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L’Alsace, fille aînée de l’église EDF
Laurent Miguet | 24/01/2012 | 13:47 | Energie
La compagnie
La maison Dauffer en rénovation à Erstein (Bas-Rhin) fait partie des « 50 chantiers pionniers » financés par la première convention pour le développement durable entre EDF et la région Alsace
La survie de la plus vieille centrale nucléaire de France a placé au second plan le contenu de la seconde convention triennale pour le développement durable signée le 23 janvier à Strasbourg entre EDF et la région Alsace.
« L’autorité de sûreté nucléaire nous demande d’intégrer l’imprévisible. Nous le ferons ». Henri Proglio, président d’EDF, n’a laissé place à aucun doute quant à sa détermination à prolonger de 10 ans l’exploitation des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim. Ni l’épaississement du radier, ni les nouvelles protections contre les crues du Rhin ne dissuaderont le producteur d’électricité : « La valeur économique et industrielle justifie parfaitement ces investissements », martèle le président, sans s’avancer sur les montants en jeu.
L’entreprise balaie d’un revers de manche l’hypothèse défendue par les Verts et le PS, visant à transformer la plus vieille centrale nucléaire de France en un site d’excellence en matière de déconstruction de réacteurs atomiques : « Notre ingénierie spécialisée dans ce domaine se trouve à Lyon. Après une décision de démantèlement, seuls des emplois de gardiennage resteraient localisés à Fessenheim, pendant les 20 à 25 années précédant les opérations de déconstruction », précise Jean-Louis Mathias, directeur général délégué.
Un Grenelle d’avance
Sur ce sujet comme sur la vision du mix énergétique, de la basse consommation des bâtiments et de la biodiversité, les présidents d’EDF et de la région Alsace affichent une parfaite similitude de points de vue. Unique en son genre, la convention de 2008, renouvelée le 23 janvier 2012, conforte l’image d’une région stratégique pour EDF. L’Alsace bénéficie d’une nouvelle dotation de 16 millions d’euros jusqu’en 2014, dont plus de la moitié consacrée aux rénovations thermiques de bâtiments. Les signataires entendent intensifier l’effort régional concrétisé depuis 2008 à travers deux programmes phare dans la maison individuelle : « 50 chantiers pionniers » en voie d’achèvement, et « Je rénove BBC », engagé fin 2010 avec un objectif de 500 rénovations.
A défaut de nouveaux objectifs quantifiés, Philippe Richert, président de la région Alsace soucieux de garder « un Grenelle d’avance », met désormais le cap sur la qualité de l’air intérieur : « A côté de la consommation d’énergie par m2, modulons nos critères par d’autres évaluations à fort impact environnemental. Evitons que des espaces calfeutrés n’entraînent des dégradations sanitaires et ne détériorent la qualité de vie des ménages les plus modestes ». Le président et ministre des collectivités territoriales ose cette formule critique : « Le Grenelle a zappé la qualité de l’air ».
Dans son hors-série régional à paraître le 24 février prochain à l’occasion de l’achèvement du programme « 50 chantiers pionniers », le Moniteur consacrera les deux pages d’ouverture au croisement des critères thermique et sanitaire des éco-rénovations, à travers une interview croisée de deux personnalité emblématiques : Pierre-Yves Lochet, directeur du programme Energie Alsace d’EDF, et l’écologiste Andrée Buchmann, présidente de l’observatoire de la qualité de l’air intérieur.