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Sondage exclusif Ipsos/Le Moniteur : Les Français rêvent d’un «écologis»
Laurence Francqueville | 06/12/2010 | 17:59 | Logement
Les Français se disent satisfaits de leur logement, mais continuent de rêver à une maison avec jardin. Les matériaux « verts » et la performance énergétique sont plébiscités. Le cadre de vie prend de plus en plus d’importance.
Le logement est le premier poste de charge des ménages avec 19,2 % de leurs dépenses effectives. Comment les Français jugent leur logement actuel et dans quel logement rêvent-ils d'habiter en 2020 ? « Le Moniteur » les a interrogés. Il ressort de ce sondage (réalisé par Ipsos) qu'ils sont très majoritairement satisfaits de leur logement actuel (92 %). Les plus âgés, les plus hauts revenus et les provinciaux, ainsi que les propriétaires naturellement, sont les plus contents. Michel Bonetti, responsable du laboratoire de sociologie urbaine au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), estime que cette satisfaction reflète plutôt bien la réalité qu'il observe. « En France, les logements en tant que tels sont plutôt bien conçus. En revanche, on a délaissé la qualité des espaces collectifs et des parties communes et c'est cela qui pèse sur l'appréciation des Français. Car l'habitat se juge aussi par son rapport à l'environnement extérieur », précise-t-il.
La petite maison dans la prairie
Interrogés sur leurs souhaits en matière de logement, les Français sont assez constants : volonté de constituer et de transmettre un patrimoine, « valeur refuge », l’acquisition de sa résidence principale reste l'une de leurs grandes ambitions, avec 86 % des répondants qui souhaitent être propriétaires dans dix ans, idéalement d'une maison individuelle neuve loin des grandes villes.
Ce constat a de quoi surprendre. En effet, plus de 80 % de la population vit en ville (et même 50 % dans les trente-cinq plus grosses agglomérations) et près de 22 % de la population est en zone périurbaine. Ce phénomène, associé à l'agrandissement des logements (91 m2 en moyenne contre 82 m2 en 1984, surtout au profit de la maison), explique, selon l'Insee, que malgré l'amélioration de l'efficacité énergétique des habitations et des véhicules, la part budgétaire consacrée à l'énergie ait peu varié sur la période.
Il faut rappeler l'impact des grandes évolutions sociologiques sur le logement en France. En premier lieu, la diminution des familles nombreuses au bénéfice des familles monoparentales, des couples sans enfants et des célibataires. En vingt ans, note l'observatoire des marchés édité cet été par Nexity, la population a gagné 6,2 millions de personnes, la taille des ménages a perdu 10 % (tombant de 2,57 à 2,30 personnes, voire 2 dans vingt ans !) et leur nombre a progressé de 23 % (à 26,6 millions). De plus, la part des personnes âgées de plus de 60 ans s'alourdit, atteignant désormais 31,5 % de la population totale (36 % estimés en 2030). « Si les tendances actuelles se confirment, la tranche d'âge des plus de 60 ans va sans doute s'éloigner des villes pour opérer le mouvement inverse après 80 ans afin de se rapprocher des services », explique Stéphane Cordobes, professeur au Cnam.
Autant d'éléments qui expliquent au moins en partie les tensions et la pénurie de logement dans certaines régions (Ile-de-France et littoral notamment).
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des Français sont très ou plutôt satisfaits de leur logement actuel. Dans le détail, près d’un Français sur quatre se dit toutefois insatisfait de l’isolation sonore, de la réception des réseaux, du coût et de la performance énergétique de son logement.
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des Français souhaitent que, dans dix ans, leur logement soit mieux isolé (33 % pour les plus de 45 ans). Un Français sur cinq privilégiera plutôt le volume des pièces (surtout les plus jeunes) et la lumière (surtout les plus âgés). Ces trois points sont les avantages privilégiés du logement idéal.
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Le Français rêve toujours d’être propriétaire (86%) d’une maison neuve située plutôt dans une petite ville (90%). Logiquement, ce désir est encore plus net chez les moins de 45 ans et les personnes ne vivant pas dans une grosse agglomération. L’ancien est plébiscité par les artisans, les diplômés et les plus hauts revenus tandis que le neuf est davantage désiré par les moins diplômés et les revenus modestes.
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28 % des Français souhaiteraient, dans les dix ans à venir, avoir un jardin ou une terrasse (surtout les moins de 45 ans) et 18 % une chambre supplémentaire (surtout les plus de 45 ans et les moins diplômés). Les actuels locataires sont ceux qui rêvent le plus d’un jardin tandis que les propriétaires souhaiteraient plutôt avoir une chambre supplémentaire.
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Les Français se disent satisfaits de leur logement. Vous n’êtes pas de cet avis. Pourquoi ?
Les gens n’avouent pas leur insatisfaction si facilement dans un questionnaire. Mais si on creuse, beaucoup de choses ne leur conviennent pas. Ils l’évoquent davantage dans un entretien. Les chambres sont trop petites, les fenêtres mal placées, la lumière est insuffisante, le linge n’a pas de place dédiée, du coup le « Tancarville » trône dans le salon, le séjour ne permet pas de dissocier les activités sans se gêner… Et je ne parle pas de la loi sur l’accessibilité qui va augmenter les espaces de circulation au détriment du reste. En revanche, les choix concernant un espace supplémentaire ne me surprennent pas. La fonction de la chambre peut en effet évoluer avec la famille. Elle servira à la musique, au bricolage ou au jeune adulte en transition. Le second choix (le jardin) marque le souhait de faire entrer la nature dans la maison pour observer les saisons, y compris en ville.
L’offre a-t-elle intégré ces besoins nouveaux ?
Non à part dans le logement vedette. L’évolution des modes de vie (cohabitation intergénérationnelle, régression de la vie en couple) n’est pas bien prise en compte. La surface moyenne d’un logement (65 m²) n’a pas bougé depuis 25 ans ! Il en va de même de la distribution, très stéréotypée. On compte pourtant moins d’habitants par pièce aujourd’hui. Les architectes ont peu de prégnance dans le logement. Et la plupart des maîtres d’ouvrage ont une production banale et ne laissent pas place à l’innovation.