Energie

RT 2012 : Olivier Sidler, directeur du bureau d’étude Enertech, donne son avis sur la future réglementation thermique

Mots clés :

Réglementation technique

-

Performance énergétique

Suite à la présentation de la RT 2012 par Jean-Louis Borloo, mardi 6, le directeur du bureau d’étude Enertech, qui traverse la  France pour mener à bien les chantiers énergétiquement les plus performants, est partagé entre satisfaction, regret et attente.

Quel jugement portez-vous sur la RT 2012 ?
Pour pouvoir juger réellement, il faut attendre le moteur de calcul. De ce que je sais, il devrait être plus optimiste sur l’évaluation des consommations que la RT 2005 que je considère déjà très optimiste. Par expérience, quand on mène des campagnes de mesures dans des bâtiments existants, on obtient toujours des consommations supérieures aux exigences de la RT 2005.
De toute façon, la RT 2012 n’a pas vocation à être une méthode de prévision. En mesurant, on sera toujours au dessus de 50 kWhep/m²/an.

En attendant de pouvoir tester le moteur de calcul, quelle est votre première satisfaction parmi les exigences de la RT 2012 ?
Je suis très satisfait que le test d’étanchéité à l’air devienne quasi-obligatoire. J’ai beaucoup milité pour ça. Pour moi, c’est le meilleur moyen de faire des économies, cela ne coute pas chère et ça peut rapporter gros. Aussi, chose que la RT 2012 ne prend pas en considération, en limitant les courants d’air, le test de la porte soufflante va renforcer le confort ressenti par les utilisateurs du bâtiment.

Quelle est votre regret ?
Je n’étais pas favorable aux coefficients de modulation (du seuil de 50 kWhep/m²/an). Ils sont synonyme d’un recul face au lobbying des industriels et à la frilosité des promoteurs.
Ceux qui travaillent à l’élaboration de bâtiments énergétiquement très performants savent qu’on peut aisément être en dessous de 50 kWhep/m²/an dans tous les cas de figures.

Que pensez-vous du rehaussement du seuil de consommation pour les logements collectifs ?
Je n’ai jamais trouvé qu’il était plus difficile d’atteindre le niveau BBC dans le collectif que dans la maison individuelle.

Quel est, selon vous, le principal problème technique à résoudre pour généraliser le BBC ?
Le plus gros sujet technique, c’est celui de la maintenance.
Par exemple, en 2005, le bureau d’étude Enertech a participé à l’élaboration, en Rhône-Alpes, du bâtiment de bureaux Inned. A l’époque, sa consommation était 30% en dessous de ce qu’exige le label BBC. Trois ans après sa construction, une campagne de mesures, a révélé que la pompe de la climatisation de la salle de réunion fonctionnait en continu ou que le puits canadien marchait, la nuit, en hiver. Bref, un tas d‘aberrations qui faisait exploser les besoins estimés du bâtiment.
Ce problème de maintenance vient aussi du fait que les régulateurs sont devenus trop complexes.

Comment voyez-vous la suite ?
La grande bataille, c’est l’existant. Et, les pouvoirs publics n’ont toujours pas compris qu’il fallait rendre les obligations dans la rénovation, deux fois plus exigeantes que ce qu’elles sont aujourd’hui. Il faut profiter des échafaudages qui sont montés aujourd’hui pour isoler correctement. Car on ne reviendra pas isoler les immeubles qu’on rénove aujourd’hui.

Vous discutez avec les ministères ?
Les ministères m’épuisent. Je préfère faire des bâtiments très performants un peu partout en France qui font échos jusqu’à Paris, afin que les décideurs se rendent compte que c’est possible.

