Transport et infrastructures

Lyon-Turin ferroviaire : Hollande et Monti rassurent… à moitié

Réunis à Lyon le 3 décembre, les chefs d’Etat français et italien ont assuré qu’une structure commune allait être créée pour la réalisation des travaux. Mais le financement du projet continue d’inquiéter.

La liaison ferroviaire Lyon-Turin était l’enjeu majeur du 30ème sommet franco-italien, qui s’est déroulé lundi 3 décembre, dans la capitale des Gaules. Critiqué par la Cour des comptes, qui l’a jugé cher et peu pertinent dans un rapport du 5 novembre, ainsi que par les associations écologistes, qui manifestaient en marge de la rencontre, le projet semblait en danger. D’autant que des voix à l’intérieur du gouvernement remettaient en doute la possibilité de financer un projet dont le coût total est passé de 12 milliards d’euros en 2002 à 26,1 milliards aujourd’hui, selon la Cour des comptes.

 

« Une infrastructure considérable » pour François Hollande

 

Les chefs d’Etat français et italien ont donc voulu se montrer rassurants concernant la phase 1, à savoir le tunnel transfrontalier de base, long de 57 kilomètres, entre Saint-Jean-de-Maurienne (France) et Suse (Italie). François Hollande a rappelé que la liaison Lyon-Turin était une «infrastructure considérable» au niveau commercial, environnemental et de la construction européenne.  Autre signe positif : les deux chefs d’Etat ont indiqué que l’accord du 30 janvier 2012 entre l’Italie et la France sur la mise en œuvre du projet a été, côté français, validé lors du dernier Conseil des ministres et «sera soumis au Parlement très prochainement». Même son de cloche côté italien, avec une validation de l’accord par le législatif transalpin. François Hollande a voulu par ailleurs répondre aux critiques de la Cour des comptes : « elle a dit que le projet manquait d’un pilote. C’est pourquoi nous avons décidé de désigner un promoteur public (…) pour réaliser les travaux ». La mise en place de cet acteur, prévu dans l’accord du 30 janvier, est essentielle. «LTF, l’organisme franco-italien actuellement dédié au Lyon-Turin, n’est en charge que des études», précise François Lepine, vice-président délégué de la Transalpine, comité français de soutien à la liaison.

 

Pas de date pour le début de la construction du tunnel de base

 

Malgré la volonté affichée des deux chefs d’Etats d’avancer sur le sujet, ceux-ci n’ont pu que reconnaitre leur inquiétude concernant le financement de sa première phase, la portion transfrontière. Ils ont confirmé le partage des investissements, à savoir 35% pour l’Italie, 25% pour la France (« sur le territoire duquel sera pourtant réalisé 75% de la ligne », insiste François Lepine) et 40% pour l’Union européenne. Ce niveau de participation de Bruxelles, bien que la ligne s’inscrive dans les RTE-T  (Réseaux transeuropéen de transport), n’est pas certain. « Les 50% de l’Europe pour le financement des études est acquis. Les 40% en volume des 8,5 milliards d’euros pour réaliser le tunnel de base vont dépendre des négociations sur le budget européen pour le cadre financier 2014-2020 ». En effet, l’enveloppe pour les infrastructures ne sera connue que lors du Conseil européen du 29 janvier. De la décision des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE dépendra l’avancement du projet. « C’est sans doute pourquoi François Hollande n’a pas donné de date de début pour la construction du tunnel de base, ce qui constitue tout de même une déception », indique François Lepine. L’accord issu du sommet indique, sans plus de précision, que la France et l’Italie, « demanderont à l’UE au second semestre 2013 la confirmation sur sa participation». Quant au temps de réalisation de cette liaison Lyon-Turin, dont la mise en service est prévue entre 2025 et 2029 après dix ans de travaux, François Hollande s’en est sorti par une pirouette qui résume la situation : « Un certain temps »…

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