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Sacyr change son fusil d’épaule sur le dossier Eiffage

Defawe Philippe | 14/11/2007 | 18:56 | Entreprises de BTP

Après des mois de conflit, [...]

Après des mois de conflit, le groupe espagnol de BTP Sacyr Vallehermoso a changé de stratégie mercredi dans la guerre de tranchée qui l'oppose au français Eiffage, dont il détient 33,2%, et semble prêt à se replier en cédant sa participation, apparemment au prix fort.
"Nous sommes là, à attendre tout type d'offre que nous pourrions recevoir" pour cette participation, a déclaré le président du groupe espagnol Sacyr Vallehermoso, Luis del Rivero, lors d'une conférence téléphonique de présentation des résultats du groupe.
Jusqu'ici, le groupe se disait certain de remporter la bataille juridique qui l'oppose à Eiffage et restait muet sur une éventuelle vente.
"Nous sommes ouverts à tout type d'offre", a-t-il déclaré quelques secondes avant, évoquant une éventuelle cession des 33,2% d'un des fleurons du BTP français, qui a notamment édifié récemment le viaduc de Millau.
"Nous sommes ouverts à tout type de solution, du type EON/Endesa", a-t-il ajouté, en référence à la paix conclue entre les groupes énergétiques Acciona, Enel et EON, lorsque ce dernier a laissé les deux premiers prendre le contrôle d'Endesa en échange d'une partie importante des actifs de l'électricien espagnol.
Concernant le prix d'une éventuelle cession, M. del Rivero a simplement déclaré que les "analystes calculent le prix objectif d'Eiffage à 109 euros par action", un cours bien supérieur à celui d'Eiffage actuellement, dont le titre s'échange à un peu plus de 78 euros.
Sacyr contrôle depuis un peu moins de deux ans environ 33,2% d'Eiffage, et les directions des deux groupes se livrent une guerre acharnée, non dénuée d'affrontement d'ego entre l'opiniâtre Luis del Rivero, à la trajectoire météorique dans le béton espagnol, et le mordant président d'Eiffage, Jean-François Roverato, qui a fait de la résistance à Sacyr son dernier combat de patron.
M. Roverato a réussi à bloquer l'entrée de Sacyr au conseil d'administration d'Eiffage, au grand dam des Espagnols. Lors de la houleuse dernière assemblée générale du groupe, en avril, Eiffage est parvenu à priver de droits de vote une partie des autres actionnaires espagnols du groupe, les accusant d'agir de concert.
En riposte, Sacyr a lancé une offre d'échange sur Eiffage, mais le français veut le forcer à lancer une offre d'achat, beaucoup plus coûteuse.
Courant juin, l'autorité boursière française (AMF) a donné raison à Eiffage en ne considérant pas valide l'OPE, estimant que les actionnaires espagnols ont agi de concert, et forçant l'espagnol à déposer une offre en numéraire au prix minimum de 129,30 euros par action, prix le plus élevé payé "par les actionnaires de concert au cours des douze derniers mois".
L'affaire est actuellement entre les mains de la justice, Sacyr ayant contesté cette décision. "Nous attendons le fonctionnement correct de la justice française", a déclaré M. del Rivero.
Un autre actionnaire espagnol, le groupe Rayet, qui détient 4,1% d'Eiffage et affirme n'avoir jamais agi de concert avec Sacyr, a également engagé des recours judiciaires.
Mercredi, M. del Rivero a répété que son groupe "n'a agi de concert avec personne".
A la Bourse de Madrid l'action Sacyr progressait de 0,91% à 29,99 euros, dans un marché en hausse de 0,14% vers 14H05 (13H05 GMT).

Defawe Philippe | Source LE MONITEUR.FR