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Lafarge, en pleine réorganisation, supprime 460 emplois dont 90 en France

| 03/02/2012 | 15:51 | Industrie/Négoce

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Bruno Lafont, p-dg. de Lafarge

Les réductions de postes dans l’Hexagone devraient toucher uniquement des postes administratifs et non pas de production. Elles devraient se faire sur la base d’un « plan de départs volontaires » et « sans aucun licenciement contraint », selon le groupe.

Lafarge, numéro un mondial des cimentiers, 76.000 salariés dans 78 pays pour un chiffre d'affaires en 2010 de 16,2 milliards d'euros, a annoncé jeudi 3 février la suppression de 460 emplois, dont 90 en France, pour faire face à la crise et adapter ses structures à sa réorganisation annoncée en novembre dernier (lire notre article).

Les 90 postes en France sont des postes administratifs et non pas de production a assuré le cimentier qui explique que ces suppressions devraient se faire sur la base d'un "plan de départs volontaires" et "sans aucun licenciement contraint".
 
Confronté à une absence de reprise significative sur ses marchés des pays développés et fortement endetté depuis le rachat des activités cimentières de l'égyptien Orascom, Lafarge, qui doit annoncer ses résultats 2011 le 17 février prochain, a décidé de jouer la prudence pour 2012 en réduisant ses coûts, ses investissements et en poursuivant ses ventes d'actifs.
Son PDG Bruno Lafont, en dévoilant en novembre un plan d'adaptation à la conjoncture, avait assuré dans Le Figaro qu'il n'aurait qu'un impact "limité" sur l'emploi au sein du groupe cimentier. Lafarge avait également annoncé le lancement d'"un nouveau programme de réductions des coûts de 500 millions d'euros dont la plus grande partie devrait être réalisée l'année prochaine".

De plus, pour continuer à réduire sa dette élevée (14,263 milliards d'euros à fin septembre 2011), Lafarge avait ajouté qu'il entendait continuer à céder certains de ses actifs, se désengageant complètement du plâtre, pour un "recentrage stratégique sur le ciment et les granulats".

L'agence de notation Fitch Ratings a relégué en novembre dernier Lafarge dans la catégorie des investissements spéculatifs, en dégradant sa note à "BB+", assortie néanmoins d'une perspective "stable". Comme les deux autres grandes agences, Moody's et Standard & Poor's, Fitch estime que Lafarge aura du mal à améliorer la structure de son bilan, alors que l'ensemble du secteur du ciment connaît des difficultés.

FOCUS

Frangey dans l'attente

Le groupe attend le 9 mars le jugement du tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre sur l'arrêt d'activité et le projet de cession du site de Frangey (Yonne). Les élus du personnel au comité central d'entreprise de Lafarge Ciments ont déclenché un recours en justice pour contester le motif économique de cette décision.

Une douzaine de salariés de ce site, qui emploie 74 personnes, ont mené en septembre une grève de la faim pour protester contre la décision du groupe de fermer leur usine, en activité depuis 1930.