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Université Denis Diderot : un cabinet d’architectes met en cause le PPP Vinci-Paris VII

AP | 09/12/2011 | 15:58 | Entreprises de BTP

Agrandir la photo Julien Beideler
Maquette du projet de Vinci pour l'université Paris VII - Diderot de la zac Rive Gauche

Le cabinet d’architecture In/On a déposé plainte contre X avec constitution de partie civile pour la modification sans son accord des plans d’un des bâtiments de l’université Paris-Diderot (Paris VII). Philippe Blandin, co-responsable de l’agence, accuse Vinci d’avoir « dénaturé le projet » pour en réduire le coût, en revoyant notamment à la baisse les renforcements prévus pour consolider le bâtiment, posant ainsi un important problème de sécurité.

Vinci a-t-il construit "au rabais", un des bâtiments de l'université Paris VII Rive gauche Denis Diderot (45.000 m2 construits en PPP pour 108 millions d'euros hors taxes à la charge du maître d'oeuvre avec un loyer annuel de l'Etat d'environ 10 millions d'euros HT pendant 27 ans) ?

Si le constructeur s'en défend, Philippe Blandin du cabinet d'architecture In/On, co-auteur du plan dudit bâtiment, en est persuadé. Il a déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile qui porte sur l'utilisation des plans modifiés sans son accord. Or ces plans "posent un problème de sécurité", selon l'architecte.

Le chantier de l'université Paris VII Rive gauche présente en effet une difficulté technique importante : les bâtiments sont érigés sur des plate-formes couvrant les voies ferrées qui partent de la gare d'Austerlitz. Le bâtiment concerné, conçu pour recevoir "un grand nombre de personnes", prévoyait donc notamment un "renforcement important des sous-sols".  Prévu à l'origine pour supporter une charge de 400 kg/m2, le bâtiment est à présent majoritairement limité à 250 Kg/m2, selon Philippe Blandin, qui accuse le constructeur d'avoir "dénaturé le projet" pour en réduire le coût, en revoyant donc à la baisse les renforcements prévus. Plus grave, pour l'architecte et son avocat, Me Yann Gasnier, la structure actuelle du bâtiment présente "un risque majeur pour la sécurité des biens et des personnes".

Philippe Blandin a dénoncé une "dérive" du PPP dans lequel l'Etat "délègue à la fois la maîtrise de l'ouvrage et les travaux". "Pourquoi la personne publique ne fait pas d'enquête pour savoir si tout est conforme?", s'interroge-t-il en dénonçant "un PPP hors contrôle" dans lequel "l'intérêt de la personne privée prime sur celui de l'utilisateur". L'architecte a envoyé un courrier à la ministre chargée de l'enseignement supérieur de l'époque, Valérie Pécresse. "On ne m'a pas répondu", dit-il.

Vinci a apporté "un démenti formel" à l'existence d'un quelconque problème de sécurité. "Il est inconcevable que Vinci finance, conçoive, construise et maintienne pendant 30 ans des bâtiments qui ne respectent pas l'ensemble des réglementations", a déclaré un porte-parole du groupe à l'AFP. Selon lui "les sous-sols (hors PPP) ont été renforcés en conformité avec les recommandations d'un cabinet d'ingénierie indépendant".  En outre "un bureau de contrôle indépendant vérifie en continu la conformité technique et réglementaire des constructions" et soumettra "un rapport à la Commission Départementale de Sécurité". Enfin Vinci affirme respecter la norme française NF sur les charges d'exploitation des bâtiments de même que "le programme défini par l'Université".

Par ailleurs le cabinet d'architecte s'est ému d'un avenant ajouté au PPP et qui prévoit que Paris VII s'engage à prendre en charge les frais de construction supérieurs à 500.000 euros en cas d'annulation du permis. Un avenant qui "précise de façon limitative les risques supportés par Paris Diderot", a plaidé l'avocat de l'université Jérôme Pentecoste devant son conseil d'administration, selon le PV du CA publié par Médiapart. Mais pour Me Gasnier "il lui fait au contraire porter les coûts au delà d'une franchise de 500.000 euros".

Enfin, deux recours ont été déposés devant le tribunal administratif contre deux autres bâtiments du site qui doit accueillir, dès 2012, les étudiants de Jussieu, fermé pour cause de désamiantage.