse, fluidifiant ainsi le trafic. Une préfiguration du péage du futur ?

Idéalement située sur la côté pacifique, Vancouver est une ville en plein essor économique et démographique. L’accroissement de la population est tel qu’il nécessite de renforcer largement la capacité des infrastructures routières. Et notamment celle de la Highway 1, l’une des principales artères du trafic pendulaire de la ville.

C’est ainsi que l’autorité de transport de Colombie Britannique (la province dans laquelle se situe Vancouver) a décidé de l’élargir à 8 voies sur 37 km et de remplacer le vieux pont de Port Mann (4 voies), extrêmement embouteillé, par un pont à 10 voies (voir le site du projet). Ce nouvel ouvrage d’art haubané, est extraordinairement large – c’est même le pont le plus large du monde (65 mètres, record attesté par le Guiness Book !). Pour financer sa construction et son entretien, l’autorité de transport à décidé de le soumettre au péage. « Mais il était absurde de  créér une barrière physique, qui aurait supprimé le gain de temps important lié à cet  élargissement en créant de nouveaux bouchons, explique Mike Proudfoot, directeur de TI Corp, la structure publique créée pour chapeauter le projet. Pour gérer le flux de véhicules (jusqu’à 300 000 passages par jour), nous avons donc opté pour un péage électronique free flow ».

 

Un portique truffé de capteurs

 

C’est Sanef ITS Technologies (anciennement CS ITS), récemment acquise par le concessionnaire Sanef, qui remporte l’appel d’offres pour l’installation et la maintenance du péage en janvier 2010 (25 millions de dollars canadiens), avec son système FastFlow AET .
Mais comment ce système « free flow » fonctionne-t-il ? La classique barrière de péage est ici remplacée par un portique  qui traverse l’autoroute dans toute sa largeur. Cette structure métallique, totalement transparente pour l’automobiliste, est truffée de capteurs – caméras, lasers, antennes et boucles magnétiques au sol- qui scrutent en continu la totalité des voies circulées (y compris les bandes d’arrêt d’urgence).


Au moment où la voiture traverse le portique (qui est en fait un double portique), ses plaques d’immatriculation arrière et avant sont enregistrées par les caméras infrarouge, tandis que les lasers analysent la géométrie du véhicule (longueur, largeur, et même hauteur) et datent avec exactitude l’instant du passage. Des fonctions reprises en redondance par les boucles magnétiques incrustées dans la chaussée. Les antennes, enfin, détectent les badges RFID collés sur la vitre avant des abonnés, et qui facilitent leur identification.

L’ensemble des données est transmis au « back-office »  via des serveurs informatiques. Là, les informations sont analysées, recoupées grâce aux multiples redondances, et validées de manière automatique ou manuelle (en cas d’incertitude sur l’identité du véhicule), avant que le processus de facturation au client, abonné ou non, soit déclenché.


« Depuis l’ouverture du péage en décembre 2012, le taux de clients non facturé est faible, de l’ordre de 3%, explique Christian Copin, directeur opérationnel de TC flow, la joint venture formée par Sanef et Egis qui a obtenu l’exploitation du péage (contrat de 100 millions de dollars canadiens sur 7 ans, renouvelable 2 fois 2 ans). Et notre objectif sur le long terme est de descendre à 2% ».

L’ouverture du péage a fait l’objet d’une intense campagne de communication et de marketing pour inciter les automobilistes à s’enregistrer et à s’abonner, si bien qu’aujourd’hui, après deux mois seulement d’exploitation, « 70% des véhicules qui empruntent l’ouvrage sont enregistrés », précise Christian Copin. Les abonnés sont automatiquement débités sur leur compte  à la fin du mois en fonction du nombre de passages effectués. Les non abonnés reçoivent une facture chez eux, l’exploitant ayant accès aux fichiers des cartes grises. Le nombre de mauvais payeurs est très faible. « Le système canadien est ainsi fait que les non abonnés mauvais payeurs ne pourront simplement pas renouveler leur assurance auto tant qu’il ne seront pas acquittés de leur dette », précise Christian Copin.

 

Une quinzaine de projets dans le monde. Et en France ?

 

Selon Jérôme Couzineau, directeur du développement de Sanef, il existe aujourd’hui entre 10 et 15 systèmes de péage réellement en free-flow dans le monde. Sanef en exploite deux en plus de celui du Port Mann Bridge: sur le périphérique de Dublin (100 000 véhicules par jour) depuis 2008 et sur un autre pont de Vancouver (le Golden Ear Bridge) depuis 2009. Le concessionnaire ne devrait pas s’arrêter là: il a été préqualifié sur 3 projets de free-flow anglais – l’accès autoroutier du sud de Londres à Dartford, le Mersey Bridge à Liverpool et un pont du Nord est de l’Angleterre.

Quant à la France, le système free-flow ne pourra s’y déployer que lorsque l’exploitant aura accès aux fichiers des cartes grises, ainsi qu’à ceux des pays limitrophes, ce qui n’est pas encore le cas.

La mise en « free flow » du périphérique parisien est toutefois à l’étude dans le cadre du dispositif de l’Eco-taxe poids lourds, mais elle concernerait uniquement -par définition- des poids lourds dûment identifiés.

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