Pour en savoir plus sur le bâtiment Ineed, cliquez-ici

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
  • Georges Dietrich - Le

    étanchéité absolue, humidité

    Bonjour, est-ce que la recherche de l’ étanchéité absolue ne provoque pas plus d’ humidité avec toutes les conséquences que cela entraine?
  • Jean-claude Andre - Le
    On construit encore aujourd’hui des maisons pseudos certifiées RT2005 et qui sont aussi performantes qu’en 1955, 2 ans avant la RT2012, j’ai donc de gros doutes sur une RT 2005 améliorée (RT2012), je rencontre encore (et un très gros paquet pour ne pas dire la majorité) des constructeurs et professionnels qui sont à la rue pour dire gentiment, coté isolation et bioclimatisme, c’est à dire la base de la construction. Quand je leur parle de double flux, domotique, chauffage solaire, j’ai l’impression de parler un autre langage … Comme dit Olivier Sidler, la porte soufflante est une excellente chose, dommage qu’on limite encore sa performance. On laisse aussi de coté le plus gros des bâtiments déjà construit donc la plus grosse source d’économie ?? Les auto constructeurs dans leur majorité, font mieux à tous les niveaux que la plupart des constructeurs et professionnel qui sont sensés être dans le coup, formations et informations, c’est le volet qui sera le plus difficile à réaliser.
  • KLEBER DAUDIN - Le

    INGENIEUR CONSEIL

    La solution c’est de mettre en place associé à ces travaux un contrat de garantie de performance énérgétique sur du long terme ave Toutefois, chers collégues,seul le contrat de performance énergétique avec une entreprise sérieuse de maintenance vous permettra de :  Maîtriser les charges  Pérenniser le patrimoine  Lutter contre le réchauffement climatique • Quatre engagements : Atteindre les objectifs de niveau de service et de diminution des consommations d’énergie Caractériser avec précision, mesurer, maintenir et, le cas échéant, rétablir la performance Supporter la charge financière de la sous-performance ( par l’entreprise de maintenance). Proposer des actions d’amélioration de la performance énergétique , du fait aussi de la dégradation de la qualité des isolants dans le temps….
  • François-S. BRAUN - Le

    architecte, conseiller de l'Ordre

    Olivier Sidler met très justement en avant les questions clés: – l’interrogation sur le moteur de calcul – on a vu que la RT2005 conduit à concevoir des architectures imbéciles au motif que l’on surpondère hystériquement un critère au détriment des autres; – les défauts de maintenance: on construit, on réhabilite, en général pour accueillir des gens qui se trouvent avoir des comportements pas encore totalement modélisés, normés et sous contrôle! OK pour des calculs servant de point de repères et d’incitateurs partagés par tous, mais, comme le dit Sidler, appuyons nous avant tout sur des logiques bioclimatiques beaucoup plus larges, intégrés à la conception de projets architecturaux honnêtes et beaux: ils produiront des bâtiments économes, agréables à utiliser et regarder, économes à l’usage et non pas seulement en bas d’une feuille de calcul.
  • Luc LEVY - Le

    Une révolution dans le bâtiment?

    Le bâtiment serait-il devenu trop complexe pour en confier sa réalisation à des entreprises de maçonnerie? Ainsi, on est capable de mettre en oeuvre des fenêtres d’avion, de TGV et de voitures étanches à l’air mais pas (sous des pressions ridicules de 4 Pascal) dans le bâtiment ? Il serait temps que la profession se remette en question et engage un vaste et colossal chantier de formation professionnelle, en embauchant à tous les niveaux du personnel qualifié, consciencieux et extrêmement bien payé avec de véritables plans de carrière. Une véritable révolution culturelle!
  • BRUAS Emmanuel - Le

    tout commence à la base

    Merci! Je suis également très convaincu qu’il est nécessaire d’agir sur le terrain pour montrer qu’on peut, viendra ensuite le temps des législations. rLes décisions politiques ont toutefois le mérite de mettre le sujet sur le haut de la pile, ce qui aide concrètement sur le terrain. Sur la modulation, un référentiel commun nécessite des valeurs adaptées aux régions, une conso de chauffage à Montpellier ou à Strasbourg doivent être modulées pur, in fine, apporter des économies semblables en terme de confort. Maintenance : 100% d’accord. La communication et la sensibilisation des utilisateurs doivent reprendre leur juste place dans le débat… Pour la réhab. il faut trouver des moyens en terme de financement, trouver des solutions innovantes et attractives…sur le long terme, durablement (pilier économique du DD) Cordialement,
  • Voir tous les commentaires (6)
    Commenter cet article
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X