Actualité
Crédits à l’habitat : la fin de la descente aux enfers ?
Françoise Vaysse | 28/04/2009 | 15:35 | Logement
La production de crédit aux particuliers pour l’habitat s’est effondrée de 39% au premier trimestre 2009 comparé aux trois premiers mois de 2008
Après un premier semestre 2008 en baisse de 10%, un troisième trimestre en retrait de 19%, un quatrième en recul de 28%, la production de crédit aux particuliers pour l'habitat s'est effondrée de 39% au premier trimestre 2009 comparé aux trois premiers mois de 2008, selon les dernières statistiques de l'Observatoire du financement des marchés résidentiels CSA/Crédit Logement établies par Michel Mouillart. Cet « épouvantable » chiffre global se ventile entre - 36,8% dans le neuf, - 41,9% dans l'ancien et - 27,8% pour les travaux.
Pour autant, le professeur Mouillart - comme d'ailleurs le directeur général de Crédit Logement, Claude Morandeau - ne sombre pas dans le pessimisme, accréditant l'idée que l'on a atteint un point bas au cours des trois premiers mois de l'année : « Nous avons descendu la dernière marche en termes d'activité, de volume de crédit et de prix aussi », estime-t-il. Alors que Claude Morandeau assure que « les premiers jours d'avril se passent très bien » et espère retrouver en 2009 un niveau de production de crédits égal à celui de 2004, Michel Mouillart émet deux hypothèses : - 25% si le marché ne repart pas en cours d'année, soit - 18%/19% s'il redémarre.
Le professeur Mouillart s'inscrit en effet en faux contre la thèse qui veut que le marché de l'ancien redémarrera grâce à un fort recul des prix. Selon lui, « la solvabilité de la demande se fera par la baisse des taux et non pas par une baisse des prix ». « Ceux qui annoncent une baisse des prix à un rythme vertigineux conduisent la demande liée à une revente à différer ses projets. Cela se traduit par un mécanisme d'auto blocage du marché qui n'a aucune raison d'être ». La reprise est conditionnée à ses yeux à deux choses : une baisse des taux et une amélioration du moral des ménages. Selon lui, les taux devraient encore reculer un peu mais « les réserves de baisse sont pratiquement épuisées ». D'un trimestre à l'autre (entre le T1 09 et le T4 08), on a assisté déjà à un recul de 50 point de base, « la première fois que l'on voit cela ».
Dans le neuf, où la part des jeunes et des ménages modestes ne cesse de se renforcer, les bonnes conditions de crédit - notamment le doublement du prêt à taux zéro - ont permis de hisser en début d'année l'indicateur de solvabilité de la demande « à un niveau des plus élévés que l'on ait connu depuis 1989 ».