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Transition énergétique : plusieurs centaines de milliers d’emplois à la clef dans le bâtiment

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Emploi

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PME

Deux études présentées mercredi 19 juin par un collectif d’ONG et des participants au débat national (élus, CFDT, PME) montrent que la transition vers un nouveau modèle énergétique permettrait de créer entre 600.000 et 800.000 emplois, directs et indirects ces 30 prochaines années, notamment dans le bâtiment.

A la veille de l’avant-dernière réunion du Conseil national du débat sur la transition énergétique, à l’avant-veille de la Conférence sociale, des représentants des différents collèges du DNTE ont souhaité, le 19 juin, faire une piqûre de rappel sur les enjeux en termes d’emplois de la transition.

Se déclarant « très frappé » que les mots énergie pas plus qu’économie verte n’aient été prononcés lors de l’émission Capital avec le président de la République le 15 juin, le député EELV Denis Baupin estime qu’il faut le « marteler » : la transition énergétique c’est une nécessité « mais nous pensons que c’est tout autant une opportunité » et « nous avons tout intérêt à miser sur un mix énergétique intensif en emplois ».

Les chiffres sont là : selon deux études, réalisées respectivement par le CIRED-CNRS à partir du scénario négaWatt et par l’OFCE (Office français des conjonctures économiques) sur la base du même scénario et de celui de l’Ademe, 632 000 emplois devraient être créés d’ici à 2030, a rappelé, de son côté, Marc Jedliczka, vice-président de CLER, s’exprimant au nom d’un collectif d’ONG et d’associations. Un chiffre qui monte à 745 000 emplois en 2050 avec le scénario négaWatt (voir tableau ci-dessous), et même à 825 000 avec le scénario « média » de l’Ademe.

 

 

C’est dans la rénovation des bâtiments que ces créations d’emplois doivent être les plus nombreuses : 213 000 en 2020, 460 000 d’ici à 2025 et 473 000 d’ici à 2030. Dans les énergies renouvelables, « si les objectifs du Grenelle sont confirmés » c’est quelque 125 000 à 140 000 emplois supplémentaires qui devraient venir s’ajouter aux 100 000 existants, a rappelé Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables, précisant que les emplois du secteur sont actuellement stabilisés, la décroissance dans le solaire et l’éolien étant compensée par des créations dans le bois-énergie et le biogaz.

Des chiffres trop beaux pour être vrais ? Également présente, la présidente du Gesec jette un froid en apportant sa « vision pragmatique ». Au nom des 350 PME actives dans les métiers de service et 70 industriels et distributeurs d’équipements de chauffage, climatisation, etc. qu’elle représente, Pauline Mispoulet l’affirme : « le marché de la transition énergétique n’existe pas, les clients sont très dubitatifs » face à un débat technique et souvent idéologique. Les freins sont « puissants, considérables », estime-t-elle, évoquant tout à la fois le « positionnement ambivalent » de l’État qui, actionnaire des sociétés productrices d’énergie, a tendance à les préserver au détriment des PME, l’atomisation du secteur du bâtiment avec 96 % d’entreprises comptant moins de 5 salariés, le financement de formations sans une certaine assurance que les clients seront au rendez-vous de la rénovation… La présidente du Gesec réclame aussi de la visibilité sur plusieurs années, dénonçant des dispositifs qui ne valent souvent que pour un an. « Si l’État ‘y croit pas plus d’un an, pourquoi moi j’irais y croire ? ».

Pauline Mispoulet sera-t-elle rassurée par le lancement, le 26 juin, d’une « coalition pour l’efficacité énergétique » qui va rassembler diverses ONG, des associations de consommateurs, des industriels (Saint-Gobain, notamment) ? De son côté, l’Association des régions de France publiera à l’automne un Livre vert sur la montée en compétence de la filière du bâtiment, annonce le président de sa commission Développement durable, Jean-Jacques Queyranne. Outre un état des lieux des formations et référentiels, il y sera fait nombre de propositions au gouvernement pour accélérer le processus de la rénovation thermique, promet le président d’Effinergie.

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