Actualité
Lafarge sort de la crise et s’offre un allié britannique
| 18/02/2011 | 17:32 | Industrie/Négoce
Fortement affecté par la crise de la construction dans les pays développés en 2009, Lafarge envisage 2011 avec optimisme, après de meilleurs résultats en 2010, et s’allie avec le groupe Anglo American en Grande-Bretagne dans les matériaux de construction.
Lafarge a annoncé vendredi 18 février avoir enregistré une hausse de 12% à 827 millions d'euros de son bénéfice net en 2010 et prévoit une nouvelle croissance de ses résultats en 2011 grâce notamment à une hausse de la demande de ciment comprise entre 3% et 6%, principalement dans les pays émergents.
Le chiffre d'affaires 2010 est même en progression de 2% à 16,169 milliards d'euros alors qu'il était en repli de 17% en 2009. Toutefois, à taux de change et périmètre constants, il est en baisse de 3%.
Le résultat d'exploitation courant est pour 2010 en recul de 1 % à 2,441 milliards, mais progresse de 7 % à 530 millions pour le 4e trimestre, les ventes de ciment ayant progressé pour la première fois depuis la fin 2008.
Pas d'inquiétude au Moyen-Orient
Les évènements actuels au Moyen-Orient n'inquiètent pas trop le groupe, le PDG Bruno Lafont parlant, lors d'une conférence téléphonique, d"un impact économique limité" après l'arrêt pendant 7 jours de la production de l'usine de ciment de son usine égyptienne, d'une capacité annuelle de 10 millions de tonnes. "L'Egypte, le pays le plus peuplé de la région, garde tout son potentiel. Elle a d'importants besoins en logements et en infrastructures", affirme M. Lafont.
Désireux également de se renforcer dans les pays développés, Lafarge a également annoncé qu'il allait fusionner ses activités dans les matériaux de construction en Grande-Bretagne avec Anglo American, au sein d'une société détenue à 50/50, pour un chiffre d'affaires annuel de 1,8 milliard de livres (2,1 milliards d'euros). "Nous créons le leader en Grande-Bretagne", s'est félicité M. Lafont.
Lafarge, dont la Grande-Bretagne est le quatrième marché, apportera à la coentreprise cinq usines de ciments, 38 carrières de granulat, 106 sites de béton prêt-à-l'emploi et 22 unités d'enrobés bitumineux.
Du côté d'Anglo American, l'une des plus grandes compagnies minières mondiales, les apports concernent 118 carrières et 40 sites de recyclage de granulat, 1 usine de ciment, 180 sites de béton prêt-à-l'emploi et 69 usines d'enrobés bitumineux regroupées au sein de la société Tarmac Quarry Materials (Tarmac UK).
Le problème de la dette
La dette, qui avait fortement gonflé après l'acquisition des activités cimentières de l'égyptien Orascom, reste une préoccupation majeure du groupe.
Au 31 décembre 2010, la dette nette de Lafarge, qui n'est assortie "d'aucun convenant bancaire", s'élevait en effet à 13,993 milliards d'euros, en très légère progression (+1%) par rapport à un an plus tôt (13,795 milliards)
Mais M. Lafont a annoncé une accélération du désendettement et une réduction de l'endettement net du groupe "d'au moins deux milliards d'euros en 2011".
Pour cela, l'année 2011 verra une diminution de 400 millions des investissements par rapport à 2010 et une progression de 500 millions des désinvestisements qui ne comprennent pas des "opérations d'envergure", affirme M. Lafont.
Mais le PDG de Lafarge dit toujours "regarder sans tabou" la possible cession des activités de plâtre.
Pour contribuer également au désendettement, Lafarge prévoit en outre de distribuer seulement un dividende de 1 euro par action, soit une division par deux par rapport à l'an dernier.