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« Il faut accélérer la mise en œuvre des plans de relance » : entretien avec Dirk Cordeel, président de la FIEC

Propos recueillis par Laurence Francqueville | 25/06/2009 | 18:18 | Industrie/Négoce

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Dirk Cordeel, président de la FIEC

La Fédération de l’industrie européenne de la construction (FIEC) a tenu son congrès annuel à Madrid le 19 juin. Le thème retenu portait sur la crise économique et ses conséquences sur le secteur du BTP. L’occasion d’interroger son président, Dirk Cordeel.

Quel bilan tirez-vous du congrès de Madrid ?

Ce Congrès était un grand succès. Il a permis de reconfirmer notre message que la construction est la solution pour sortir de cette crise. Certes, notre industrie subit les effets d'une crise économique qui est d'origine financière. Avec plusieurs conséquences sur notre activité : tous les investissements sont décalés dans le temps ; des contrats sont annulés ; les conditions de crédits sont tendues ; les entreprises souffrent de l'allongement des délais de paiement aussi bien de la part de leurs clients publics que privés ; l'activité de construction résidentielle s'est beaucoup contractée. Résultat : l'emploi dans le BTP a déjà baissé de 1 % en 2008 et devrait reculer de 5,1 % en 2009, tout comme les investissements. Tous les plans de relance, au niveau national et européen, comportent des volets de soutien à notre secteur. Bien entendu, il faut qu'ils se transforment en marchés et travaux utiles à la société et générateurs d'emploi mais, en tout état de cause, ceci renforce l'optimisme de l'entrepreneur que je suis.

Justement, quel jugement portez-vous sur ces plans de relance ?

Bien qu'il soit trop tôt pour tirer un bilan définitif nous pouvons déjà nous réjouir que ces plans de relance identifient clairement l'investissement dans le bâtiment et les équipements comme une réponse à la crise et une manière de relancer l'activité. Construire des infrastructures reste en effet une nécessité fondamentale pour offrir demain à nos sociétés un environnement urbain plus durable. A cela s'ajoute un autre volet, non moins important : la réduction de la consommation d'énergie et la lutte contre le réchauffement climatique. Ces considérations environnementales, souvent soutenues par des incitations fiscales - tant pour la rénovation des bâtiments que pour le développement des énergies renouvelables - et l'investissement public en infrastructures sont deux éléments fondamentaux à la fois pour la relance et pour l'avenir de nos entreprises qui emploient 7,6 % de la population active, ce qui représente 30 % de l'emploi industriel. L'autre avantage de cette approche est que cela fournit du travail aux artisans, aux PME et aux grands groupes, dans le bâtiment et les TP.

Les effets de cet important soutien financier public, au prix d'un endettement massif, sont-ils déjà visibles ?

Pour l'instant, nous n'en voyons pas véritablement la concrétisation. Pour que l'économie redémarre véritablement, il faut que les Européens reprennent confiance, pour consommer, investir, etc. Il est de la responsabilité de nos hommes politiques à tous les niveaux de lancer des signaux positifs. Je dirai que la principale arme dont disposent nos dirigeants politiques réside dans la vitesse d'exécution de ces plans d'investissements. Or les inerties administratives et procédurales ralentissent le processus de mise en œuvre des plans de relance. Les politiques doivent donc passer à la vitesse supérieure pour transformer très vite leurs engagements en actions concrètes. Au niveau de la construction, cela peut se traduire par l'assouplissement des procédures notamment en matière d'urbanisme pour les permis de construire, etc. Car, je le répète, la construction est la solution pour sortir de la crise.

Que pensez-vous des options présentées par la Commission européenne le 17 juin dernier en vue de son futur Livre blanc transports 2010-2020?

Il est un peu tôt pour formuler un avis. Nous allons répondre à la consultation qu'elle vient de lancer. Je peux d'ores et déjà dire que le financement des infrastructures ne peut s'imaginer sans un soutien fort des autorités publiques et sans une affectation des ressources dégagées par l'utilisateur-payeur au développement d'autres équipements de transport. Tout ceci, bien sûr aussi dans le cadre des PPP qui intéressent aussi bien les PME que les grands groupes de notre secteur.

Votre mandat à la tête de la FIEC arrive à terme dans un an. Quelles seront vos priorités d'action ?

Nous allons avant tout faire connaissance avec les membres du nouveau Parlement, notamment en réunissant, à Strasbourg en novembre, les eurodéputés et nos fédérations membres. Nous attendons également la nomination de la nouvelle Commission européenne. A cette occasion, nous pourrions d'ailleurs plaider pour la création d'un commissariat transversal dédié à la construction, qui serait chargé de coordonner toutes les actions européennes en matière de construction durable et de relance. Actions qui sont actuellement dispersées dans plusieurs directions générales. Je pense que préparer une réponse plus concrète de notre industrie aux enjeux du développement durable sera aussi une grande priorité pour toutes les commissions au sein de la FIEC. Nous profiterons en outre de cette période de transition pour continuer le dialogue entre représentants du patronat et des syndicats de la construction, c'est-à-dire entre la FIEC et la FETBB, les deux partenaires sociaux européens du secteur.

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Propos recueillis par Laurence Francqueville | Source LE MONITEUR.FR