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Un patron d’une société de travaux publics condamné à 8.000 euros pour discrimination raciale à l’embauche

AP | 08/03/2010 | 20:28 | Entreprises de BTP

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Campagne contre la discrimination à l'embauche aux Pays-Bas

Le tribunal correctionnel de Versailles a accordé 3.000 euros de dommages et intérêts à la victime, Jean-Vespa Njila Njila, un ingénieur de 37 ans, a qui l’employeur avait déclaré : « On ne vous a pas informé ? On ne prend pas d’Arabes ni de Noirs ».

M. Jean-Vespa Njila Njila, un ingénieur de 37 ans, s'était présenté en décembre 2006 à un entretien d'embauche pour un poste de conducteur de travaux à Elancourt (Yvelines) après que son CV eut été rendu anonyme par une société d'intérim.
L'homme a raconté : "Au début de l'entretien, le patron a dit "On ne vous a pas informé ? On ne prend pas d'Arabes ni de Noirs", il était très à l'aise, je me suis senti chosifié".

"Certains ouvriers auraient refusé son embauche"

A l'issue du rendez-vous, M. Njila Njila portera plainte auprès du commissariat et saisira la Halde, qui est intervenante dans la procédure.
L'employeur, âgé de 68 ans, a pour sa part assuré devant le tribunal qu'il a tenu ces propos "après lui avoir dit que ses diplômes étaient trop importants".
"A la fin de l'entretien, j'ai reconnu que même si son CV était rentré dans le cadre, je ne l'aurais pas embauché", a-t-il ajouté. Selon le sexagénaire, l'embauche de M. Njila Njila aurait été refusée par ses ouvriers portugais, du personnel qualifié qu'il a "peur de perdre". "Certains seraient partis", a-t-il assuré.
Son avocat, Me Morel, qui a estimé que c'est la "surqualification" de M. Njila Njila qui avait conduit à l'écarter et que les propos de son client avaient été "maladroits, désobligeants et inutiles", avait plaidé sa relaxe.

La couleur de peau : "un critère fortement déterminant"

La procureure avait réclamé une peine de deux mois de prison avec sursis assortie d'une amende de 8.OOO euros, estimant que "la couleur de peau a été un critère fortement déterminant" dans cette affaire. Le tribunal correctionnel de Versailles l'a condamné à une amende de 8.000 euros pour discrimination raciale et refus d'embauche. Le tribunal a également accordé 3.000 euros de dommages et intérêts à la victime qui a estimé à l'issue de l'audience que "l'essentiel" était que cet employeur "soit reconnu coupable".
Pour Rachid Azizi, de la direction des affaires juridiques à la Halde, cette affaire "met en évidence qu'on ne tient pas compte des compétences" et que sans la CV anonyme, M. Njila Njila "n'aurait même pas été convoqué" à un entretien.