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Les énergies renouvelables ne connaissent pas la crise
Frédérique Vergne | 24/06/2009 | 19:04 | Industrie/Négoce
Alors que de nombreux secteurs d’activité s’engouffrent dans la crise, celui des énergies renouvelables connaît une belle envolée. A l’occasion de la 2ème édition du Sireme, salon des Energies Renouvelables, André Antolini, Président du SER dresse un panorama de l’industrie et des emplois du secteur.
Plutôt bonne nouvelle. « On voit très clairement s'engager l'ensemble des continents dans les énergies renouvelables. Chacun fourbissant ses armes pour une compétition vertueuse dans le domaine industriel », remarque André Antolini. Preuve en est, les investissements dans ce secteur qui avoisinent, en 2007, les 66 milliards de dollars, contre 10 milliards en 1998, soit l'équivalent de 18% de l'ensemble des investissements. Ils devraient atteindre 343 milliards de dollars en 2020 et quasiment doubler d'ici 2030 pour se chiffrer à 630 milliards. Une croissance exceptionnelle qui s'observe également dans la production électrique, éolienne et photovoltaïque, avec des taux de l'ordre de 25 à 30% par an depuis 10 ans. La création d'emplois verts en est fortement impactée puisque l'on dénombre 2,3 millions d'emplois créés, dont 300 000 pour l'éolien, 170 000 pour le solaire photovoltaïque et 600 000 pour le solaire thermique. En Allemagne, par exemple, le nombre d'emplois à presque quadruplé, passant de 66 000 en 1998 à 260 000 en 2006. Cette situation devrait se poursuivre, selon l'Organisation Internationale du travail, avec 20 millions d'emplois supplémentaires d'ici 2030.
Et la France ? Notre pays, qui a fait du développement des énergies renouvelables une des mesures phares du Grenelle, n'est bien évidemment pas exclue de ce mouvement de croissance verte. « Certains ont tort de penser que la France ne pourra pas atteindre les 23% d'énergies renouvelables dans sa consommation d'énergie d'ici 2020. Même si cet objectif est contraignant, on va se donner les moyens pour y parvenir, affirme le Président du SER, qui voit aussi le formidable potentiel d'emplois nouveaux. Globalement, le chiffre d'affaires du secteur des énergies renouvelables s'est élevé en 2007 à 9,4 Mds € (+ 16,3% par rapport à 2006) et a représenté près de 86 000 emplois. En 2012, c'est-à-dire dans trois ans seulement, le chiffre aura doublé pour s'élever à plus de 155 000 emplois (1) ».
Biomasse : objectif ambitieux pour les chaufferies collectives
Première énergie renouvelable, la biomasse s'est surtout développée autour des applications domestiques qui représentent, en 2006, une consommation d'énergie finale de 7,4 Mtep et un parc de 6 millions d'appareils. Ce secteur local, non délocalisable, doit contribuer à hauteur d'un tiers des 23% d'énergies renouvelables. Un axe important de développement concerne le secteur des chaufferies collectives, alimentées au bois ou par des déchets ménagers, pour qui le Grenelle a prévu une multiplication par plus de quatre de cette énergie. La chaleur collective devrait ainsi passer de 1,8 Mtep aujourd'hui à plus de 9 Mtep en 2020 et enregistrer 10 000 emplois supplémentaires dans l'approvisionnement et la mobilisation de la ressource, d'ici 2012.
Géothermie, pompes à chaleur et solaire thermique
La croissance des équipements - de 200 000 appareils en 2006 à 6 000 000 d'unités en 2020 - devrait s'accompagner d'un très fort développement des emplois qui passeront de 3 000 aujourd'hui à 31 000 dès 2012.
Hydroélectricité
Avec 5,2 Mtep de production een 2006 et 25 000 MW de capacités installées, l'hydroélectricité est l'une des filières renouvelables qui pèse le plus dans le mix énergétique français. Le Grenelle prévoit 0,6 Mtep (soit 7 TWh) de gain supplémentaire d'ici 2020, ce qui représenterait 14 000 emplois contre 13 000 aujourd'hui.
L'éolien sort de la confidentialité
L'éolien, qui représente ¼ de l'objectif de développement des énergies renouvelables d'ici 2020, a dépassé les 4 000 MW installés, soit l'équivalent de la consommation électrique de 3 millions de foyers. En 2020, avec 6 000 éoliennes supplémentaires (3 fois plus qu'aujourd'hui), le parc produira 55 millions de MWh, soit 10% de la consommation électrique de la France. Avec un marché prévisible de 2 000 MW par an, plusieurs unités de construction de mâts, pales et autres composants ainsi que des unités d'assemblage s'implanteront en France d'ici 2020. Ces nouveaux investissements seront source de milliers d'emplois qui viendront s'ajouter aux 7 000 actuels et aux 18 000 prévus d'ici 2012.
Solaire photovoltaïque : vers une industrie forte
Selon le Grenelle, la part du solaire photovoltaïque devrait atteindre 0,4 Mtep (pour 5 400 MW) en 2020, soit 14 000 emplois en 2012, contre près de 5 000 aujourd'hui. Cette filière revêt une dimension industrielle majeure avec de nombreux acteurs, dont des petites et moyennes entreprises, qui ont su rebondir sur un marché du photovoltaïque intégré au bâti, boosté par les tarifs d'achat de l'électricité. La France possède les bases d'une industrie solide qui, aujourd'hui, n'en est qu'à ses débuts.
(1) 155 500 emplois en 2012 dont 70 000 dans le bois-énergie et biomasse, 31 000 dans le solaire thermique PAC et géothermie (contre 2 800 en 2006), 13 000 dans l'hydroélectricité, 18 000 dans l'éolien (contre 7 000 en 2008), 14 000 dans le photovoltaïque raccordé au réseau (contre 4 000 en 2008) et 9 500 dans les biocarburants.