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« Dumping » chinois sur un chantier de La Défense : le BTP français en colère

Adrien Pouthier | 02/09/2010 | 16:15 | Entreprises de BTP

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Tour Carpe Diem

La participation d’une entreprise chinoise à la construction de la tour « Carpe Diem » à la Défense soulève l’indignation de professionnels français du bâtiment.

C'est Jean-François Roverato, Pdg d'Eiffage qui jeudi 2 septembre au matin lors de sa conférence de presse, a allumé la première mèche : "Des sous-traitances sont octroyées en France à des entreprises venues de l'Est et quand je dis "de l'Est" je veux dire jusqu'à Pékin". Et le Pdg d'Eiffage de citer en exemple l'attribution par Aviva (société d'assurances) à une de ces entreprises "d'un marché de façades sur une tour de bureaux à La Défense, où les prix étaient environ de moins 30% avec de la main d'oeuvre importée très probablement".

Bilan carbone

Ce "marché de façades" auquel Jean-François Roverato fait allusion, c'est celui de la tour Carpe Diem à la Défense (Aviva et Prédica, filiale du Crédit Agricole). L'entreprise, chinoise donc, c'est Yuanda, et deux des malheureux "perdants" français de cette affaire sont Goyer (filiale d'Eiffage) et Ouest Alu dont le dirigeant n'est autre qu'André Liébot, Pdg du groupe Liébot et président du Syndicat National de la Construction des Fenêtres, Façades et Activités Associées (SNFA). Un président pour le moins remonté : "Nos offres oscillaient entre 24 et 25 millions d'euros pour ce lot. Ce sont des sommes qui sont déjà des prix cassés compte tenu de l'état du secteur de l'immobilier. Les Chinois, eux, ont traîté à moins de 18 millions d'euros. Un tiers de moins ! Et ça grâce à la main d'oeuvre bon marché évidemment. LAlors la concurrence c'est bien : l'économie de marché d'accord, mais il existe des règles. Or les entreprises d'état chinoises ne les respectent pas !" Et d'ironiser : "Pour un immeuble censé être exemplaire en termes de développement durable, permettez-moi de m'interroger sur le bilan carbone avec des matériaux venus de Chine !"

Bercy alerté

Passé le coup de sang, André Liébot a surtout tenu à s'exprimer en tant que président de son syndicat, affilié à la FFB : "En tant que président du SNFA, je trouve que c'est un mauvais coup donné au secteur du bâtiment qui est sans doute le secteur qui s'est le mieux tenu dans la période de crise que nous venons de traverser. Notamment en termes d'effectifs. Nous sommes mal payés de retour". Preuve que ces "infiltrations" chinoises inquiètent le secteur français du bâtiment, un courrier de protestation de la FFB a été adressé en juin dernier à Christine Lagarde, ministre de l'Economie et Christian Estrosi ministre de l'Industrie pour les alerter. Mais quid de la réponse? En attendant, Aviva a répondu de son côté que seul le cadre métallique qui soutiendra la façade en verre du bâtiment avait été confié à une entreprise d'origine chinoise. La partie en verre devrait, elle, être fournie par une société européenne.

Adrien Pouthier | Source LE MONITEUR.FR

 

Vos réactions

  • Franck | 03/09/2010 - 10:01

    Hé voila messieurs les entrepreneurs, le retour de bâton! Vous qui êtes les adeptes du moins cher, de l'usage des produits exotiques, de sous traitants tout aussi exotiques. Le problème de la mondialisation c'est que les marchés et la concurrence sont également mondiale. Quid des usagers de vos constructions, des salariés de vos entreprises ? Eux sont-ils mondiaux? Vous avez été à l'origine de la destruction de la valeur ajoutée du travail par le simple fait de la valeur mercantile d'un produit , sans tenir compte des répercutions sociales. Aujourd'hui la boite de Pandore c'est ouverte. Il y aura d'autres cas similaires et ils ne tient qu'a vous de réagir.

  • Dominique | 03/09/2010 - 10:58

    les limites de la mondialisation

    c'est aussi cela la mondialisation ??? nous avons des dirigeants !? qu'ils assurent leur rôle ???

