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Accessibilité des logements : le salon Urbaccess montre la voie
Isabelle Duffaure-Gallais | 24/01/2012 | 10:43 | Logement
Le premier salon européen de l’accessibilité Urbaccess a été l’occasion pour les professionnels de la construction de mesurer le chemin parcouru depuis la loi du 11 février 2005 sur l’accessibilité. Si l’organisation se met en place, des freins demeurent, tant techniques qu’organisationnels.
Le salon européen de l’accessibilité Urbaccess s’est tenu pour sa première édition les 19 et 20 janvier 2012 au Cnit, à Paris-La Défense. « Ce projet est né du constat d’une évolution de notre société : les progrès technologiques et urbains ne doivent pas laisser de côté l’homme, ses besoins et sa qualité de vie », observe le commissaire général du salon, Jean-Marc Maillet-Contoz. Lui-même handicapé, il a fondé le magazine Handirect il y a une quinzaine d’années et défend la qualité d’usage et la conception universelle. Il s’agit en effet d’offrir des produits, équipements, bâtiments conçus pour apporter à chacun la plus grande facilité et qualité d’usage. Des produits flexibles, capables de répondre aux besoins et aux aspirations de chacun, sans nécessiter d’adaptation.»
Outre 70 exposants, plus souvent institutionnels que fournisseurs de solutions techniques, Urbaccess a donné la parole aux professionnels comme aux associations à l’occasion d’une quinzaine de conférences. La loi du 11 février 2005, qui fixe l’objectif de l’accessibilité de la cité à l’horizon 2015, était évidemment au cœur des débats.
Crédit d’impôt pour l’adaptation des logements
Si la loi de finance pour 2012 a prorogé le crédit d’impôt en faveur de l’adaptation des logements (il s’élève à 25 % des dépenses d’installation ou de remplacement d’équipements spéciaux), l’accessibilité dans l’habitat reste problématique. Sept ans après la publication de la loi, les architectes se montrent toujours aussi hostiles à l’appliquer. Aux circulaires d’application de la loi « tentant de codifier l’accessibilité », Frédéric Denisart, vice-président du Conseil national de l’ordre des architectes, préfère « le dialogue avec des usagers handicapés pour recentrer l’accessibilité autour de l’usage ». Plutôt qu’adapter les lieux pour une tranche infime de la population, il envisage l’accessibilité pour tous dans une approche globale et durable.
De son côté, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) a créé dès la sortie de la loi une mission « Bâtiment adaptable, pour tous, tout au long de la vie » pour accompagner l’innovation technique et apporter son soutien au déploiement des politiques techniques. Stéphane Rebaudo, chargé de mission, rappelle qu’un premier « carnet de détails » a été publié en 2010 pour aider les concepteurs et les entreprises à réaliser des logements accessibles : il concerne l’accès aux terrasses, loggias et balcons. Deux nouveaux guides sont annoncés pour mars ou avril 2012, portant sur la mise en œuvre des douches à l’italienne et l’interprétation de la définition d’une salle d’eau accessible. Ils seront téléchargeables sur les sites du CSTB et de la DHUP (Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages, au ministère de l'Écologie).
Entreprises labellisées
Les organisations professionnelles se sont aussi emparées du sujet et dispensent des formations à leurs membres pour mieux aborder ce sujet global. Ainsi, la Capeb a formé 1500 entrepreneurs et attribué son label Handibat à 800 artisans du bâtiment pour valoriser leurs compétences en matière de travaux et d’aménagements liés à l’accessibilité. La FFB n’est pas en reste avec sa marque « Les pros de l’accessibilité », lancée en septembre 2011. Elle distingue les entrepreneurs qui ont signé la charte « Bâtir avec l’environnement », qui sont qualifiés dans leur métier par Qualibat ou Qualifelec et qui ont prouvé leur connaissance de l’accessibilité, par l’expérience ou via une formation dispensée par la FFB. Une soixantaine d’entreprises détiennent aujourd’hui la marque « Les pros de l’accessibilité ». La fédération du bâtiment a profité du salon Urbaccess pour renforcer encore son engagement pour une meilleure prise en compte des besoins des aveugles et malvoyants dans le cadre bâti. Son président Didier Ridoret a en effet signé une convention avec Gérard Colliot, le président de l’association Valentin Haüy. La FFB et l’AVH s’engagent à sensibiliser les entreprises au handicap visuel et à faire émerger des bonnes pratiques et des solutions techniques pour adapter et rendre accessibles les logements, ERP et locaux de travail aux personnes aveugles et malvoyantes.