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En difficulté, Parquets Marty s’engage dans une procédure de sauvegarde
DEVIGE-STEWART Thierry | 19/05/2008 | 19:09 | Industrie/Négoce
Nouveau soubresaut chez le numéro [...]
Nouveau soubresaut chez le numéro un français du parquet. Il y a un mois et demi, Frédéric Marty quittait la présidence de l’entreprise et était remplacé provisoirement par Jürgen Schaubel, le directeur Administratif et Financier du groupe suisse NFI, propriétaire de Marty, le temps de lui trouver un successeur.
Aujourd’hui, Marty annonce s’être engagé dans une procédure de sauvegarde (voir encadré) qui lui offre "une protection temporaire, lui permet d’assurer son fonctionnement et de mettre tout en œuvre pour retrouver une activité pérenne". Dans un communiqué, Marty ajoute qu’il aura "toute la protection nécessaire pour poursuivre son activité normale, le temps de rationaliser son organisation, diminuer entre le niveau de sa dette et augmenter ses liquidités".
Très concrètement, un plan social et de restructuration va être mis en place. Il touchera 180 des 520 salariés de Marty, tant en production que dans les parties administrative et commerciale.
Plus largement, la direction de l’industriel réfléchit à un plan stratégique dont le coeur sera "quel produit pour quel client ?". Question basique mais indispensable pour Hervé Chabrerie, le directeur général délégué de Marty quin contacté par Le Moniteur, reconnaît que l’entreprise n’a que trop attendu pour se remettre en question. "Nous avons apporté au marché notre capacité d’innovation et nous l’avons peu à peu perdu", déplore-t-il. Une raison structurelle à tempérer par une conjoncture d’un secteur qui a vu se développer les produits d’entrée de gamme en provenance des pays de l’Est et d’Asie. Or, Marty ne sait traditionnellement faire que du moyen et du haut de gamme.
Difficile alors de lutter, surtout en GSB, où le fabricant distribuait 40% de sa production en situation de quasi monopole chez Castorama ou Leroy Merlin avec des parts de marché de 80 à 90%. La mise en concurrence avec des références "exotiques" d’entrée de gamme lui a été alors logiquement plus que préjudiciable.
Alors, pragmatique, Hervé Chabrerie annonce que Marty doit être capable de proposer un éventail de gamme beaucoup plus large pour satisfaire l’ensemble du marché. Et pour ce faire, l’entreprise n’hésitera pas à aller s’approvisionner en produit d’entrée de gamme dans "divers pays". La différence pour le client se fera alors par la politique de service que Marty leur apportera.
Thierry Devige-Stewart
FOCUS
Qu’est-ce qu’une procédure de sauvegarde ?
La procédure de sauvegarde est réservée aux débiteurs qui ne sont pas en état de cessation des paiements mais qui rencontrent des difficultés qu'ils ne peuvent surmonter et qui sont de nature à les conduire à la cessation de leurs paiements.
Il s'agit d'une procédure préventive, qui ne peut être mise en œuvre qu’à l’initiative du seul débiteur axée autour du dialogue entre celui-ci et ses créanciers.
Le représentant légal ou le débiteur personne physique accède à cette procédure en déposant une demande d’ouverture de sauvegarde au Greffe du Tribunal de Commerce du lieu de son siège social.
L’objectif est de permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif, en procédant à une réorganisation de l'entreprise dans le cadre d'un plan arrêté par le Tribunal.
Le Tribunal désigne alors :
-Un juge-commissaire, chargé de veiller au déroulement rapide de la procédure et à la protection des intérêts en présence,
-Un mandataire judiciaire chargé de représenter les créanciers et agir en leur nom
-Un administrateur judiciaire (facultatif pour les petites entreprises) qui surveille ou assiste le dirigeant qui continue donc à assurer l’administration de son entreprise.
S'ouvre alors une période dite d’observation, d'une durée maximale de 6 mois en principe.
Cette période d'observation a pour finalité de procéder à l’inventaire du patrimoine du débiteur, au diagnostic économique et social de l’entreprise ainsi qu’à l’élaboration d’un plan de sauvegarde. Le dirigeant conserve son pouvoir de gestion, l’administrateur nommé par le tribunal n’assurant qu’une mission d’assistance ou de surveillance.
Source : Infogreffe