  • Anonyme | 03/09/2010 - 12:44

    encore des esclaves chinois

    C'est lamentable, soit les entreprises européennes s'entendent pour appliquer des prix hauts ( j'imagine que non), soit l'entreprise chinoise applique des prix qui ne lui permet pas de payer à sa juste valeur du personnel, des matériels ou des services. La législation doit obliger les entreprises à respecter des prix normaux selon les conventions européennes ( SMIC, et respect écologique : ex pas de bois frauduleux)) Il est trés facile de demander un détail de tous les prix anormalement bas et de voir la tricherie. Mais quand on veut veut gagner de l'argent, j'ai vu ça dans mon travail, on est prêt à fermer les yeux sur des prix totalement farfelus, et du quasi esclavagisme. ( comme dans les cuisines des paquebots de luxe ou l'on ne prend que des philippins. Si on est trop bête pour donner le bâton pour se faire battre... Que font les inspecteurs de la législation !!! e

  • Didier | 03/09/2010 - 15:08

    Logique et normal

    Commentaire Pourquoi pas une entreprise chinoise en France Il n'y a pas de secteurs protégés ! Quand on sait que presque 80% des produits manufacturés viennent de Chine ! Les entreprises Françaises du BTP se croyaient à l'abris de la concurrence mondiale en profitant pour certaines de leur monopole ! Exemple le prix de certaines tuiles à doublé en 2ans ! Alors peut etre cette donne remettra de l'ordre dans la maison du BTP

  • Jerome | 03/09/2010 - 15:29

    faut savoir ce que l'on veut !

    Commentaire Nous sommes un cabinet d'architectes et on nous encourage sans cesse à exporter notre « french touch » en Asie et surtout en chine ...on est pour notre part ravi de construire là bas des projets très créatifs qu'aucun maître d'ouvrage n'oserait nous confier ici ! donc il est juste de voir aussi les entreprises asiatiques venir chez nous. Seule limite : que leur main d'œuvre soit correctement traitée et payée et non pas exploitée comme à Dubaï ou dans les EAU

  • Anonyme | 03/09/2010 - 17:57

    Arnaud LATRECHE - Responsable service Marchés Publics

    Et que penser de cette disposition du code des marchés publics (art. 55-4°), relai contraint du droit européen, qui permet de prendre en considération, pour justifier un prix bas, "les dispositions relatives aux conditions de travail en vigueur là ou la prestation est réalisée" ?

  • LAURENT | 04/09/2010 - 17:34

    Architecte

    Commentaire: De part leur "puissance financière" les entreprises Françaises du BTP se croyaient bien à l'abri de la concurrence européenne, voire mondiale en profitant pour certaines (disons les 3 premiers groupes français bien connus) de leur monopole et de leur recours à de la sous traitance non qualifiée et sous payée ... qui de fait ne peuvent qu'exécuter des ouvrages de très faibles qualité architecturale, sans parler des finitions qui sont bien souvent de l'ordre du mépris vis à vis des maîtrises d'oeuvre et d'ouvrage. Pourquoi cette spirale infernale ne se poursuivrait pas comme cela indéfiniment.... puisque les entrepreneurs (plus précisément les entreprises générales !) et les décideurs politiques s'arrangent finalement très bien de cette situation ubuesque .... Développement durable, avez vous dit ?..

  • Anonyme | 06/09/2010 - 15:39

    Ne pas comparer haute technicité et bas ssalaires

    On ne peut pas comparer des marchés pris par des français en Chine parce qque ces travaux requirent une haute technicité qu'a la France ( barrages, ponts, station d'épuration etc ...) et du bâtiment, Dans un cas c'est la technique qui fait la différence,dans l'autre ce sont des ouvriers ou des matériels sous payés car fabriqués par des ouvriers sous payés, et des matières premières également sous payées. Cette tendance à baisser les salaires et les prix des matériaux entraine une baisse du niveau de vie général. (comme le Tshirt made in China) : on paye en chômage et casse économique ce que l'on épargne en preanat l'entreprise chinoise. Comme le dit Albert Jacquart : la guerre des prix et la guerre économique extrème est une impasse pour l'homme. ( la concurrence raisonnable oui ,mais la guerre non!).

  • Christophe | 07/09/2010 - 10:08

    Quid des donneurs d'ordre?

    Dans tous les commentaires que j'ai lu, on n'évoque nulle part les donneurs d'ordre? Leur responsabilité est grande de ne retenir que le critère prix sans clause sociale, au sens large. On me dira que là n'est pas leur affaire. C'est vrai. Mais nous sommes là dans une logique qui nous engage à long terme. On peut en effet raisonnablement craindre à terme un alignement par le bas.

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