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La crise oblige les sociétés foncières à se regrouper

| 16/12/2011 | 14:56 | Immobilier

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Le siège d'Icade

La crise et les restrictions de crédits forcent les foncières, aux marges très élevées mais qui sont fortement endettées, à se regrouper à l’image de la fusion annoncée d’Icade (CDC) et Silic (Groupama) sous l’égide de l’Etat, ce qui suscite des critiques des professionnels.

Face à une crise, la réaction d'un ensemble de personnes ou d'entreprises est souvent la même : se regrouper, faire corps. Les foncières, malgré leur statut fiscal de sociétés d'investissement immobilier cotées (SIIC) très favorable et leur marge opérationnelle incroyable de 83%, n'échappent pas à la règle. "La concentration du secteur dont les professionnels parlaient en début d'année est en train de commencer à se réaliser", expliquait ainsi le 14 décembre dernier à l'AFP Frederic Caumon, analyste actions à Deutsche Bank.

En effet malgré toutes leurs "qualités", des charges financières très importantes pèsent sur les foncières car elles se sont développées grâce à un fort endettement. "Pour les foncières, il y a plusieurs problèmes différents. Tout d'abord, depuis le début d'octobre, les financements bancaires sont restreints, ce qui pose des problèmes notamment aux petites foncières qui ont des refinancements importants à assurer", indiquait M. Caumon.

L'exemple typique est Foncière Paris France, qui possède seulement 700 millions d'euros d'actifs immobiliers, pour laquelle l'Autorité des marchés financiers (AMF) a déclaré "conforme" mardi 13 décembre l'offre publique d'achat (OPA) hostile de Paris Hôtels Roissy Vaugirard (PHRV), filiale des assureurs Allianz et Covea. Son PDG Jean-Paul Dumortier a déploré le timing de cette OPA, qui intervient en pleine tempête boursière, ce qui illustre, selon lui , son "caractère hautement opportuniste" et permet aux initiateurs de l'offre de ne proposer que 110 euros par action alors qu'il juge le prix minimum "décent" à 117 euros. La naissance de "super foncières" ne plaît évidemment pas à tout le monde.

 

Icade + Silic = ?

 

Forcé par sa situation financière, l'assureur mutualiste Groupama s'est résolu à fondre sa filiale Silic dans Icade, dont la Caisse des dépôts détiendra la majorité du capital. La nouvelle société constituera la première foncière de parcs tertiaires et de bureaux avec un patrimoine de plus de 9 milliards d'euros. "L'Etat a été à la manoeuvre par le biais de son bras armé, la CDC. Ce n'est pas normal que le marché ait été tenu à l'écart de cette opération alors que plusieurs autres foncières pouvaient être interessés par Silic", a regretté  un haut reponsable d'une foncière qui a tenu à garder l'anonymat.
La banque BNP Paribas pourrait également céder 15% à 20% des 51% qu'elle detient dans Klépierre, ce qui pourrait intéresser des fonds souverains ou Unibail-Rodamco, le leader européen de l'immobilier commercial, selon plusieurs spécialistes du secteur.
Reste le problème "des actionnaires principaux de Gecina et SFL, qui sont partiellement des banques espagnoles, qui en repoussant leurs problèmes à plus tard ont créée une tension structurelle sur leurs actifs", soulignait M.Caumon.

La crise actuelle incite par ailleurs les foncières à la diversification: elle ne se contentent plus d'acheter seulement des bureaux, des commerces, des résidences de santé et étudiantes dont la rentabilité pourrait un jour baisser. L'Autorité de la concurrence vient ainsi de donner son feu vert sans conditions à la prise de contrôle du site d'e-commerce Rue du Commerce par Altarea-Cogedim, spécialisée dans les centres commerciaux. "Il y a une prise de conscience du secteur que la vente en ligne constitue sur le long terme un concurrent aux centres commerciaux dont la fréquentation n'est pas bonne pour le moment", estimait M. Caumon.